William Klein : 10 faits marquants qui ont façonné son œuvre
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William Klein : 10 faits marquants qui ont façonné son œuvre

Le photographe, peintre, plasticien, graphiste, réalisateur de films documentaires, publicitaires et de fiction, William Klein est décédé le dimanche 10 septembre 2022 à l’âge de 96 ans. Son œuvre a marqué l’histoire de la photographie et profondément influencé deux générations de photographes et cinéastes.

William Klein
Vernissage de l’exposition « Voyages dans l’instant » de Raghu Rai au Pavillon Comtesse de Caen,
novembre 2019, crédit photo : Académie des beaux-arts / J. Agnel
Académie des beaux-arts

L’Académie des beaux-arts a créé en 2019 le « Prix de Photographie de l’Académie des beaux-arts – William Klein » en hommage à son œuvre. Le prix récompense un/une photographe de toute nationalité et de tout âge pour l’ensemble de sa carrière et de son engagement en faveur de la photographie. En 2019, il a été décerné en 2019 au photographe Raghu Rai et en 2021 à Annie Leibovitz.

Sa naissance à New York

Fils d’immigrés juifs hongrois, William Klein naît à Manhattan le 19 avril 1926. Il poursuit des études de sociologie au prestigieux City College of New York où il avait été admis à l’âge de 14 ans. La ville exercera une grande influence sur son travail entre sentiments d’amour et de haine.

Son premier voyage à Paris

Entre 1946 et 1948, il effectue deux ans de service militaire dans l’armée américaine. En 1947, il se rend pour la première fois à Paris, puis, dans le cadre de la loi G.I. Bill d’aide aux vétérans.

Démobilisé en 1948, il reprend des études de sociologie à la Sorbonne. La même année, il rencontre celle qui deviendra sa femme, Jeanne Florin avec laquelle il vit et travaille pendant plus de 50 ans. Peu après, il entre dans l’atelier de peinture de Fernand Léger. Après son mariage, il décide de rester en France et de continuer à vivre et travailler à Paris.

Sa rencontre avec Alex Liberman de Vogue

En 1954, il rencontre Alex Liberman, directeur artistique de l’édition américaine de Vogue, qui lui propose un contrat et des moyens financiers pour poursuivre son travail à Paris et à New York. Il devient l’un des photographes attitrés du magazine aux côtés de Helmut Newton, Irving Penn, Richard Avedon ou Henry Clarke.

Pour l’édition française, il réalise des photographies originales et innovantes et s’impose comme un véritable metteur en scène. En s’inspirant de ses expériences picturales passées, il compose au grand angle et au téléobjectif loin des studios, en capturant les mannequins dans la rue.

Son premier livre

De retour aux États-Unis après huit années passées en France, il réalise un journal photographique sur sa ville natale qu’il présente comme une métropole chaotique et désordonnée à la limite de l’absurde. Son livre refusé par les Maisons d’éditions américaine sortira aux Éditions du Seuil en 1956 avec l’appui de Chris Marker. “Life is Good and Good for You in New York: Trance Witness Revels” contraste avec tout ce qui s’était fait auparavant.

Considéré comme l’un des livres de photos les plus influents et révolutionnaires créés au cours du dernier demi-siècle, il suscite des réactions violentes et obtient le prix Nadar en 1957. Le livre devient très vite un collector quasiment introuvable aujourd’hui dans sa première édition.

New York

Deux maîtres de la photographie signent l’entrée de la photo dans l’art contemporain, Robert Frank et son ouvrage Les Américains, et William Klein avec New-York. Ils initient une véritable révolution : la photographie est considérée comme une rupture avec l’ancienne école et l’image propre, parfaite, autonome (Cartier-Bresson, Doisneau, etc.).

Le photographe s’autorise un parti pris qui efface toute distinction entre lui-même et son sujet : décadrage, flous, grains, mouvements et bougés, forts contrastes. Il adopte la leçon de Capa : « Si tes photos ne sont pas bonnes, c’est parce que tu n’es pas assez près ».

Pour Klein, la photo doit bousculer. Le photographe est présent et peut mettre en scène, interagir avec le sujet : le regard caméra est dans ce sens percutant et ne prétend à aucune objectivité documentaire. Klein a su imposer un style unique, la réalité est vécue avec subjectivité et montrée comme elle est : parfois dérangeante, parfois violente.

Sa rencontre avec Frédérico Fellini

Repéré grâce à son livre sur New York, Federico Fellini l’invite à devenir son assistant pour son prochain film “Les Nuits de Cabiria”. Le tournage est retardé mais Klein profite de l’occasion pour explorer Rome dans ses moindres recoins. Accompagné certains jours par Fellini, Pasolini ou Moravia, Klein dresse une fresque à la hauteur de la ville. Contrairement aux new yorkais, les romains n’ont pas peur de son objectif et acceptent volontiers la confrontation avec l’objectif du photographe. Le livre “Rome” sort en 1959 aux éditions du Seuil.

Très recherché par les collectionneurs, le livre a été réédité en 2017 en Italie par Contrasto sous le titre ‘Rome+Klein’ et en France aux éditions du Chêne.

Frédérico Fellini
Frédérico Fellini
© Walter Albertin, World Telegram staff photographer — Library of Congress. New York World-Telegram & Sun Collection

Son premier court-métrage

En 1958, il tourne son premier court-métrage “Broadway by Light”. Considéré comme le premier film pop, “Broadway by Light” exprime le rythme de la ville symbolisée par les enseignes lumineuses de Broadway où bat le pouls de la vie nocturne.

“Les Américains ont inventé le jazz pour se consoler de la mort, la star pour se consoler de la femme. Pour se consoler de la nuit, ils ont inventé Broadway.”

Chris Marker

Son premier film

En 1966, Klein signe une satire de la mode avec son premier film “Qui êtes-vous Polly Maggoo ?” avec Jean Rochefort, Sami Frey et Philippe Noiret. Le film obtient le Prix Jean-Vigo.

 Qui êtes-vous Polly Maggoo ?

Ses contacts peints

Dans les années 80, Klein marie avec virtuosité ses travaux de photographie, de peinture et de cinéaste au travers de ses contacts peints. Le photographe envisage alors d’un autre œil l’objet “planche contact”. Il s’interroge sur son propre procédé de sélection d’images, et en explore la dimension créative.

Après avoir isolé l’image de son choix, sa “meilleure image”, sur la planche, l’avoir tiré en grand format, il la cerne d’épaisses couches de peinture de l’une des trois couleurs primaires : rouge, jaune ou bleue. Rien de décoratif dans sa démarche, mais la volonté de créer un choc graphique entre la peinture et la photographie qui doit être appréciée pour elle-même.

contacts peints

Son influence artistique

William Klein est l’un des artistes les plus influents du XXe siècle. Provocateur et iconoclaste, il a marqué des générations d’artistes.

“C’était un visionnaire à tous points de vue, qui faisait fi des codes sociaux et artistiques de son époque pour se frayer un chemin singulier tant dans son travail commercial que dans ses projets personnels, et sur tous les supports.”

International Center of Photography de New York

Son engagement politique

Cinéaste militant, sa carrière est marquée par l’engagement politique vis-à-vis des Black Panthers et autres mouvements contestataires américains, qui l’a amené à tourner des films politisés comme “Loin du Vietnam” (1967), “Mr. Freedom” (1969), “Muhammad Ali the Greatest” (1974).

William Klein

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William Klein
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Antony Barroux
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Depuis 2006, Pixfan.com traite de la photographie et de ses évolutions. Des grands maîtres aux photographes contemporains. Des procédés argentiques et alternatifs aux dernières évolutions en matière de matériel et de logiciels mais aussi en terme d'usages.La photographie est en perpétuel mouvement à l'image de ses pratiques qu'elles soient amateurs ou professionnelles.

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