Le Hasselblad Natural Colour Solution, souvent abrégé HNCS, est le système de rendu couleur propriétaire qui contribue au rendu si reconnaissable des appareils Hasselblad : couleurs naturelles, tons de peau équilibrés, transitions tonales douces et hautes lumières progressives.
- En bref
- Qu’est-ce que le Hasselblad Natural Colour Solution ?
- Une logique différente des profils classiques
- Pourquoi le rendu Hasselblad est-il si reconnaissable ?
- Quand le HNCS est-il appliqué aux fichiers 3FR ?
- Comment fonctionne le pipeline HNCS dans Phocus ?
- Vue simplifiée du rendu HNCS
- Matrices d’illuminants
- LUT de correction chromatique
- Courbe de film Hasselblad
- Pourquoi la balance des blancs modifie le rendu HNCS ?
- Balance des blancs dans Phocus
- Pourquoi cela change le workflow
- Faut-il éviter la balance des blancs automatique ?
- Recommandation pratique
- HNCS vs profil Lightroom : quelle différence ?
- HNCS dans Phocus, Lightroom et Capture One : quelles différences ?
- Faut-il développer ses fichiers Hasselblad dans Phocus ou Lightroom ?
- Workflow recommandé : Phocus puis Photoshop ou Lightroom
- Quand rester uniquement dans Phocus ?
- Quand passer dans Lightroom ou Photoshop ?
- Les presets Phocus changent-ils le rendu couleur HNCS ?
- Hasselblad RGB et L*RGB : quels espaces couleur utilise Phocus ?
- HNCS et HDR Hasselblad : deux traitements différents
- Peut-on reproduire le rendu HNCS avec une autre marque ?
- Limites et précautions à connaître
- Les détails internes ne sont pas entièrement publics
- Le RAW contient aussi des métadonnées
- Phocus n’est pas le meilleur outil pour tout
- Le rendu Hasselblad dépend aussi de la prise de vue
- Bonnes pratiques pour tirer le meilleur du HNCS
- 1. Commencer le développement dans Phocus
- 2. Régler la balance des blancs avant export
- 3. Exporter en TIFF 16 bits
- 4. Utiliser une balance fixe pour les séries
- 5. Ne pas confondre preset et science couleur
- 6. Comparer avec méthode
- FAQ sur le Hasselblad Natural Colour Solution
- Qu’est-ce que le Hasselblad Natural Colour Solution ?
- HNCS est-il appliqué à la prise de vue ?
- Le HNCS est-il un profil ICC ?
- Le HNCS est-il un profil Lightroom ?
- Peut-on retrouver le rendu HNCS dans Lightroom ?
- Capture One utilise-t-il le HNCS ?
- Pourquoi les couleurs Hasselblad sont-elles différentes ?
- Pourquoi Phocus et Lightroom ne donnent-ils pas le même rendu ?
- Quelle balance des blancs utiliser avec HNCS ?
- Peut-on exporter le rendu HNCS depuis Phocus ?
- Peut-on reproduire HNCS avec une autre marque ?
- HNCS et HDR Hasselblad, est-ce la même chose ?
- Faut-il absolument utiliser Phocus avec un Hasselblad ?
- Quel est le meilleur workflow pour conserver le rendu Hasselblad ?
- Pour conclure
Contrairement à un simple profil appliqué dans Lightroom ou Capture One, le HNCS repose sur une logique de développement propre à Hasselblad, principalement exploitée dans Phocus lors de l’interprétation des fichiers RAW 3FR. Il combine une gestion colorimétrique spécifique, des corrections dépendantes de la balance des blancs et une courbe de rendu caractéristique.
Dans cet article, nous allons voir ce qu’est le HNCS, comment il fonctionne dans Phocus, pourquoi un même fichier Hasselblad ne donne pas exactement le même rendu dans Lightroom ou Capture One, et comment organiser votre workflow pour conserver le rendu couleur Hasselblad.
En bref
Le Hasselblad Natural Colour Solution est le système propriétaire de rendu couleur de Hasselblad. Il intervient lors du développement des fichiers RAW 3FR dans Phocus et ne se limite pas à un simple profil ICC ou DCP exportable.
Le HNCS vise à produire des couleurs naturelles et cohérentes, quelle que soit la source lumineuse. Il s’appuie sur une interprétation colorimétrique spécifique, des corrections liées à la balance des blancs et une courbe de rendu propre à Hasselblad.
C’est pourquoi un même fichier Hasselblad peut présenter des couleurs, des ombres et des hautes lumières différentes selon qu’il est développé dans Phocus, Lightroom ou Capture One.
Qu’est-ce que le Hasselblad Natural Colour Solution ?
Le Hasselblad Natural Colour Solution est le système de gestion et de rendu des couleurs développé par Hasselblad pour ses appareils moyen format numériques.
Son objectif est simple à formuler, mais complexe à réaliser : produire une couleur naturelle, cohérente et prévisible, sans obliger le photographe à choisir entre plusieurs profils de rendu selon le sujet photographié.
Une logique différente des profils classiques
Dans de nombreux logiciels ou boîtiers, l’utilisateur choisit un profil de rendu : portrait, paysage, neutre, vivid, standard, film simulation, profil Adobe, profil caméra.
Hasselblad a historiquement adopté une autre approche : créer un système unique censé restituer les couleurs de manière équilibrée dans des situations lumineuses variées.
L’idée n’est donc pas de produire un rendu spectaculaire ou saturé par défaut, mais plutôt une base de travail stable, avec des tons de peau préservés, des couleurs saturées mais contrôlées, des ombres lisibles, une transition douce des hautes lumières et une sensation générale de naturel.
Pourquoi le rendu Hasselblad est-il si reconnaissable ?
Le rendu Hasselblad est souvent décrit comme doux, neutre, précis et très “organique”. Cette impression vient moins d’un effet visuel marqué que d’un ensemble de choix subtils : les rouges et oranges sont contenus pour éviter les tons de peau trop agressifs, les bleus et verts restent détaillés sans basculer trop vite dans la saturation, les hautes lumières montent progressivement, les transitions entre ombres, tons moyens et hautes lumières sont relativement fluides, et la colorimétrie cherche la cohérence plutôt que le contraste immédiat.
Ce rendu est particulièrement visible sur les fichiers issus des systèmes X1D, X2D, X2D II et des dos numériques Hasselblad utilisés en studio ou en reproduction.

Quand le HNCS est-il appliqué aux fichiers 3FR ?
Le point essentiel à comprendre est le suivant : le HNCS n’est pas “gravé” de manière destructive dans les données RAW au moment de la prise de vue.
Le fichier 3FR enregistré sur la carte contient les données brutes du capteur ainsi que des métadonnées de prise de vue. Ces métadonnées peuvent inclure, par exemple, la balance des blancs, les réglages de prévisualisation ou certaines informations nécessaires au développement.
En revanche, le rendu final est calculé au moment où le fichier est interprété par le logiciel RAW.
Le rôle central de Phocus
Dans le flux Hasselblad, c’est Phocus qui permet d’exploiter le rendu HNCS de la manière la plus fidèle.
Lorsque Phocus ouvre un fichier 3FR, il interprète les données capteur avec la logique colorimétrique Hasselblad. Cette interprétation n’est pas simplement une couche de couleur ajoutée à une image déjà développée : elle intervient dans la façon même dont le RAW est transformé en image visible.
C’est ce qui explique pourquoi un fichier 3FR peut avoir un rendu différent selon le logiciel utilisé.
| Logiciel | Interprétation du fichier 3FR | Accès au pipeline HNCS complet |
|---|---|---|
| Phocus | Rendu propriétaire Hasselblad | Oui |
| Lightroom | Interprétation Adobe Camera Raw | Non |
| Capture One | Interprétation Capture One | Non, sauf prise en charge spécifique limitée selon versions |
| Autres logiciels RAW | Interprétation propre au logiciel | Non |
Le rendu final le plus fidèle à la logique HNCS se joue donc principalement dans Phocus.
Comment fonctionne le pipeline HNCS dans Phocus ?
Hasselblad ne publie pas l’intégralité des détails internes du HNCS. Il faut donc distinguer deux niveaux d’information : ce que Hasselblad décrit officiellement, à savoir un système propriétaire destiné à produire une couleur naturelle et cohérente, et ce que des analyses techniques et comparaisons communautaires ont observé, c’est-à-dire une logique de rendu combinant matrices, corrections colorimétriques et courbe tonale spécifique.
La structure exacte du pipeline reste propriétaire, mais on peut en comprendre les grandes étapes.

Vue simplifiée du rendu HNCS
Voici une représentation simplifiée du flux de développement :
| Étape | Rôle probable dans le rendu |
|---|---|
| Données capteur 3FR | Lecture des valeurs RAW issues du capteur |
| Balance des blancs | Détermination de l’interprétation de la lumière |
| Matrice ou transform colorimétrique | Conversion des données capteur vers un espace couleur exploitable |
| Correction chromatique / LUT | Ajustement des relations entre teinte, saturation et luminance |
| Courbe de rendu Hasselblad | Gestion du contraste, des ombres et des hautes lumières |
| Image rendue | Résultat visible dans Phocus, exportable en TIFF ou JPEG |
Cette logique explique pourquoi le HNCS ne se comporte pas comme un simple preset. Il agit au cœur de l’interprétation du fichier RAW.
Matrices d’illuminants
Phocus semble utiliser une logique adaptative liée à la source lumineuse ou à la balance des blancs.
Dans un moteur RAW, une matrice colorimétrique sert à convertir les réponses du capteur en couleurs exploitables dans un espace de travail. Comme un capteur ne “voit” pas les couleurs comme l’œil humain, cette conversion est une étape fondamentale.
D’après certaines analyses communautaires, le comportement de Phocus suggère l’existence de plusieurs familles de matrices ou de transformations associées à différents types d’éclairage, par exemple tungstène, basse température de couleur, flash, lumière du jour et flash / daylight.
Ces termes ne doivent pas être lus comme une documentation officielle exhaustive. Hasselblad confirme le principe général d’un système propriétaire de rendu couleur, mais ne détaille pas publiquement toutes les matrices ou tous les transforms utilisés.
LUT de correction chromatique
Une LUT, pour Look-Up Table, est une table de correspondance utilisée pour transformer certaines valeurs de couleur en d’autres valeurs.
Dans le contexte HNCS, l’idée est de corriger ou d’affiner les relations entre la teinte, la saturation, la luminance, la source lumineuse et la réponse réelle du capteur. Ce type de correction permet d’éviter certains problèmes classiques du rendu numérique : des tons de peau trop rouges ou trop jaunes, des verts trop électriques, des bleus trop denses, des couleurs saturées qui se bloquent et des transitions artificielles entre zones de couleurs proches.
La force du rendu Hasselblad vient en partie de ces ajustements subtils, qui cherchent moins à “impressionner” qu’à produire une base fidèle et agréable à travailler.
Courbe de film Hasselblad
La courbe de rendu joue un rôle aussi important que la colorimétrie pure.
Une image RAW linéaire est généralement plate et peu agréable à regarder. Pour produire une image visible, il faut appliquer une courbe qui répartit les tons dans les ombres, dans les tons moyens et dans les hautes lumières.
La courbe Hasselblad contribue notamment au rendu des hautes lumières. Elle aide à obtenir un rolloff progressif, c’est-à-dire une transition douce vers les zones très lumineuses.
C’est l’une des raisons pour lesquelles les fichiers développés dans Phocus peuvent sembler plus doux ou plus naturels dans les hautes lumières que le même fichier ouvert avec un autre moteur RAW.
Pourquoi la balance des blancs modifie le rendu HNCS ?
La balance des blancs n’est pas seulement un curseur esthétique. Dans un pipeline RAW, elle influence la manière dont les données du capteur sont interprétées.
Dans Phocus, le choix de la balance des blancs peut modifier plus profondément le rendu qu’un simple déplacement température / teinte effectué après coup dans un autre logiciel.
Balance des blancs dans Phocus
Lorsque vous changez la balance des blancs dans Phocus, le logiciel ne se contente pas nécessairement de réchauffer ou refroidir l’image visible. Il peut relancer une partie de l’interprétation colorimétrique depuis les données RAW.
En pratique, cela signifie que deux réglages de balance des blancs peuvent produire des relations de couleurs légèrement différentes : les tons de peau ne réagissent pas exactement pareil, les verts peuvent changer de densité, les rouges peuvent être plus ou moins contenus, les ombres colorées peuvent évoluer et la saturation locale peut varier.
C’est subtil, mais important.
Pourquoi cela change le workflow
Un réglage de balance des blancs effectué dans Phocus avant export ne produit pas toujours le même résultat qu’une correction équivalente appliquée ensuite dans Lightroom ou Capture One sur un TIFF déjà rendu.
Dans le premier cas, vous travaillez encore au niveau de l’interprétation RAW. Dans le second, vous modifiez une image déjà calculée.
Conseil pratique
Si vous voulez conserver le rendu Hasselblad le plus cohérent possible, définissez la balance des blancs finale dans Phocus avant d’exporter votre fichier en TIFF ou JPEG.
Faut-il éviter la balance des blancs automatique ?
La balance des blancs automatique n’est pas mauvaise en soi. Elle peut très bien fonctionner, notamment en usage reportage ou voyage.
Mais pour une série homogène, elle peut introduire des variations d’un fichier à l’autre. Chaque image peut recevoir une interprétation légèrement différente selon la lumière détectée.
Pour un rendu plus stable, il est souvent préférable de choisir une balance des blancs fixe : lumière du jour, flash, tungstène, température Kelvin définie manuellement ou balance personnalisée sur charte grise.
Recommandation pratique
| Situation | Réglage conseillé | Pourquoi |
|---|---|---|
| Série studio au flash | Balance flash ou Kelvin fixe | Cohérence maximale entre les images |
| Portrait en lumière naturelle | Daylight ou Kelvin fixe | Tons de peau plus réguliers |
| Reproduction d’œuvre | Charte grise ou mire couleur | Fidélité colorimétrique prioritaire |
| Reportage lumière mixte | Auto possible | Souplesse plus importante que cohérence parfaite |
| Workflow Phocus puis Lightroom | WB finale dans Phocus | Préserve l’interprétation HNCS avant export |
HNCS vs profil Lightroom : quelle différence ?
Le HNCS est souvent comparé à un profil Lightroom, mais cette comparaison est réductrice.
Un profil Lightroom sert à interpréter les couleurs d’un fichier RAW dans le moteur Adobe Camera Raw. Le HNCS, lui, correspond à une logique propriétaire plus large, utilisée dans Phocus pour développer les fichiers Hasselblad.
Comparaison synthétique
| Élément | HNCS dans Phocus | Profil Lightroom |
|---|---|---|
| Nature | Pipeline propriétaire de rendu couleur | Profil de rendu dans le moteur Adobe |
| Logiciel principal | Phocus | Lightroom / Adobe Camera Raw |
| Fichiers concernés | RAW Hasselblad 3FR / FFF selon modèles | RAW compatibles Adobe |
| Balance des blancs | Peut influencer l’interprétation colorimétrique globale | Ajustement dans le moteur Adobe |
| Exportable comme profil complet | Non | Non applicable hors environnement compatible |
| Rendu typique | Couleurs naturelles, transitions douces | Dépend du profil Adobe choisi |
| Contrôle utilisateur | Plus limité mais cohérent | Plus flexible et intégré au workflow Adobe |
La différence principale est donc la suivante : Lightroom applique son propre moteur de développement, tandis que Phocus applique la logique couleur Hasselblad.
HNCS dans Phocus, Lightroom et Capture One : quelles différences ?
Un même fichier 3FR peut être ouvert dans plusieurs logiciels, mais cela ne signifie pas qu’il sera développé de la même manière.
Chaque moteur RAW prend des décisions différentes : dématriçage, réduction du bruit, netteté par défaut, contraste initial, gestion des hautes lumières, conversion colorimétrique, courbe tonale et rendu des saturations.
Phocus
Phocus est le logiciel de développement RAW de Hasselblad. Son principal intérêt est de fournir l’interprétation couleur la plus proche de la philosophie HNCS.
Ses points forts : rendu couleur Hasselblad, transitions tonales douces, cohérence sur les fichiers 3FR, bonne gestion des tons de peau, intégration avec les métadonnées Hasselblad et export TIFF 16 bits pour post-production.
Ses limites : interface moins moderne que Lightroom, outils de catalogage plus limités, fonctions de masquage moins avancées, flux de travail parfois plus lent et moins d’automatisations IA que les suites Adobe récentes.
Lightroom
Lightroom est très puissant pour l’organisation, les corrections locales, les masques et les workflows rapides. Il peut ouvrir de nombreux fichiers RAW Hasselblad selon les modèles pris en charge par Adobe.
Mais Lightroom n’utilise pas le pipeline HNCS complet. Il interprète le fichier selon le moteur Adobe.
Ses points forts incluent un excellent catalogage, des masques avancés, une retouche locale rapide, une intégration Photoshop, une synchronisation cloud ainsi que de nombreux profils et presets.
Ses limites pour les fichiers Hasselblad résident dans le fait que le rendu est différent de celui de Phocus, que les couleurs sont parfois moins proches du rendu Hasselblad attendu, que les hautes lumières et les ombres sont interprétées différemment, ce qui impose la nécessité d’ajuster davantage le fichier pour retrouver un rendu naturel.
Capture One
Capture One est réputé pour son rendu couleur, son travail en studio connecté et ses outils professionnels. Selon les versions et les modèles, il peut prendre en charge certains fichiers Hasselblad.
Cependant, même lorsqu’un fichier Hasselblad est compatible, Capture One applique sa propre interprétation colorimétrique. Le pipeline HNCS complet reste lié à Phocus et n’est pas exposé comme un profil statique réutilisable.
Ses points forts incluent un excellent contrôle des couleurs, des outils de studio avancés, des calques et masques puissants, un rendu très personnalisable ainsi qu’une bonne gestion des sessions.
Ses limites dans ce contexte résident dans le fait que le rendu est différent de celui de Phocus, que le pipeline HNCS complet est absent et qu’il est nécessaire de créer son propre style de rendu si l’on cherche à s’approcher du look Hasselblad.
Tableau comparatif
| Critère | Phocus | Lightroom | Capture One |
|---|---|---|---|
| Rendu HNCS complet | Oui | Non | Non |
| Catalogage | Limité | Excellent | Bon |
| Masques locaux | Limités | Très avancés | Avancés |
| Rendu couleur par défaut | Hasselblad | Adobe | Capture One |
| Workflow studio | Bon | Correct | Excellent |
| Courbe d’apprentissage | Moyenne | Facile à moyenne | Moyenne à élevée |
| Meilleur usage | Couleur Hasselblad authentique | Workflow rapide et complet | Studio, couleur avancée, sessions |
Faut-il développer ses fichiers Hasselblad dans Phocus ou Lightroom ?
Le meilleur choix dépend de votre priorité.
Si votre priorité est le rendu couleur Hasselblad le plus fidèle, commencez par Phocus. Si votre priorité est la vitesse, le catalogage, les masques et l’intégration avec Photoshop, Lightroom reste plus confortable.
Workflow recommandé : Phocus puis Photoshop ou Lightroom
Un flux hybride fonctionne très bien :
- Importer les fichiers 3FR dans Phocus.
- Régler l’exposition de base.
- Définir la balance des blancs finale.
- Ajuster le rendu global.
- Exporter en TIFF 16 bits.
- Finaliser dans Photoshop, Lightroom ou Capture One.
Ce flux permet de préserver l’interprétation HNCS au départ, tout en profitant ensuite d’outils de retouche plus avancés.
Quand rester uniquement dans Phocus ?
Phocus suffit souvent si vous faites :
- reproduction d’œuvres ;
- photographie de produit simple ;
- portrait avec retouche légère ;
- paysage avec rendu naturel ;
- archivage ou export propre ;
- séries où la cohérence couleur prime.
Quand passer dans Lightroom ou Photoshop ?
Lightroom ou Photoshop deviennent utiles si vous avez besoin de :
- masques complexes ;
- retouche peau avancée ;
- suppression d’objets ;
- empilement ;
- correction locale précise ;
- catalogage massif ;
- export multi-formats ;
- automatisation de séries.
Les presets Phocus changent-ils le rendu couleur HNCS ?
Les presets Phocus peuvent prêter à confusion. Leurs noms — Standard, Nature, Portrait, Product, Square Crop — donnent l’impression qu’ils modifient profondément la science couleur.
En pratique, ces presets agissent surtout sur des paramètres de rendu comme la netteté, la courbe de tonalité ou le recadrage. Ils ne doivent pas être confondus avec des pipelines couleur entièrement différents.
Presets courants dans Phocus
| Preset | Effet principal | Usage typique |
|---|---|---|
| Standard | Rendu neutre de départ | Usage général |
| Nature | Courbe plus contrastée | Paysage, extérieur |
| Portrait | Netteté plus douce | Portrait, peau |
| Product | Netteté plus élevée | Produit, studio |
| Square Crop | Recadrage carré | Composition carrée |
Choisir “Nature” ne signifie donc pas que Phocus applique une autre science couleur. Le rendu sous-jacent reste lié à la logique HNCS, mais certains paramètres de tonalité ou de netteté peuvent changer.
Conseil pratique
Choisissez votre preset Phocus au début du développement. Selon le comportement du logiciel et les réglages utilisés, changer de preset après coup peut réinitialiser ou modifier certains ajustements déjà effectués.
Hasselblad RGB et L*RGB : quels espaces couleur utilise Phocus ?
Le rendu HNCS s’inscrit dans une gestion couleur plus large. Phocus peut travailler avec des espaces couleur adaptés aux fichiers Hasselblad, notamment Hasselblad RGB et L*RGB.
Hasselblad RGB
Le Hasselblad RGB est un espace de travail conçu pour préserver les couleurs issues des fichiers Hasselblad. Il offre un gamut large, adapté à la retouche de fichiers moyen format.
Il permet de conserver davantage d’informations colorimétriques qu’un espace trop étroit, surtout avant conversion finale vers :
- sRGB pour le web ;
- Adobe RGB pour certains usages photo ;
- ProPhoto RGB pour un flux de retouche large gamut ;
- profil ICC d’impression ;
- espace spécifique de reproduction.
L*RGB
Le L*RGB est un espace plus spécialisé, utile pour les applications exigeantes :
- musées ;
- reproduction d’œuvres ;
- archives ;
- photographie scientifique ;
- patrimoine ;
- objets très saturés ;
- conditions lumineuses difficiles.
Son intérêt est de préserver un maximum d’informations dans des situations où les couleurs peuvent dépasser les espaces de travail classiques.
Quel espace choisir ?
| Usage | Espace recommandé | Pourquoi |
|---|---|---|
| Web | sRGB à l’export | Compatibilité maximale |
| Retouche photo classique | Hasselblad RGB ou ProPhoto RGB | Préserve une large plage de couleurs |
| Impression fine art | Adobe RGB, ProPhoto RGB ou profil imprimeur | Selon le flux d’impression |
| Reproduction d’œuvres | L*RGB ou espace recommandé par le prestataire | Gamut très large |
| Export vers Lightroom / Photoshop | TIFF 16 bits large gamut | Plus de marge en post-production |
Le point important est de ne pas réduire trop tôt le fichier à un espace étroit comme sRGB si vous prévoyez une retouche avancée.
HNCS et HDR Hasselblad : deux traitements différents
Le HNCS et le HDR ne désignent pas la même chose.
Le HNCS concerne principalement la couleur et le rendu tonal de base. Le HDR, lui, concerne la gestion d’une plage dynamique étendue, c’est-à-dire la capacité à conserver davantage de détails dans les ombres et les hautes lumières.
Comment les deux interagissent
Le pipeline HDR peut s’appuyer sur la logique couleur Hasselblad, mais il répond à une autre problématique qui consiste à préserver les hautes lumières, déboucher les ombres, équilibrer les contrastes extrêmes et produire un fichier exploitable sur écran HDR ou en post-production.
Même en HDR, la balance des blancs reste importante. Elle influence l’interprétation couleur et peut modifier le rendu final.
À retenir
| Élément | HNCS | HDR |
|---|---|---|
| Fonction principale | Rendu couleur naturel | Plage dynamique étendue |
| Domaine | Colorimétrie et tonalité | Contraste et luminosité |
| Logiciel | Phocus / système Hasselblad | Pipeline HDR selon modèle et logiciel |
| Impact de la balance des blancs | Important | Important également |
| Objectif | Couleurs cohérentes | Détails dans ombres et hautes lumières |
HNCS et HDR peuvent donc coexister, mais ils ne remplacent pas l’un l’autre.
Peut-on reproduire le rendu HNCS avec une autre marque ?
Il est possible de s’approcher visuellement du rendu Hasselblad avec d’autres boîtiers, mais il est très difficile de le reproduire exactement.
Un rendu couleur ne dépend pas seulement d’une LUT appliquée en fin de traitement. Il dépend aussi :
- du capteur ;
- des filtres couleur devant le capteur ;
- du profil de dématriçage ;
- des matrices colorimétriques ;
- de la courbe tonale ;
- du logiciel RAW ;
- de la balance des blancs ;
- de la gestion des saturations ;
- du comportement dans les hautes lumières.
Ce que l’on peut imiter
Avec un fichier Nikon, Sony, Canon, Fujifilm ou Leica, on peut chercher un rendu proche en travaillant :
- la courbe des hautes lumières ;
- la saturation des rouges et oranges ;
- la luminance des verts ;
- la douceur du contraste ;
- les tons moyens ;
- la séparation des couleurs ;
- la balance des blancs ;
- des profils personnalisés.
Ce que l’on ne peut pas copier exactement
On ne peut pas exporter le HNCS comme un simple profil universel. Le pipeline complet reste propriétaire et lié à l’interprétation des fichiers Hasselblad dans Phocus.
On peut donc créer un “look inspiré de Hasselblad”, mais pas une reproduction exacte du HNCS sur n’importe quel boîtier.
Limites et précautions à connaître
Le HNCS est un élément important du rendu Hasselblad, mais il ne faut pas le transformer en explication magique. Le rendu final dépend toujours de plusieurs facteurs.
Les détails internes ne sont pas entièrement publics
Hasselblad communique sur la philosophie et les bénéfices du HNCS, mais ne documente pas publiquement tous les détails techniques du pipeline.
Les mentions de matrices, d’illuminants ou de LUT reposent en partie sur des observations techniques, des comparaisons de rendu et des analyses communautaires. Elles sont utiles pour comprendre le comportement du système, mais ne remplacent pas une documentation officielle complète.
Le RAW contient aussi des métadonnées
Dire que le HNCS n’est pas appliqué de manière destructive à la capture ne signifie pas que le fichier 3FR ne contient aucune information de prise de vue.
Un fichier RAW peut conserver :
- balance des blancs ;
- réglages boîtier ;
- informations d’objectif ;
- aperçu JPEG ;
- données de correction ;
- métadonnées d’exposition ;
- informations nécessaires au logiciel de développement.
Ces données peuvent influencer la première interprétation affichée par le logiciel.
Phocus n’est pas le meilleur outil pour tout
Phocus est très pertinent pour obtenir le rendu couleur Hasselblad. En revanche, il est généralement moins confortable que Lightroom, Photoshop ou Capture One pour certaines tâches :
- masquage avancé ;
- retouche locale complexe ;
- catalogage massif ;
- synchronisation cloud ;
- outils IA ;
- correction sélective rapide ;
- flux collaboratif.
Son atout principal reste la couleur, pas forcément l’ergonomie générale.
Le rendu Hasselblad dépend aussi de la prise de vue
Même avec HNCS, une bonne couleur commence à la capture :
- exposition correcte ;
- lumière de qualité ;
- balance des blancs cohérente ;
- absence de mélange lumineux incontrôlé ;
- optique adaptée ;
- gestion des reflets ;
- utilisation éventuelle d’une charte couleur.
Le HNCS peut magnifier un bon fichier, mais il ne compense pas tous les problèmes de lumière.
Bonnes pratiques pour tirer le meilleur du HNCS
Voici les recommandations les plus utiles pour exploiter correctement le rendu couleur Hasselblad.
1. Commencer le développement dans Phocus
Si vous recherchez le rendu Hasselblad authentique, commencez par Phocus plutôt que par Lightroom ou Capture One.
Même si vous finalisez ensuite dans un autre logiciel, le premier rendu dans Phocus permet de bénéficier de la logique HNCS.
2. Régler la balance des blancs avant export
La balance des blancs doit être réglée avant l’export TIFF ou JPEG, surtout si vous voulez conserver la cohérence du rendu.
Évitez de repousser cette décision à une étape ultérieure dans Lightroom, sauf si vous acceptez de travailler sur une image déjà interprétée.
3. Exporter en TIFF 16 bits
Pour conserver un maximum d’informations, exportez en :
- TIFF ;
- 16 bits ;
- espace couleur large ;
- compression non destructive ou sans compression selon votre flux.
Cela offre plus de souplesse pour la retouche finale.
4. Utiliser une balance fixe pour les séries
Pour un shooting portrait, produit ou reproduction, évitez si possible la balance automatique sur toute la série.
Une balance fixe permet une cohérence plus forte entre les images.
5. Ne pas confondre preset et science couleur
Les presets Phocus modifient surtout des paramètres de rendu, de netteté ou de tonalité. Ils ne remplacent pas le pipeline HNCS.
Choisissez-les comme point de départ, pas comme une transformation colorimétrique indépendante.
6. Comparer avec méthode
Si vous comparez Phocus, Lightroom et Capture One, faites-le proprement :
- même fichier RAW ;
- même exposition de départ ;
- balance des blancs équivalente ;
- profils par défaut identifiés ;
- corrections automatiques désactivées si nécessaire ;
- export dans le même espace couleur ;
- comparaison sur écran calibré.
Sinon, on compare souvent autant les réglages par défaut que les moteurs RAW eux-mêmes.
FAQ sur le Hasselblad Natural Colour Solution
Qu’est-ce que le Hasselblad Natural Colour Solution ?
Le Hasselblad Natural Colour Solution, ou HNCS, est le système propriétaire de rendu couleur de Hasselblad. Il vise à produire des couleurs naturelles, cohérentes et équilibrées lors du développement des fichiers RAW Hasselblad, notamment dans Phocus.
HNCS est-il appliqué à la prise de vue ?
Pas de manière destructive dans les données RAW. Le fichier 3FR conserve les données capteur et des métadonnées de prise de vue. Le rendu HNCS est principalement appliqué lors de l’interprétation du RAW dans Phocus.
Le HNCS est-il un profil ICC ?
Non. Le HNCS ne se limite pas à un profil ICC. Il correspond à une logique de rendu plus complète, intégrée au développement RAW Hasselblad dans Phocus.
Le HNCS est-il un profil Lightroom ?
Non. Lightroom utilise son propre moteur RAW et ses propres profils. Il peut ouvrir certains fichiers Hasselblad selon les modèles pris en charge, mais il n’utilise pas le pipeline HNCS complet.
Peut-on retrouver le rendu HNCS dans Lightroom ?
Pas exactement. Vous pouvez tenter de vous rapprocher visuellement du rendu Hasselblad avec des réglages, des profils ou des presets, mais Lightroom n’a pas accès au pipeline HNCS complet utilisé par Phocus.
Capture One utilise-t-il le HNCS ?
Même lorsqu’un fichier Hasselblad est pris en charge dans Capture One, le rendu repose sur l’interprétation colorimétrique de Capture One. Le pipeline HNCS complet reste propriétaire et lié à Phocus.
Pourquoi les couleurs Hasselblad sont-elles différentes ?
Les couleurs Hasselblad sont différentes parce qu’elles résultent d’une combinaison entre le capteur, les filtres couleur, l’optique, le fichier RAW, le moteur de développement Phocus et le système HNCS. Le rendu vise une couleur naturelle, avec des transitions douces et des tons de peau équilibrés.
Pourquoi Phocus et Lightroom ne donnent-ils pas le même rendu ?
Phocus et Lightroom n’utilisent pas le même moteur RAW. Phocus applique la logique couleur Hasselblad, tandis que Lightroom interprète les fichiers avec Adobe Camera Raw. Les différences peuvent toucher les couleurs, les ombres, les hautes lumières, le contraste et la saturation.
Quelle balance des blancs utiliser avec HNCS ?
Pour une série cohérente, il est conseillé d’utiliser une balance des blancs fixe ou personnalisée. En studio, une balance flash ou une valeur Kelvin définie fonctionne bien. Pour la reproduction, une charte grise ou une mire couleur est préférable.
Peut-on exporter le rendu HNCS depuis Phocus ?
Oui, vous pouvez exporter une image rendue depuis Phocus en TIFF ou JPEG. En revanche, vous ne pouvez pas exporter le pipeline HNCS lui-même comme un profil réutilisable dans Lightroom, Capture One ou un autre logiciel RAW.
Peut-on reproduire HNCS avec une autre marque ?
On peut s’en inspirer, mais pas le reproduire exactement. Le HNCS dépend de la logique propriétaire Hasselblad, du moteur Phocus et de l’interprétation des fichiers RAW Hasselblad.
HNCS et HDR Hasselblad, est-ce la même chose ?
Non. Le HNCS concerne le rendu couleur et tonal. Le HDR concerne la plage dynamique et la capacité à préserver davantage de détails dans les ombres et les hautes lumières. Les deux peuvent interagir, mais ils ne désignent pas le même traitement.
Faut-il absolument utiliser Phocus avec un Hasselblad ?
Non, mais Phocus est recommandé si vous voulez obtenir le rendu couleur Hasselblad le plus fidèle. Lightroom ou Capture One peuvent être préférables pour le catalogage, les masques, la retouche locale ou un workflow plus rapide.
Quel est le meilleur workflow pour conserver le rendu Hasselblad ?
Le flux le plus sûr consiste à ouvrir le fichier 3FR dans Phocus, régler la balance des blancs et le rendu de base, puis exporter en TIFF 16 bits vers Photoshop, Lightroom ou Capture One pour la retouche finale.
Pour conclure
Le HNCS n’est pas une donnée figée dans le fichier 3FR mais un pipeline de rendu qui se déclenche à chaque ouverture dans Phocus, piloté directement par le réglage de balance des blancs, ce qui veut dire concrètement qu’un même RAW peut produire des rendus colorimétriques différents selon le moment où vous ajustez la balance des blancs et l’outil dans lequel vous le faites. Les fameux préréglages Standard, Nature, Portrait ou Product qu’on croit porteurs d’une couleur différente ne changent en réalité que la netteté et la courbe de tonalité, jamais la matrice colorimétrique sous-jacente, ce qui casse un mythe bien installé chez les utilisateurs Hasselblad.
Lightroom et Capture One n’appliquent pas une version dégradée du HNCS : ils tournent avec leur propre interprétation, sans accès à la matrice d’illuminant ni à la courbe filmique propriétaire, ce qui rend toute comparaison directe un peu absurde. Et la vraie règle de workflow n’est pas « réglez la balance des blancs avant export » en général, mais bien plus précise : réglez-la dans Phocus en premier, avant tout autre ajustement, sous peine de voir le logiciel réinitialiser exposition et recadrage au moindre changement de préréglage.

