Une Sigma fp II de 24 mégapixels en monture L, avec open gate, RAW interne et viseur électronique potentiellement optionnel : c’est la fuite publiée par L-Rumors le 7 octobre 2026. Le site évoque un prix autour de 2 500 dollars et une annonce possible d’ici novembre. La proposition intrigue. Reste une question plus utile que la comparaison avec Sony : cette caméra rendrait-elle le tournage plus simple que les premiers Sigma fp ?
À retenir
La rumeur décrit une caméra davantage orientée cinéma, légèrement plus volumineuse que le fp L. L-Rumors avance une définition de 24 mégapixels, l’open gate et le RAW interne, sans préciser les caractéristiques de ces modes. Le texte initial présente le viseur comme optionnel ; la page consultée mentionne un EVF sans cette précision. Le tarif d’environ 2 500 dollars et le calendrier restent non confirmés.
Le premier fp enregistrait déjà du RAW. Voilà le vrai point de départ.
Le RAW interne ne serait pas, à lui seul, une révolution.
Un retour à la fiche officielle du Sigma fp original permet de comprendre pourquoi. Le boîtier enregistrait déjà du CinemaDNG sur carte SD. En UHD, toutefois, cet enregistrement se limitait à 8 bits et à 25 images par seconde ou moins. Pour obtenir de l’UHD en 12 bits jusqu’à 29,97 images par seconde, il fallait utiliser un SSD portable.
Ce détail change la lecture de la fuite. La question n’est plus « Sigma va-t-il proposer du RAW ? », mais « quel RAW pourra-t-on enregistrer, à quelle cadence et sur quel support ? ». L-Rumors reconnaît ne pas connaître les spécifications exactes du futur mode d’enregistrement.
C’est précisément ce qui rend la fuite intéressante. Si la fp II permettait de conserver une configuration légère tout en élargissant les possibilités d’enregistrement interne, l’évolution serait concrète. Pas besoin d’en faire une révolution pour y voir une proposition séduisante.
Je regarderais donc ce que le mode RAW permet réellement avant de m’enthousiasmer pour sa présence sur la fiche technique. Le format compte ; le matériel nécessaire pour l’exploiter compte tout autant.
Et ce matériel ne se résume pas au support d’enregistrement.
Le viseur : un détail jusqu’au moment de composer son kit
Une petite différence entre les versions de la fuite mérite l’attention : le texte transmis indique un viseur optionnel, tandis que la page consultée mentionne simplement un EVF. Il serait prématuré d’en déduire un viseur intégré.
Les Sigma fp et fp L proposaient déjà le viseur électronique EVF-11 en accessoire. Un viseur séparé aurait donc un précédent dans cette gamme, sans que cela confirme la configuration d’une éventuelle fp II.
La modularité me convient. Un prix de départ qui ne raconte qu’une partie de la configuration, beaucoup moins. Reste à savoir ce que Sigma inclurait réellement.
Si le viseur est vendu séparément, les quelque 2 500 dollars évoqués ne suffiront pas à évaluer le coût d’un ensemble qui en serait équipé. La fuite ne précise ni le contenu d’un éventuel kit ni un tarif européen.
Cela ne rendrait pas la caméra moins intéressante. Un utilisateur qui n’a pas besoin de viseur pourrait justement préférer ne pas le payer. L’essentiel serait de pouvoir comparer les configurations sans confondre le prix du boîtier et celui de l’ensemble souhaité.
Un accessoire n’est pas forcément un manque. Tout dépend de ce que l’on veut emporter.

Sigma fp II : Vingt-quatre mégapixels ? Ce n’est pas là que se joue le match.
Le fp L dispose d’environ 61 mégapixels ; le fp original, d’environ 24,6 mégapixels. La définition supposée de la fp II la rapprocherait donc du premier fp, sans permettre d’identifier le capteur employé.
Faut-il y voir un recul ? Pas sur ce seul chiffre.
Pour une caméra annoncée comme très orientée cinéma, je choisirais d’examiner les modes vidéo avant de comparer les définitions photographiques. C’est une question de priorité, pas une façon d’excuser une fiche technique encore inconnue.
L’open gate figure parmi les fonctions évoquées, mais sans résolution ni cadence détaillées. La stabilisation mécanique du capteur reste également une interrogation : l’auteur dit ne pas savoir si le boîtier disposerait de l’IBIS.
Quelle limitation accepteriez-vous le moins : une définition photographique plus modeste ou un mode vidéo qui vous oblige à modifier votre configuration ?
La réponse ne sera pas la même pour tout le monde. Une caméra spécialisée n’a pas à satisfaire tous les usages. En revanche, ses possibilités et ses limites doivent être suffisamment claires pour que chacun sache si elle lui convient.
Avant de lui désigner un adversaire, il faudrait déjà savoir à quels tournages elle se destine.
La comparaison avec Sony arrive avant les réponses
L-Rumors présente la fp II comme une possible concurrente du Sony FX5 à moitié prix. Dans le même texte, l’auteur suppose que Sony conserverait un avantage sur le RAW interne, tout en reconnaissant ignorer les caractéristiques exactes du Sigma.
Le rapprochement donne une idée du positionnement tarifaire envisagé par l’auteur. Il ne permet pas encore de comparer les performances. Pour cela, il manque justement les détails d’enregistrement que la source dit ne pas connaître.
Sigma n’a pas besoin de gagner un duel imaginé avant l’annonce.
La proposition serait déjà forte si cette fp II élargissait les possibilités de tournage sans imposer une configuration plus complexe. Voilà pourquoi je regarderais d’abord les conditions d’enregistrement, les accessoires nécessaires et le coût de l’ensemble. Une comparaison avec une autre marque viendrait ensuite, lorsque les caractéristiques seraient connues.
La compacité du boîtier n’est que la moitié de l’histoire. L’autre, c’est l’encombrement du matériel avec lequel on tourne réellement.
Si Sigma annonce cette fp II, je regarderai d’abord ce qu’elle permet de filmer sans alourdir la préparation. Une réponse convaincante sur ce point m’intéresserait davantage qu’une victoire proclamée contre Sony.

