Le nouveau OM System PEN est le boîtier que l’on a envie d’acheter tout de suite.
L’OM-5 Mark II est celui que je prendrais encore si je devais sortir sous la pluie, marcher longtemps ou monter autre chose qu’une minuscule focale fixe. Même capteur, même famille, deux vies très différentes.
À retenir
Le nouveau PEN mérite son succès : compact, séduisant, équipé d’un viseur et construit autour d’une base technique moderne, il vise très juste pour la photo de rue, les voyages légers et les images du quotidien. L’OM-5 Mark II ne répond pas à la même envie. Il ajoute surtout ce que les fiches techniques rendent presque invisible : une protection IP53 plus sérieuse, une stabilisation plus généreuse, un grip réellement exploitable et une liberté de mouvement qui devient évidente dès que la météo, les kilomètres ou les objectifs compliquent la journée. Si vous cherchez un appareil plaisir, choisissez le PEN. Si vous voulez un petit boîtier à emmener sans calculer, l’OM-5 Mark II reste, à mes yeux, le choix plus solide.

OM System PEN ou OM-5 Mark II : le nouveau PEN est séduisant, mais je choisirais encore l’OM-5 dehors
Le nouveau PEN arrive avec un avantage impossible à reproduire : la nouveauté.
Il réveille un nom que les photographes Micro 4/3 n’avaient pas oublié. Il affiche une silhouette plus désirable que beaucoup d’hybrides contemporains, promet un appareil facile à prendre en main et arrive à un tarif de lancement autour de 999 € boîtier nu. Avec son viseur électronique intégré, son capteur Micro 4/3 de 20 Mpx, son processeur TruePic IX et la stabilisation sur cinq axes, ce PEN n’a rien d’un simple appareil rétro.
Je comprends l’enthousiasme. Je l’ai réservé.
Mais si la question est vraiment « quel appareil choisir entre le OM System PEN et l’OM-5 Mark II ? », ma réponse ne sera pas consensuelle : pour photographier dehors, j’achèterais encore l’OM-5 Mark II.
Pas parce qu’il produit de meilleures images à chaque déclenchement. Les deux boîtiers reposent sur une architecture très voisine, avec un capteur 20 Mpx, le processeur TruePic IX et un autofocus à détection de phase. Le saut de qualité d’image ne doit donc pas être l’argument qui décide tout.
La différence est ailleurs.
Elle commence au moment précis où vous cessez de photographier dans des conditions parfaites.
Le PEN est compact. L’OM-5 Mark II est prêt.
Il faut éviter une caricature : le nouveau PEN n’est pas un appareil fragile. OM System le présente avec une protection IPX1, ce qui lui donne une résistance aux projections verticales et un peu plus de sérénité qu’un boîtier sans aucune protection annoncée
Mais IPX1 et IP53 ne racontent pas la même histoire.
L’OM-5 Mark II propose une protection IP53 contre la poussière et les projections d’eau, à condition, évidemment, de l’associer à une optique elle-même protégée. Cette réserve compte. Trop de photographes s’imaginent qu’un boîtier tropicalisé rend n’importe quel ensemble invincible, puis vissent un objectif non protégé avant de partir sous une averse. C’est une manière assez coûteuse d’apprendre que la tropicalisation concerne un système, pas seulement un badge sur une fiche produit.
J’ai déjà fait l’erreur inverse : sortir avec un boîtier très capable, mais insuffisamment rassurant pour les conditions annoncées. Une pluie fine s’est installée en milieu de balade. Rien de dramatique, pas une tempête, juste cette humidité continue qui se glisse partout. J’ai remis l’appareil dans le sac, plus par prudence que par nécessité, et j’ai photographié au téléphone le reste de la journée.
Les photos sont correctes. Elles n’ont aucune importance.
Ce jour-là, j’ai compris qu’un appareil que l’on protège trop n’est pas vraiment un appareil que l’on utilise. C’est un objet que l’on transporte.
Le nouveau PEN sera parfait pour beaucoup de promenades, de voyages urbains et de scènes spontanées. Mais pour les sorties en forêt, près de la mer, en randonnée, dans un climat humide ou pendant un week-end où l’on ne maîtrise pas la météo, l’OM-5 Mark II est le choix logique. Pas glamour. Logique.
Et, très souvent, c’est précisément ce qui finit par donner les meilleures images.
e grip ne fait pas rêver. Il évite de rater la photo.
Les lancements photo parlent de capteurs, de modes computationnels et de rafales. Presque jamais de la manière dont un appareil se tient à 18 heures, après huit kilomètres de marche, avec des doigts froids et un zoom qui dépasse largement du boîtier.
C’est pourtant là que l’OM-5 Mark II prend de l’avance.
Son grip semble être un détail lorsqu’on le compare à la ligne plus pure du PEN. Il ne l’est plus avec un zoom standard, un téléobjectif compact ou tout objectif qui déséquilibre légèrement l’ensemble. Le PEN est plus proche d’une philosophie de boîtier discret, presque bijou. L’OM-5 Mark II accepte mieux l’idée qu’un appareil compact peut aussi servir à photographier sérieusement.
J’utilise également l’OM-3. C’est un appareil plus valorisant, plus haut de gamme dans sa présence, et probablement celui que beaucoup de photographes auront envie de montrer. Pourtant, pour la mobilité pure, l’OM-5 Mark II me paraît plus naturel.
C’est contre-intuitif.
L’OM-3 inspire la lenteur et la composition. L’OM-5 Mark II inspire l’action. Je ne parle pas nécessairement de photographie sportive ou animalière à très longue focale. Je parle de cette photographie quotidienne qui survient sans prévenir : un rayon de lumière sur une façade, un chien qui traverse une plage, un enfant qui s’éloigne, une scène qui ne durera que trois secondes.
Une fois, avec un petit boîtier à l’ergonomie très plate et un zoom plus lourd que prévu, j’ai passé une matinée à le tenir avec une prudence ridicule. Je ne voulais pas le lâcher. Je ne changeais presque pas mes réglages d’une main. Je retardais les gestes simples. À midi, je me suis rendu compte que je n’avais pas moins photographié à cause du manque de fonctions, mais à cause d’un simple problème de prise.
La leçon est moins noble qu’un discours sur la créativité. Elle est aussi beaucoup plus utile : un appareil doit rester agréable lorsque l’objectif monté dessus cesse d’être minuscule.
Voilà pourquoi je choisirais l’OM-5 Mark II avec un 12-45 mm, un 12-40 mm, un 40-150 mm ou un objectif destiné à sortir du seul registre de la photo de rue. Le PEN garde l’avantage si vous privilégiez une petite focale fixe, un kit léger et une approche plus discrète.
La bonne question n’est pas « quel boîtier est le plus beau ? ».
La bonne question est : quel objectif allez-vous réellement utiliser six mois après l’achat ?
Même image, mais pas la même liberté
Il faut évacuer rapidement l’un des faux débats qui pourrait détourner un achat : le nouveau PEN ne devient pas mauvais parce que l’OM-5 Mark II existe, et l’OM-5 Mark II ne devient pas dépassé parce qu’un PEN vient d’être annoncé.
Les deux appareils partagent une base technique très proche. Capteur Live MOS Micro 4/3 de 20,37 Mpx, moteur TruePic IX, autofocus à détection de phase, fonctions de photographie computationnelle : pour la plupart des images, du reportage familial au voyage, de la rue au paysage, l’écart ne se jouera pas sur la définition.
L’OM-5 Mark II profite néanmoins d’une stabilisation annoncée jusqu’à 7,5 IL, contre 5,5 IL au centre pour le PEN. Ce n’est pas une invitation à photographier n’importe comment à des vitesses absurdes. C’est une marge. Une marge quand la lumière tombe, quand vous voyagez sans trépied, quand vous voulez conserver une sensibilité raisonnable ou quand vous cadrez à une focale plus longue.
Cette marge ne s’affiche pas dans une photo publiée sur le Web.
Elle se ressent avant la photo : au moment où l’on décide de tenter l’image plutôt que de ranger l’appareil.
C’est la raison pour laquelle je préfère l’OM-5 Mark II au PEN pour la randonnée, le paysage, la photo de voyage active et les sorties où les conditions ne sont pas négociables. L’appareil ne promet pas une révolution technologique. Il offre quelque chose de plus rare : moins de friction entre une scène et votre déclencheur.
Le PEN pour le désir, l’OM-5 Mark II pour le terrain
Un comparatif honnête doit laisser le PEN gagner quelque part. Et il gagne même sur plusieurs points.
Choisissez le nouveau OM System PEN si vous voulez avant tout un hybride Micro 4/3 compact pour la photo de rue, les cafés, les voyages urbains, le quotidien, les portraits familiaux et les sorties légères avec de petites focales fixes. Il est le boîtier qui peut recréer l’envie de photographier, y compris chez ceux qui se sont lassés des appareils trop sérieux, trop noirs, trop techniques et trop proches d’un ordinateur. Son viseur intégré et son format compact en font une proposition singulière dans un marché qui confond souvent polyvalence et embonpoint.
Choisissez l’OM-5 Mark II si vous cherchez un appareil photo léger pour randonner, voyager en toutes saisons, sortir près de l’eau, utiliser des zooms compacts, photographier dans la poussière ou ne pas surveiller compulsivement les prévisions météo. Sa protection IP53, son grip et sa stabilisation supérieure justifient son existence face au PEN, même si le nouveau venu profite de toute la lumière médiatique.
e n’est pas une opposition entre un appareil sérieux et un appareil futile. Ce serait injuste.
C’est une opposition entre deux formes de plaisir. Le PEN célèbre la photographie que l’on veut emporter. L’OM-5 Mark II défend la photographie que l’on peut continuer à pratiquer une fois dehors.
Je préfère cette seconde liberté.
Le nouveau PEN sera probablement celui qui fera tourner les têtes sur une table de café. L’OM-5 Mark II est celui que je choisirais avant de partir lorsque je sais que la journée ne sera pas entièrement confortable. Or les journées parfaitement confortables donnent rarement les images que l’on garde vraiment.


