Nous sommes début janvier 2026. J’ai vérifié trois fois ce matin, mais non, le père Noël n’a définitivement pas glissé de Nikon Z9 II sous le sapin. Et soyons clairs : les lapins de Pâques ne feront pas mieux. Pour nous, observateurs, passionnés, et surtout pour les copains photographes qui sont déjà en train de boucler leurs valises pour l’Italie, c’est un petit coup de massue derrière la tête.
- Février 2026 : spécifications supposées
- La pénurie silencieuse : quand la mémoire flanche
- Milan-Cortina : Le rendez-vous manqué
- L’ombre de la Coupe du Monde : un terrain de jeu ?
- L’éléphant dans la pièce : L’héritage RED
- La concurrence ne dort pas (elle boit beaucoup de café)
- Qu’attendre des spécifications ? (La liste au Père Noël, version 2.0)
- La stratégie de la patience (ou la méthode Coué)
- Alors, on fait quoi en attendant ?
Le successeur du légendaire Z9 — celui que tout le monde attendait comme le messie pour calmer les ardeurs de Canon et Sony — va rater le coche. Pas seulement les Jeux Olympiques d’hiver de Milan-Cortina (ça, on commençait à s’en douter depuis quelques semaines), mais probablement aussi la Coupe du Monde de la FIFA cet été. Si les bruits de couloir disent vrai — et dans ce milieu, les rumeurs pessimistes sont souvent les plus fiables — on parle désormais d’une annonce officielle pour le quatrième trimestre 2026.
Alors, on fait quoi ? On s’assoit, on se sert un café, et on décortique ensemble pourquoi ce retard est peut-être, paradoxalement, la nouvelle la plus intrigante de l’année.
Février 2026 : spécifications supposées
- Capteur d’image CMOS empilé de 46 mégapixels : au lieu d’utiliser un obturateur global, il utilise un nouveau capteur empilé qui est 3,5 fois plus rapide que le Z9, avec une vitesse de synchronisation X pouvant atteindre 1/720 seconde (ce qui le rapproche d’un appareil photo à obturateur global).
- Nouveau processeur EXPEED.
- Une sensibilité ISO native faible de 32 permet d’obtenir une qualité d’image « de type moyen format ».
- Nouveau système AF avec des performances de suivi et une précision de mise au point nettement améliorées.
- Prise de vue en continu RAW jusqu’à 60 images par seconde en pleine résolution et 120 images par seconde au format DX.
- Prise en charge de la vidéo RAW R3DNE 12 bits jusqu’à 8,3K 3:2 OpenGate 60p.
- Nikon introduira également plusieurs nouvelles LUT de simulation de film pour le Z9 II et les appareils photo hérités, avec des visuels plus naturels et attrayants, tant pour les photos que pour les vidéos.
- Le Z9II disposera de nombreuses nouvelles fonctionnalités vidéo RED.
- Viseur électronique 5760k points issu du Nikon Z6III.
- Content credentials.
La pénurie silencieuse : quand la mémoire flanche
C’est facile de rouspéter en disant « Nikon est en retard, comme d’hab ». Mais la réalité industrielle de ce début 2026 est un casse-tête monstre. Vous avez jeté un œil au prix des cartes CFexpress Type B ces derniers temps ? Ça flambe. Et ce n’est pas un hasard.
Ce qui bloque le Z9 II, ce n’est probablement pas l’envie de Nikon de le sortir, c’est ce qu’il a dans le ventre. Un ingénieur me disait l’autre jour que le goulot d’étranglement, c’est bête comme chou : ce sont les modules de mémoire. On vit une sorte de « crise du semi-conducteur 2.0 », moins médiatisée que celle du Covid où l’on ne trouvait plus de PS5, mais tout aussi paralysante pour le matériel de pointe.

Les fabricants de mémoire — ceux qui fournissent la DRAM et la NAND ultra-rapides nécessaires pour vider un buffer de 50 mégapixels à 60 images par seconde (voire plus, soyons fous) — sont saturés. Leurs carnets de commandes sont pleins jusqu’à fin 2026. Pourquoi ? Parce que l’IA bouffe tout. Les serveurs, l’automobile autonome, et bien sûr, la téléphonie… tout le monde se bat pour ces puces. Nikon, malgré son aura, doit jouer des coudes. Et quand on veut sortir un boîtier « flagship » qui doit définir les standards pour les quatre prochaines années, on ne peut pas se permettre de monter des composants « au rabais ». Il faut le top du top.
Milan-Cortina : Le rendez-vous manqué
C’est là que ça pique un peu pour les « Nikonistes ». Les Jeux Olympiques, c’est sacré. C’est le podium des constructeurs. C’est là que Canon aligne ses grands tromblons blancs comme une armée impériale et que Nikon répond avec ses optiques noires mat.
Je me souviens de Tokyo en 2021. Le Z9 original était là. Il n’était pas sorti officiellement, mais il était partout. Je connais un photographe d’agence qui avait pu mettre la main dessus à l’époque : il m’avait raconté avoir l’impression de tricher tellement l’autofocus était collant. C’était un coup de maître marketing. Voir les pros l’utiliser sur le terrain avant de pouvoir l’acheter avait créé une « hype » monumentale.
Pour Milan-Cortina, en février prochain, l’ambiance sera différente. Les fosses seront remplies de Nikon, oui, mais de Z9 « Mark I ». Attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : le Z9 reste une machine de guerre. Même en 2026, il tient la dragée haute à n’importe qui. Mais psychologiquement… voir Sony débarquer avec ses A1 II flambant neufs et Canon avec ses R1 rodés, ça laisse un petit goût d’amertume. On a tous cet orgueil de vouloir que « notre » marque ait le dernier joujou technologique sur la piste.
L’ombre de la Coupe du Monde : un terrain de jeu ?
Si l’hiver semble plié, l’été laisse une petite porte entrouverte. Pas pour une sortie commerciale — n’espérez pas le trouver en rayon à la FNAC en juin pour photographier le mariage de votre cousin — mais pour du « field testing », du vrai.
La Coupe du Monde 2026, éparpillée entre les États-Unis, le Mexique et le Canada, c’est l’enfer logistique et climatique. La chaleur, l’humidité, les voyages incessants… Si Nikon veut torturer son Z9 II pour être sûr qu’il tienne la route, c’est là que ça se passera.
Il y a fort à parier qu’on verra apparaître ces fameux boîtiers camouflés, avec du scotch d’électricien noir sur les logos (le truc qui ne trompe personne, on reconnaît le prisme Nikon à 100 mètres). C’est une stratégie que la marque maîtrise à la perfection. D’ailleurs, Thom Hogan le suggère à demi-mot : le matériel existe. Il tourne en labo à Tokyo. Mais le sortir en production de masse par dizaines de milliers, c’est une autre paire de manches. Voir des prototypes en juin, ce serait déjà un signal fort : « On est là, on arrive, ne revendez pas vos optiques Z tout de suite ».
L’éléphant dans la pièce : L’héritage RED
Bon, parlons technique deux minutes, entre nous. Pourquoi ce Z9 II est-il si vital ? Parce que ce n’est pas juste une mise à jour, une « version s » comme on dit chez Apple. C’est le premier vrai « bébé » né du mariage entre Nikon et RED.
Depuis le rachat de RED Digital Cinema en avril 2024, on attend tous de voir la progéniture. On ne dépense pas des sommes folles pour s’offrir une légende d’Hollywood sans en mettre la technologie dans ses boîtiers photo. Le retard du Z9 II est peut-être justement lié à cette intégration qui s’avère plus complexe que prévu.
Imaginez le tableau. On ne parle plus juste de « bonne vidéo » dans un hybride. On parle potentiellement de l’intégration native du REDCODE RAW en interne. Si le Z9 II arrive avec ça, il change les règles du jeu. Plus besoin de choisir entre un boîtier photo agile et une caméra de cinéma lourde à moduler.
Mais intégrer la « color science » de RED, ses codecs brevetés et sa gestion des hautes lumières dans un corps de Z9 qui ne doit pas fondre dans la main, c’est un casse-tête d’ingénieur. Si Nikon prend son temps, c’est peut-être — espérons-le — pour nous livrer une fusion parfaite, et pas juste un collage marketing hâtif. On veut le meilleur des deux mondes : l’autofocus infaillible de Nikon et la texture d’image organique de RED.
La concurrence ne dort pas (elle boit beaucoup de café)
Le souci de ce retard, c’est le contexte. En janvier 2026, le paysage n’est plus celui de 2021.
Canon a frappé fort avec son R1. Ils ont mis le paquet sur l’autofocus « prédictif » qui ne se contente plus de suivre l’œil, mais qui comprend l’action (qui a le ballon ? qui va tirer ?).
Sony, de son côté, continue sa course à la vitesse pure avec l’A1 II et sa technologie de Global Shutter qui a, disons-le franchement, mis un petit coup de vieux aux obturateurs déroulants.
Le Z9 original avait choqué le monde en supprimant l’obturateur mécanique. C’était audacieux, c’était « couillu ». Pour le Z9 II, Nikon doit refaire un coup similaire. Ils ne peuvent pas se contenter de faire « aussi bien » que le Sony sorti six mois plus tôt. Ils doivent proposer quelque chose d’unique.
Qu’attendre des spécifications ? (La liste au Père Noël, version 2.0)
Puisqu’on doit attendre jusqu’à fin 2026, autant rêver un peu. À quoi devrait ressembler ce monstre pour qu’on lui pardonne ce retard ?
D’abord, le cœur de la bête : le capteur. Le 45,7 MP du Z9 est excellent, mais on sent que le marché pousse vers le haut. Peut-être pas 100 MP (inutile pour le sport, ça remplit les disques durs pour rien), mais une architecture empilée encore plus rapide.
Ensuite, l’IA. C’est le mot à la mode, je sais, on en mange à toutes les sauces. Mais en photo sportive, c’est réel. On veut un boîtier qui « sait » ce qu’est un skieur alpin avant même qu’il n’entre dans le cadre. Le processeur EXPEED 7 était une brute. Le futur EXPEED 8 devra être un génie.
Et enfin, l’ergonomie. Le Z9 est gros. C’est un tank. Certains l’adorent pour ça — moi le premier, j’aime avoir quelque chose en main. Mais avec la miniaturisation, Nikon pourrait nous surprendre avec une meilleure gestion thermique.
La stratégie de la patience (ou la méthode Coué)
Au final, ce report à fin 2026 est un pari risqué pour Nikon. Ils demandent à leurs utilisateurs les plus fidèles de patienter alors que l’herbe semble bien verte chez le voisin.
Cependant, il y a un précédent rassurant. Regardez le D6 ou même le D850 à l’époque. Nikon a souvent été le dernier à tirer, mais quand ils tirent, ils mettent dans le mille. Le Z9 a dominé les débats pendant trois ans. S’ils estiment qu’ils ont besoin de six mois de plus pour que le Z9 II domine les trois prochaines années, alors… qu’ils les prennent.
Le risque de sortir un produit « bâclé » ou introuvable en stock (le fameux « paper launch » où l’appareil n’existe que sur YouTube) est bien pire. On a tous connu ça : commander un boîtier et attendre six mois pour le recevoir. C’est l’enfer. On préfère attendre une annonce solide.
Alors, on fait quoi en attendant ?
Pour le pro qui a déjà deux Z9 dans son sac : honnêtement ? Rien. Vous avez déjà l’un des meilleurs appareils du monde. Ce n’est pas parce qu’il n’est plus le « tout dernier » qu’il ne fait plus de photos nettes. Les mises à jour de firmware ont littéralement transformé le boîtier au fil du temps. C’est la grande force de Nikon : ils bonifient le vin.
Pour celui qui hésitait à investir… c’est plus cornélien. Faut-il craquer maintenant pour un Z8, ou attendre un an ? Si vous avez des impératifs pro pour 2026, la question ne se pose pas : il faut du matériel qui existe. Le Z9 actuel fera le job, et brillamment.
En résumé, ce Z9 II devient un peu notre Arlésienne technologique. On sait qu’il arrive, on sait qu’il sera incroyable, mais il va falloir apprendre à vivre sans lui pour cette grande année sportive. C’est frustrant, terriblement frustrant. Mais si fin 2026, Nikon nous sort un boîtier qui fusionne réellement le cinéma et la photo… on aura vite oublié qu’on a dû ronger notre frein un petit peu.
D’ici là, on gardera les yeux rivés sur les bords de terrain, à la recherche de ce petit bout de scotch noir qui cache le futur.

Bonjour, sur votre article nikon Z9ll vous écrivez : vers de nouvelles horizons, horizons étant masculin il faut écrire : vers de nouveaux horizons merci pour l orthographe français. Pierre
Je viens de lire les possibilités utopiques concernant un éventuel Z 9 II ou autre, mais cela ne finira jamais. Dans ce domaine, où l’IA s’installe de plus en plus, il est évident que toutes les marques d’appareils photo se tournent vers la vidéo.
À mon avis, on veut détruire les caméras et caméscopes en intégrant tout dans un petit boîtier, qui à l’origine a été conçu pour la photographie, y compris pour les appareils amateurs et professionnels.
Je constate que tout cela, c’est aussi pour faire face aux smartphones, eux aussi fabriqués pour concurrencer les vrais appareils photo, bourrés de fonctions — aussi ridicules que la fable de La Fontaine, où la grenouille veut être aussi grosse que le bœuf, et finit par éclater.
De même, avec ce méli-mélo de concurrence dans la photographie, tout finira par s’effondrer, voire disparaître, ainsi que la technique du photographe. Ce dernier n’aura plus rien à faire, rien à régler : il lui suffira d’orienter ce qu’il tient dans les mains, peut-être même plus une optique, vers un sujet, et le tour sera joué.
Faut-il ressortir un vieil Instamatic Kodak ? Car ces évolutions, sans limite, finiront par se figer au même point. Peut-être même n’aurons-nous plus besoin d’appuyer sur un déclencheur.