À la découverte de Kyoto, ville historique située à deux heures quarante de Tokyo en Shinkansen. La ville incarne le Japon traditionnel et impérial avec ses 2 000 temples, ses sanctuaires, ses palais, ses ponts, ses jardins, son architecture. La ville a été préservée des bombardements de la Seconde Guerre mondiale. Plusieurs temples sont classés dans le patrimoine mondial de l’UNESCO.
- Explorer les incontournables
- Fushimi Inari Taisha : la voie des mille torii rouges
- Kinkaku-ji : le Pavillon d’or
- Kiyomizu-dera : un panorama spectaculaire
- Arashiyama : nature et zen attitude
- Gion et Pontocho : la mémoire vivante de Kyoto
- Conlusion
La ville a été la capitale du Japon pendant plus d’un millier d’années et elle est devenue, au cours de ces siècles, le berceau d’une grande partie de ce que le pays a produit de plus élaboré dans le domaine des arts, de la culture, de la religion ou des idées. Si aujourd’hui Tokyo a pris la place de capitale administrative, Kyoto est considérée comme le centre culturel du Japon, la ville a su cultiver un juste équilibre entre tradition et modernité.
Vidéos filmées et réalisées par Osamu Hasegawa.
Matériel utilisé : Panasonic GH4, Kowa PROMINAR 8.5mm F2.8 MFT, Voightlander NOKTON 25mm F0.95, Steadicam Glidecam HD4000
Lien : https://www.youtube.com/user/JapanScapes
« Un après-midi de Kyoto dans l’espace d’un cerisier me voici hissé tout en haut de l’ivresse d’exister. »
René Depestre
Explorer les incontournables
Fushimi Inari Taisha : la voie des mille torii rouges
Le sanctuaire Fushimi Inari Taisha est l’un des sites les plus connus de Kyoto. Tu y trouveras des milliers de torii rouges qui créent des tunnels le long de la montagne Inari.

Les chiffres clés
- Plus de 3 000 torii sur le site
- 233 mètres d’altitude au sommet
- 4 kilomètres de parcours total
- Environ 12 000 marches
- 2 à 3 heures pour l’aller-retour complet
Ce qu’il faut savoir
Les torii sont offerts par des particuliers et des entreprises. Chaque portail porte généralement le nom du donateur et la date du don.
Le sanctuaire est dédié à Inari, divinité du riz, de l’agriculture et de la prospérité. Tu verras partout des statues de renards, messagers d’Inari.
Tu n’es pas obligé de monter jusqu’au sommet. Beaucoup de visiteurs font demi-tour après les premiers tunnels de torii. Le site reste gratuit et ouvert 24h/24.
La montée complète demande une condition physique correcte à cause des nombreuses marches. Prévois de bonnes chaussures et de l’eau.
Kinkaku-ji : le Pavillon d’or
Le Kinkaku-ji, ou Pavillon d’or, est un temple bouddhiste zen recouvert de feuilles d’or qui brille au bord d’un étang. Son reflet dans l’eau crée une symétrie parfaite.

L’architecture
- 3 étages avec des styles différents
- Couvert de feuilles d’or pur (environ 20 kg)
- Construit en 1397, reconstruit en 1955 après un incendie
Le jardin
- Étang miroir qui reflète le pavillon
- Pins taillés et îlots rocheux
- Conception zen pour la contemplation
Infos pratiques
- Entrée : 500 yens
- Horaires : 9h-17h toute l’année
- Temps de visite : 30-45 minutes
- Pas d’accès à l’intérieur du pavillon
Points faibles
Tu ne peux pas entrer dans le bâtiment. Tu regardes de loin, tu fais le tour de l’étang, c’est tout. Le site est souvent bondé, surtout en matinée et pendant les saisons touristiques (cerisiers en fleurs, automne).
Meilleur moment
Tôt le matin à l’ouverture ou en fin d’après-midi. L’hiver sous la neige offre des photos spectaculaires, mais l’automne avec les feuilles rouges reste le plus populaire.
Le Kinkaku-ji reste un incontournable à Kyoto pour son esthétique unique, même si l’expérience est brève et parfois frustrante à cause de la foule.
Kiyomizu-dera : un panorama spectaculaire
Le temple Kiyomizu-dera se dresse sur une colline et offre une vue sur Kyoto. Sa terrasse en bois s’élève à 13 mètres au-dessus de la pente. Cette plateforme impressionnante est construite sans un seul clou, soutenue par des piliers massifs.

Fondation et histoire
- Créé au 8ᵉ siècle
- Dédié à Kannon, déesse de la compassion
- Appartient à la secte bouddhiste Kita-Hosso
La source sacrée
Le temple tire son nom de l’eau pure (kiyomizu) qui coule sur le site. Cette source est réputée pour ses vertus : santé, longévité et réussite selon les croyances locales.
Accès et quartier
Tu traverses des ruelles avec des boutiques artisanales et des maisons traditionnelles pour atteindre le temple. Ce quartier préserve l’ambiance de l’ancienne capitale.
Caractéristiques architecturales
- Terrasse principale : 13 mètres de hauteur
- Construction sans clous
- Structure en bois sur piliers
- Vue dégagée sur la ville
Le Kiyomizu-dera combine architecture bouddhiste et éléments shintoïstes dans son complexe.
Arashiyama : nature et zen attitude
Arashiyama, à l’ouest de Kyoto, attire les visiteurs depuis l’époque Heian (794-1185) [1]. Ce quartier combine nature et patrimoine culturel à environ 20 minutes de la gare de Kyoto.

La forêt de bambous de Sagano
Le sentier traverse 500 mètres de bambous qui atteignent 20 mètres de hauteur [4]. Le chemin en béton monte doucement une colline et se termine en forme de « T » au sommet.
Ce qu’il faut savoir :
- L’accès est gratuit
- Le sentier est ouvert 24h/24
- Visite tôt le matin pour éviter la foule
- Compte 15-30 minutes pour parcourir le sentier
Le pont Togetsukyo
Ce pont enjambe la rivière Katsura et sert de point central au quartier. Tu peux tourner à gauche au bout du sentier de bambous pour rejoindre le pont.
Meilleures périodes
Printemps (mars-avril)
- Floraison des cerisiers
- Forte affluence touristique
Automne (novembre)
- Feuillages rouges et dorés
- Températures agréables
À éviter : Les week-ends et jours fériés si tu veux de la tranquillité.
Accès
Depuis Kyoto Station : train JR jusqu’à JR Saga-Arashiyama (20 minutes). Tu peux aussi prendre la ligne Hankyu ou le tramway Randen selon ton point de départ.
Gion et Pontocho : la mémoire vivante de Kyoto
Gion et Pontocho incarnent l’âme traditionnelle de Kyoto. Ces deux quartiers te plongent dans l’atmosphère de l’ancien Japon, entre ruelles pavées, maisons de bois et rituels préservés.

Gion : le quartier des geishas
Architecture et ambiance
Tu marches sur des pavés usés par le temps. Les machiya (maisons traditionnelles) alignent leurs façades de bois sombre. Les lanternes s’allument au crépuscule et transforment les ruelles en scènes d’un autre siècle.
L’architecture se reconnaît à :
- Façades étroites (3 à 5 m de large)
- Profondeur importante (jusqu’à 20 m)
- Lattis de bois (koshi) filtrant la lumière
- Noren suspendus aux entrées
Geikos et maikos
Geiko (terme kyotoïte pour geisha) et maiko (apprentie) pratiquent un art complet :
- Shamisen (instrument à trois cordes)
- Danse codifiée
- Chant traditionnel
- Cérémonie du thé
- Conversation raffinée
Différences visuelles :
| Maiko | Geiko |
|---|---|
| Kanzashi fleuries (épingles) | Kanzashi sobres |
| Manches longues (furisode) | Manches courtes |
| Obi volumineux noué dans le dos | Obi plus simple |
| Maquillage blanc marqué | Maquillage discret |
Tu les croises en fin d’après-midi, se rendant à leurs engagements. Reste discret, évite les photos intrusives.
Hanami-koji et ses ruelles
Hanami-koji forme l’artère principale. Les maisons de thé (ochaya) se cachent derrière des portes discrètes. L’accès reste réservé : il faut une introduction par un client régulier.
Tu peux explorer librement :
- Shirakawa (canal bordé de saules)
- Shinbashi (ruelles préservées)
- Yasaka-jinja (sanctuaire au nord)
Rythme saisonnier
Printemps : cerisiers en fleur le long du canal Shirakawa
Été : terrasses au bord de l’eau, chaleur atténuée par l’ombre
Automne : érables rouges, lumière dorée
Hiver : sobriété, géométrie des toits sous la neige rare
Pontocho : élégance au bord de la Kamo
Un couloir entre fleuve et ville
Pontocho s’étire sur 500 m, parallèle à la rivière Kamo. Large de 2 à 3 m seulement, cette ruelle concentre restaurants, bars et petites scènes.
L’ambiance diffère de Gion :
- Plus intime
- Moins formelle
- Axée sur la gastronomie
Cuisine kyotoïte
Les restaurants pratiquent le kyo-ryori (cuisine de Kyoto) :
- Bouillons légers (dashi)
- Légumes de saison (Kamo-nasu, takenoko)
- Poissons d’eau douce (ayu)
- Présentation minimaliste
Yuka (terrasses sur pilotis) : de mai à septembre, tu dînes au-dessus de la rivière. Réservation indispensable.
Prix moyens :
- Déjeuner : 2 000 à 5 000 ¥
- Dîner : 8 000 à 20 000 ¥
- Yuka : à partir de 15 000 ¥
Atmosphère nocturne
Les lanternes rouges signalent les izakaya (tavernes). Les enseignes en bois gravé indiquent les établissements haut de gamme. Tu entends parfois du shamisen filtrer depuis les étages.
La proximité de l’eau ajoute fraîcheur et calme. Les reflets sur la Kamo créent un décor changeant.
Comparer les deux quartiers
| Aspect | Gion | Pontocho |
|---|---|---|
| Caractère | Cérémoniel, formel | Intime, convivial |
| Largeur des rues | Variable (3-8 m) | Très étroit (2-3 m) |
| Focus | Arts traditionnels | Gastronomie |
| Accessibilité | Observation extérieure | Restaurants accessibles |
| Ambiance | Respectueuse, silencieuse | Détendue, chaleureuse |
Les deux quartiers partagent :
- Architecture en bois
- Éclairage tamisé
- Étiquette stricte
- Préservation du patrimoine
Conseils pratiques
Horaires
Meilleur moment : 17h-20h
- Lanternes allumées
- Geikos et maikos en déplacement
- Lumière naturelle déclinante
Évite :
- Midi (trop de touristes)
- Après 22h (fermeture progressive)
Comportement
À faire :
- Marcher sur le côté
- Parler doucement
- Photographier l’architecture
À éviter :
- Bloquer le passage
- Toucher les geikos/maikos
- Photographier sans permission
- Entrer dans les propriétés privées
Accès
Gion :
- Station Gion-Shijo (ligne Keihan)
- Station Kawaramachi (ligne Hankyu)
- 5 min à pied entre les deux
Pontocho :
- Station Sanjo (ligne Keihan)
- Station Kawaramachi (ligne Hankyu)
- Accès direct depuis les stations
Distance Gion-Pontocho : 800 m (10 min à pied)
Budget
Gratuit :
- Promenade dans les ruelles
- Observation de l’architecture
- Sanctuaires et temples publics
Payant :
- Restaurants : 2 000-20 000 ¥
- Spectacles de danse (Gion Corner) : 3 150 ¥
- Maisons de thé : sur invitation uniquement
Préservation et modernité
Ces quartiers font face à des défis :
- Surfréquentation touristique
- Coût d’entretien des machiya
- Diminution du nombre de geikos (environ 70 à Gion)
Des mesures existent :
- Zones piétonnes en soirée
- Interdiction de photographier les geikos dans certaines rues
- Subventions pour la rénovation des machiya
La tradition continue par transmission directe. Une maiko s’entraîne 5 ans avant de devenir geiko. Les restaurants maintiennent des techniques culinaires centenaires.
Au-delà des clichés
Gion et Pontocho ne sont pas des musées. Des gens y vivent et y travaillent. L’authenticité tient à cette continuité, pas à une mise en scène pour touristes. Tu ne verras peut-être pas de geiko. Les ochaya restent inaccessibles. Certains restaurants affichent complet. C’est normal.
L’expérience réside dans l’atmosphère, pas dans la collection d’images. Prends ton temps. Observe les détails : grain du bois, calligraphie des enseignes, reflets sur les pavés mouillés. L’essentiel se trouve dans ces nuances.
Conlusion
En résumé, Kyoto est une ville où chaque site, chaque quartier, est une invitation à la découverte, à la méditation et à l’émerveillement. Qu’il s’agisse des temples majestueux, des paysages naturels enchanteurs ou des quartiers traditionnels pleins de charme, Kyoto incarne à merveille l’âme du Japon ancien, tout en restant vivante et accessible aux visiteurs d’aujourd’hui.
