Boîtier SSD USB4 : le ZIKE Z666 atteint 3000 Mo/s en externe, tests et comparatif

Anthony
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3000 Mo/s en stockage externe. Sur un boîtier à 110 euros. Branché sur un Mac via un câble USB-C.
La première fois que j’ai vu ce chiffre s’afficher dans BlackMagic Disk Speed Test, j’ai cru à une anomalie de mesure. J’ai relancé le test trois fois. Même résultat. Le ZIKE Z666 venait de redéfinir ce que je pensais savoir sur les limites d’un boîtier SSD USB4.

Ce que l’USB4 change — et que personne ne dit franchement

Pendant deux ans, j’ai conseillé des clients créatifs sur leurs setups de stockage. Pendant deux ans, j’ai vendu l’USB 3.2 Gen 2 comme « suffisant pour la 4K ». C’était une erreur de vision, pas d’analyse. Je m’étais habitué au plafond.

L’USB 3.2 Gen 2 vous donne environ 1000 Mo/s dans le meilleur des cas. Un vrai boîtier SSD USB4 à 40 Gb/s, lui, vous en donne trois à quatre fois plus — et surtout, il les tient dans la durée, pas uniquement sur les deux premières secondes de burst. C’est la différence entre regarder la barre de progression et ne plus y penser.

Concrètement, ça se traduit par quoi ? Transférer 10 Go de photos RAW en 3 secondes. Boucler un backup de 1 To en moins de 10 minutes. Monter directement depuis le disque externe sans ressentir la moindre latence.

Est-ce que vous avez vraiment mesuré combien de minutes par semaine vous perdez à surveiller des transferts qui n’en finissent pas ?

Boîtier SSD USB4

Le boîtier SSD USB4 40Gbps que j’ai mis à l’épreuve

Le ZIKE Z666 embarque la puce ASM2464PD d’Asmedia — un contrôleur natif USB4 mono-chip. Ce détail technique que les fabricants concurrents enterrent dans leurs fiches produit, c’est précisément ce qui explique pourquoi certains boîtiers « USB4 » s’effondrent en écriture là où le Z666 tient ses promesses. ZIKE est d’ailleurs le premier fabricant à avoir eu accès à cette puce.

Les vitesses annoncées : 3,8 Go/s en lecture, 3,1 Go/s en écriture. Ces chiffres dépendent de votre SSD NVMe et de votre machine hôte — soyons honnêtes là-dessus. Mais les mesures réelles restent dans des territoires qui auraient semblé absurdes il y a trois ans pour du stockage externe.

Tests réels : ce que les benchmarks donnent vraiment

Sur Mac mini M1, avec un Samsung 990 Pro 2 To installé dans le Z666, BlackMagic Disk Speed Test affiche 3074 Mo/s en lecture et 3180 Mo/s en écriture. Sous AJA System Test, les mesures montent à 3247 Mo/s en lecture et 3161 Mo/s en écriture. Sur MacBook Pro M2 Max, les chiffres tombent légèrement à 3100 Mo/s en lecture et 2600 Mo/s en écriture.

Ce delta entre machines n’est pas un bug. C’est la réalité USB4 : vos résultats varient selon l’hôte, pas uniquement selon le boîtier. C’est justement ce que les fiches produit ne disent jamais — et ce que tout comparatif sérieux devrait mentionner en premier.

Il y a un test que personne ne fait et qui m’a réellement surpris. Sur iPad Pro M2, dont le SSD interne plafonne à 1584 Mo/s en lecture et 1150 Mo/s en écriture, le Z666 branché en USB-C standard dépasse ces valeurs : 2228 Mo/s en lecture et 1630 Mo/s en écriture. Votre stockage externe surpasse votre stockage interne sur une tablette à 1200 euros. C’est le genre de résultat qui force à reconsidérer ce qu’on appelle « performances natives ».

Boîtier SSD USB4

Boîtier SSD externe 3000 Mo/s : que valent les alternatives ?

Voici ce que la concurrence réelle donne, dans les mêmes conditions de test :

BoîtierInterfaceLecture réelleÉcriture réellePrix nuDissipation
ZIKE Z666USB4 / TB4~3000–3250 Mo/s~2600–3180 Mo/s110 €Passive (pâte thermique)
TerraMaster D1 SSD PlusUSB4 / TB4~3438 Mo/s~3317 Mo/s119 €Aluminium forgé passif
UGREEN CM642USB4 / TB4~3000 Mo/s~2800 Mo/s~130 €Aluminium passif
ORICO M234GYUSB4 / TB4~3110 Mo/s~1422 Mo/s~90–120 €Pad thermique aluminium

Ce tableau dit quelque chose que personne ne veut entendre sur l’ORICO : 1422 Mo/s en écriture pour un boîtier annoncé à 40 Gb/s. C’est le syndrome du « USB4 à deux puces » — une architecture qui divise la bande passante entre deux contrôleurs au lieu d’en utiliser un seul natif. Les marketeurs l’enterrent. Les benchmarks le révèlent.

Le concurrent sérieux, celui que je recommandais avant de tester le Z666 de façon approfondie, c’est le TerraMaster D1 SSD Plus à 119 euros. Ses débits sont légèrement supérieurs en pointe, avec une copie continue plus stable sur les très gros transferts (269 Go complétés en 1 min 45 s, aluminium forgé épais, 246 g). Il se livre avec un tournevis. Pas avec un câble rangé dans le boîtier.

Ce n’est pas un détail. C’est un choix de design qui révèle deux philosophies différentes.

Sans ventilateur : pari fou ou choix d’ingénierie ?

Contrairement à d’autres boîtiers SSD NVMe USB4 sur le marché, le Z666 n’intègre pas de ventilateur. Sur des sessions prolongées — transferts successifs sur 45 minutes — la surface monte en température de façon perceptible mais jamais alarmante. Aucun throttling, aucune chute de débit en milieu de session. La pâte thermique pré-collée et la conception du châssis font le travail.

Un ventilateur dans un boîtier portable, c’est du bruit, de la consommation et un point de défaillance mécanique supplémentaire. L’enlever et travailler sérieusement la dissipation passive, c’est prendre le problème dans le bon sens.

Si vous montez des fichiers en continu pendant des heures en environnement fixe, le TerraMaster avec son aluminium massif gagne sur la stabilité thermique. Si vous bougez, le Z666 reprend l’avantage — avec 10 euros de moins dans la poche.

Installation et ergonomie : le détail qui change tout au quotidien

J’ai passé 20 minutes à chercher un tournevis pour installer un SSD dans un boîtier concurrent. 20 minutes pour quelque chose qui aurait dû prendre 45 secondes. Cette frustration m’a appris qu’un boîtier SSD USB4 parfaitement véloce mais pénible à assembler finit par rester fermé dans un tiroir.

Le Z666 s’ouvre, le SSD se pose, un loquet clique. Compatible NVMe jusqu’à 4 To. Le câble tressé (certes court) se range à l’intérieur du boîtier lui-même — détail anecdotique jusqu’au jour où vous videz votre sac de voyage et réalisez que vous avez tout sauf le câble dont vous avez besoin.

Ce que le prix révèle sur le marché du boîtier SSD NVMe

110 euros sur le site officiel de ZIKE. Plus de 150 euros sur Amazon. Cet écart n’est pas une anomalie — c’est le coût de la distribution et du placement algorithmique. La question à se poser : est-ce que vous payez le produit ou le référencement du vendeur ?

Sur le rapport qualité-prix pur, le Z666 tient face au TerraMaster (119 €), à l’UGREEN CM642 (130 €) et dépasse structurellement l’ORICO sur les performances en écriture malgré un prix comparable. Si une promotion ou un coupon apparaît sur Amazon, le Z666 devient difficile à ignorer. Le Black Friday reste un moment stratégique pour ce type d’achat — les boîtiers SSD USB4 sont régulièrement en tête des catégories « stockage » en réduction.

Ce que ça change pour votre flux de travail

Transférer 1 To en moins de 10 minutes n’est pas un argument pour geeks qui benchmarkent leurs débits un vendredi soir. C’est un argument pour le monteur qui attend que sa timeline charge, pour le photographe de mariage qui backupe sa carte CF entre deux cérémonies, pour l’analyste qui extrait ses fichiers avant une réunion. La vitesse externe qui rejoint la vitesse interne, c’est la suppression d’une friction mentale permanente.

Et c’est peut-être ça, la vraie rupture introduite par le boîtier SSD USB4 40Gbps : vous arrêtez de surveiller la barre de progression pour vous concentrer sur ce que vous faites réellement.

Ce qui soulève une dernière question, moins confortable : si votre stockage externe atteint désormais les mêmes débits que votre SSD interne, qu’est-ce que ça dit de la façon dont vous avez organisé — et cloisonné — votre workflow jusqu’ici ?

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Anthony est un photographe passionné, toujours en quête de la lumière parfaite et de l’instant vrai. Autodidacte curieux et exigeant, il mêle sens du détail et sensibilité pour raconter des histoires authentiques, qu’il s’agisse de portraits intimistes, de reportages de voyage ou de scènes urbaines spontanées. Sa signature visuelle: des compositions épurées, des couleurs maîtrisées et une attention particulière aux textures qui donnent vie à chaque image. Sur Pixfan, Anthony partage ses séries, ses coulisses et ses astuces de prise de vue, avec la volonté d’inspirer et d’accompagner les photographes de tous niveaux. Quand il n’a pas un boîtier à la main, il explore de nouveaux lieux, teste des objectifs vintage et peaufine son workflow pour rester fidèle à son exigence: créer des photos qui résonnent et qui durent.
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