Photoshop 2026 : trop d’IA, pas assez de photo ?

Anthony
Anthony - Rédacteur en chef
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Photoshop 2026 a introduit un Assistant IA conversationnel, Generative Remove et Expand, ainsi que l’espace de travail Firefly. Les nouveaux outils sont impressionnants. Mais une partie de la communauté photo s’agace : une vidéo YouTube devenue une référence sur le sujet, intitulée « PHOTOSHOP 2026 : Tout pour l’IA, rien pour les photographes ? », a réuni près de 7 000 vues depuis sa publication. Entre l’enthousiasme des uns et la frustration des autres, où se situe la vérité ?

Article mis à jour le 18 août 2026.

Ce que Photoshop 2026 apporte de nouveau

Adobe a concentré ses efforts sur trois axes pour la version 2026 :

Assistant IA conversationnel. Décrivez en langage naturel ce que vous voulez modifier : « enlève le filigrane », « remplace le ciel par un coucher de soleil », « agrandis le cadre vers la droite ». Photoshop interprète la demande et exécute. Depuis son lancement en bêta publique le 10 mars 2026, cet assistant n’est disponible que sur Photoshop web et mobile (iOS/Android) — sur desktop, il faut encore passer par les outils IA individuels (Generative Fill, Supprimer, Sélectionner le sujet) via les panneaux habituels. Adobe n’a pas communiqué de calendrier pour une extension au desktop.

Generative Remove / Expand. La version 2025 avait introduit le Generative Fill. 2026 passe à l’étape suivante : Remove supprime un élément sans avoir à le sélectionner. Expand agrandit le cadre en générant le contenu manquant de manière cohérente. Depuis mars 2026, ces outils tournent sur le moteur Firefly Image 4, avec une sortie native en 2K qui réduit nettement l’« effet bouillie » constaté sur les générations précédentes — notre article sur les nouveautés Photoshop 2026 détaille ce bond de qualité sur les calques et le rendu génératif.

Espace de travail Firefly. Un mode dédié aux créations IA avec des prompts optimisés, un historique des générations et la possibilité de mixer plusieurs résultats.

Ce qui fâche les photographes

Les critiques sont légitimes. Pendant qu’Adobe investit massivement dans l’IA générative, des fonctionnalités de retouche photo de base ont stagné en début d’année 2026 :

FonctionnalitéAttenteRéalité au lancement 2026
Réduction de bruitAmélioration de l’IAInchangé depuis 2023
Colorimétrie / CalibrationOutils proPas de nouveautés
Dématriçage RAWMoteur amélioréLightroom fait mieux
Performance sur fichiers 60 MPOptimiséToujours lent
Sélection des cheveuxPrécision accrueIdentique à 2025*
Flux de travail tétonsAmélioréNégligé

*Corrigé depuis avec la mise à jour 27.6 d’avril 2026 — voir plus bas.

Le débat est résumé par une phrase qui revient sur les forums : « Adobe a transformé un outil de retouche photo en usine à images générées ». Sur le seul terrain du dématriçage RAW et du débruitage, ce ne sont d’ailleurs ni Lightroom ni Photoshop qui font référence, mais DxO PhotoLab, dont le moteur DeepPRIME XD3 reste la benchmark du secteur (voir la section Alternatives).

Cas concret : où l’IA aide vraiment

Mettons de côté le débat idéologique et testons sur des situations réelles.

Effacer un touriste. Une photo de rue gâchée par un passant. Avec l’ancien Photoshop : outil Tampon, 5 minutes de travail, résultat correct 70 % du temps. Avec Generative Remove 2026 (Suppression générative 2026) : quelques secondes, cercle autour du touriste, remplissage par IA. Résultat impeccable la grande majorité du temps, avec un gain de temps massif — même si les groupes de personnes se chevauchant restent plus difficiles à traiter proprement.

Remplacer un ciel. Un paysage avec un ciel gris. Ancienne méthode : sélection complexe, dégradé, incrustation. Nouvelle méthode : « remplace le ciel par un ciel nuageux de fin d’après-midi ». Quelques secondes, avec une bonne pratique à respecter : toujours comparer avant/après à 100 % sur la ligne d’horizon, car le moteur peut produire des incohérences sur les scènes à éclairage latéral fort (coucher de soleil, orage).

Agrandir un cadre. Un portrait trop serré qui aurait mérité 20 % de champ en plus. Expand génère le contenu manquant, fond et vêtements compris, sans déformation. Ce qui était impossible avant devient un clic.

Tutoriels pas à pas : 4 scénarios concrets

Pour aller au-delà de la théorie, voici comment utiliser réellement ces outils, avec les pièges à éviter.

Scénario 1 — Effacer une personne avec l’Assistant IA (Photoshop web)

L’Assistant IA n’existe que sur photoshop.adobe.com et sur mobile, pas sur l’application desktop.

Ouvrez votre photo sur Photoshop web et ouvrez le panneau Assistant IA (icône de bulle de dialogue).

Tapez une instruction précise, par exemple : « Supprime la personne qui se trouve sur la gauche du cadre ».

L’assistant enchaîne automatiquement Sélectionner le sujet, puis l’outil Supprimer alimenté par Firefly, et remplit la zone avec un fond cohérent.

Si le résultat présente un artefact (texture de sol mal reconstituée, ombre résiduelle), affinez avec une seconde instruction : « La zone au sol est trop lisse, ajoute une texture de pavés ».

Téléchargez le fichier en JPEG ou PSD depuis le menu de partage.

Piège à éviter : sur les scènes avec plusieurs personnes qui se chevauchent, l’assistant sélectionne parfois le mauvais sujet. Précisez la position (« à gauche », « au premier plan ») plutôt qu’une description physique.

Scénario 2 — Supprimer un élément parasite avec Generative Remove (desktop)

Sur desktop, pas d’assistant conversationnel : on passe par la barre contextuelle.

Sélectionnez la zone à traiter avec le Lasso, ou faites Ctrl/Cmd+A pour laisser l’IA analyser toute l’image.

Dans la barre contextuelle, cliquez sur Supprimer (pas Generative Fill, qui sert à remplacer par autre chose).

Laissez le champ de description vide si vous voulez juste faire disparaître l’élément, puis cliquez sur Générer.

Photoshop propose une seule variante pour Remove (contrairement à Fill, qui en propose trois). Si le résultat ne convient pas, régénérez.

Pour les éléments complexes (grillage, fil électrique fin), privilégiez le modèle Firefly Image 5 dans le sélecteur de modèle : il conserve mieux les détails environnants que les versions précédentes, au prix d’environ 10 crédits génératifs par génération.

Piège à éviter : la fonction de détection automatique des distractions (ajoutée en avril 2026) repère jusqu’à 26 types d’éléments indésirables, mais pas les grillages ni les structures fines répétitives — il faut alors repasser par une sélection manuelle et Generative Remove classique.

Scénario 3 — Agrandir un cadrage trop serré avec Generative Expand

Sélectionnez l’outil Rogner, puis passez en mode Générative dans la barre d’options.

Tirez les poignées de recadrage vers l’extérieur, dans la direction où vous voulez étendre l’image (par exemple vers le haut pour donner plus d’air à un portrait).

Laissez le champ de prompt vide pour une extension neutre, ou décrivez le contenu attendu : « prolonge le mur en briques et le trottoir ».

Cliquez sur Générer : Photoshop propose trois variantes dans le panneau Propriétés.

Choisissez la variante la plus cohérente avec la lumière et la perspective d’origine. Si la transition est visible, sélectionnez uniquement la zone de jonction avec le Lasso et régénérez sur cette zone seule pour l’harmoniser.

Piège à éviter : sur les visages proches du bord du cadre, l’Expand peut légèrement déformer une oreille ou une mèche de cheveux. Zoomez à 100 % sur les bords générés avant de valider.

Scénario 4 — Faire pivoter un objet en 3D avec Rotate Object (nouveauté avril 2026)

Cette fonction, disponible depuis la version 27.6, s’appuie sur la technologie 3D Gaussian Splatting pour reconstruire un objet en volume à partir d’une image 2D.

Convertissez l’image en 8 bits si nécessaire (Image > Mode > 8 bits) : Rotate Object ne fonctionne qu’en 8 bits pour l’instant.

Sélectionnez le sujet à faire pivoter (Sélection > Sujet), puis dupliquez-le sur un nouveau calque (Ctrl/Cmd+J).

Allez dans Édition > Pivoter l’objet, ou cliquez sur le bouton Transformer dans la barre contextuelle. Photoshop crée un « objet rotatif » identifiable par une icône spéciale dans le panneau Calques.

Ajustez la rotation, l’inclinaison, la perspective et l’éloignement via la barre contextuelle ou le panneau Propriétés. L’aperçu s’affiche en basse résolution pendant la manipulation ; le rendu final en haute résolution se calcule à la validation.

Utilisez ensuite Harmoniser pour corriger automatiquement la couleur et générer une ombre cohérente avec la scène d’accueil.

Piège à éviter : un léger liseré peut apparaître sur les contours de l’objet pivoté ; la fonction Harmoniser réduit ce défaut mais ne l’élimine pas toujours à 100 %. Comptez environ 20 crédits génératifs par opération.

Cas concret : où l’IA ne sert à rien

Retouche fine des tons chair. Le rendu IA est souvent trop lisse, trop « parfait ». Pour un portrait professionnel, le travail manuel reste indispensable.

Correction de distorsion optique. Les profils d’objectif Camera RAW existent depuis 20 ans et fonctionnent parfaitement. L’IA n’apporte rien, et pour ce type de correction, la base optique de DxO (plus de 81 000 combinaisons boîtier/objectif) reste d’ailleurs plus exhaustive que celle d’Adobe.

Masquage de précision. Sur des détails fins comme les cheveux, la fourrure ou la transparence, la sélection manuelle avec l’outil Plume ou le masquage par plage de couleurs donne des résultats plus prévisibles que l’IA — même si l’écart s’est réduit depuis la mise à jour d’avril (voir plus bas).

Lightroom contre Photoshop pour la retouche photo

TâcheLightroomPhotoshop
Développement RAW✅ Référence⚠️ Secondaire
Catalogue / Gestion
Retouche locale (pinceau, dégradé)❌ (trop complexe)
Détourage / Montage✅ Référence
IA générative⚠️ Basique✅ Puissant
Correction d’objectif

Le verdict est simple : si votre travail est à 80 % de la photo pure, c’est-à-dire exposition, couleur et recadrage, Lightroom reste meilleur et plus rapide. Photoshop intervient sur les 20 % qui nécessitent un montage, un détourage ou une retouche complexe.

La mise à jour d’avril 2026 : Rotate Object et autres ajustements

La version 27.6, sortie le 28 avril 2026, a apporté des améliorations bien accueillies par les utilisateurs qui réclamaient plus d’outils concrets :

  • Rotate Object : fait pivoter un élément dans un espace 3D directement depuis l’image 2D, en s’appuyant sur du 3D Gaussian Splatting. Fini les tâtonnements entre rotation, déformation et perspective. Le compositing gagne en rapidité et en naturel.
  • Détection des distractions : l’outil Supprimer repère désormais automatiquement jusqu’à 26 types d’éléments indésirables (personnes, fils, véhicules, barrières, végétation) et propose de les éliminer d’un clic.
  • Suppression des reflets : disponible directement dans Photoshop via Édition > Suppression des reflets, une fonction jusque-là réservée à Camera Raw (limitée aux fichiers 8 bits).
  • Sélection améliorée : l’outil de sélection des cheveux bénéficie d’une mise à jour de l’algorithme, avec des résultats plus précis sur les fonds complexes — ce qui corrige justement l’un des points faibles listés plus haut.
  • Performances : Adobe a optimisé le moteur de rendu pour les fichiers de 60 MP et plus. Les ralentissements sur les grandes toiles sont réduits, sans être totalement éliminés.

Ces améliorations montrent qu’Adobe écoute, mais que le rythme des corrections reste plus lent que la cadence des nouveautés IA.

Alternatives : l’écosystème réagit

La déception d’une partie de la communauté photo a nourri la concurrence, notamment chez les photographes qui cherchent une solution sans abonnement :

AlternativePrixForcesFaiblesses
Affinity Photo 274,99 € (achat unique, sans abonnement)Performant, licence à vieInterface moins intuitive, IA limitée
Capture One Pro24 €/moisColorimétrie référence, tetheringCher, courbe d’apprentissage raide
DxO PhotoLab 9149 € (Essential) à 239 € (Elite, achat unique)Débruitage DeepPRIME XD3 et corrections optiques inégalésPas de calques ni de montage, pas d’IA générative
DarktableGratuitOpen source, modules puissantsInterface vieillissante, pas d’IA
Pixelmator Pro59,99 € (achat unique, sans abonnement)Bon rapport qualité/prix MacMac uniquement

Pour un photographe qui n’utilise que 20 % des fonctions de Photoshop et qui souhaite sortir du modèle par abonnement, Affinity Photo ou Pixelmator peuvent largement suffire pour le montage. Pour ceux dont la priorité est la qualité du développement RAW plutôt que le compositing, DxO PhotoLab reste la référence, quitte à le combiner avec Photoshop pour les retouches lourdes. Pour ceux qui intègrent l’IA générative dans leur flux, par exemple pour le remplacement de ciel ou l’effacement génératif, Photoshop reste sans équivalent malgré ses défauts.

Faut-il mettre à jour ?

ProfilPhotoshop 2026Rester sur 2025
Photographe de paysage⚠️ Expand utile
Portraitiste studio⚠️ Remove utile
Photographe de mariage✅ Generative Remove = gain de temps massif
Graphiste / Monteur✅ Assistant IA utile (web/mobile)
Débutant / Passionné✅ Les outils IA compensent le manque de technique⚠️
Puriste de la retouche manuelle

Verdict

Photoshop 2026 est un excellent outil d’IA générative et un bon outil de retouche photo. Le déséquilibre entre les deux a été réel au lancement, mais la mise à jour d’avril montre qu’il ne justifie pas la panique. Les outils IA font gagner du temps sur les tâches répétitives, comme effacer, remplacer ou agrandir. Ce qui reste du domaine du photographe — la couleur, la lumière, la composition — n’a pas été touché par l’IA. Et c’est tant mieux.

Si vous faites de la photo pure sans montage, restez sur Lightroom + Photoshop 2025, ou envisagez une alternative sans abonnement comme Affinity Photo ou DxO PhotoLab selon que votre priorité soit le montage ou le développement RAW. Si vous avez besoin de gagner du temps sur les retouches lourdes, comme le mariage, l’événementiel ou le portrait, la mise à jour 2026 se rentabilise vite. Pour aller plus loin sur les nouveautés purement techniques (calques Camera Raw, Firefly en 2K, Dynamic Text), consultez notre dossier complet sur les nouveautés Photoshop 2026.

Mis à jour le 18 août 2026. Fonctionnalités décrites basées sur Photoshop 2026, versions 25.x à 27.6. Abonnement Creative Cloud : 26,49 €/mois (Photographie) ou 70,99 €/mois (Tout Creative Cloud).

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Rédacteur en chef
Anthony n'est pas "passionné de photographie" comme on l'est de yoga ou de batch cooking. C'est un autodidacte qui a construit son œil en dehors des écoles, ce qui signifie qu'il a commis des erreurs que les formations évitent soigneusement d'enseigner et qu'il en a tiré une grammaire visuelle qui lui appartient vraiment. Sa signature tient en trois obsessions : compositions qui respirent, couleurs qui ne crient pas, textures qu'on a envie de toucher à travers l'écran. Sur Pixfan, il partage non pas pour "inspirer" (ce mot ne veut plus rien dire), mais pour montrer les coulisses sans filtre, les ratés, les objectifs vintage qui déçoivent, le workflow qui a failli le rendre fou avant de devenir une évidence.
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