J’avais vingt-deux ans la première fois que j’ai posé le pied dans un ksar tunisien. Pas pour Star Wars, je voulais juste « voir le désert ». Et puis j’ai tourné au coin d’une ruelle de Tataouine, j’ai levé les yeux sur ces cellules de pierre empilées sur cinq niveaux, et quelque chose s’est bloqué dans ma gorge. Ce n’est qu’en rentrant que j’ai réalisé : j’avais marché dans les lieux de tournage Star Wars sans le savoir. Depuis, je n’arrive plus à regarder ces films de la même façon et je ne suis pas sûr que ce soit une mauvaise chose.
Ce que la plupart des articles sur les lieux de tournage Star Wars ne disent jamais : George Lucas n’inventait pas une galaxie. Il la cherchait sur Terre.
Tatooine n’est pas une planète fictive. C’est la Tunisie.
La Tunisie concentre à elle seule la majorité des lieux de tournage Star Wars réels, et pour une raison précise que les guides touristiques esquivent soigneusement : Lucas n’a pas choisi ce pays parce qu’il était « exotique ». Il l’a choisi parce que les ksour berbères millénaires et les étendues salines existaient déjà avec une étrangeté que aucun studio n’aurait pu fabriquer. Et il y est revenu trente ans plus tard pour la prélogie. Ce retour obsessionnel vers les mêmes décors dit quelque chose sur la puissance des lieux.
À Matmata, l’hôtel Sidi Driss est l’un des rares lieux de tournage Star Wars où vous pouvez encore dormir dans le décor original. Les peintures murales du film restent visibles sur les murs. La « cour Star Wars » sert toujours de restaurant. Confort spartiate, ambiance incomparable. La décoration avait été détruite après l’Épisode IV, puis entièrement refaite pour l’Épisode II. Le lieu s’est rejoué à lui-même — réfléchissez une seconde à ce que ça signifie pour un décor.
Le Chott el-Djerid — 5 000 km² de plaine saline au centre du pays — hébergeait l’entrée de la ferme des Lars, construite, détruite, reconstruite. Ce n’est pas un site muséifié. C’est un espace vide à 26 km de Nefta où la chaleur déforme l’horizon exactement comme à l’écran. Sauf qu’ici, c’est réel.
Autour de Tataouine , la vraie ville dont Lucas s’est inspiré pour nommer la planète, les lieux de tournage Star Wars se multiplient. Le Ksar Hadada a servi de quartier des esclaves dans l’Épisode I, le Ksar Medenine aussi, et le Ksar Ouled Soltane reste le mieux préservé avec ses 400 cellules sur quatre à cinq niveaux. Trois ksour distincts. Une même planète fictive. Et une vérité que j’avais mis des années à formuler : l’espace « alien » le plus iconique du cinéma mondial n’est pas un plateau hollywoodien — c’est un patrimoine berbère que le monde entier aurait ignoré sans une saga de science-fiction
Un détail que peu de guides mentionnent : les décors de Mos Espa, près de Tozeur, sont toujours debout en 2026 et constituent le plus grand ensemble de décors Star Wars intacts de la planète. Mais le sable avance. Les dunes engloutissent les structures chaque année un peu plus. Si vous voulez visiter ce lieu de tournage Star Wars avant qu’il disparaisse, c’est maintenant, pas dans trois ans.
Le Canyon de Sidi Bouhlel, rebaptisé localement « Canyon Star Wars », a aussi servi de décor à Indiana Jones et au Patient Anglais. Il y a des lieux structurellement conçus pour les récits épiques. Cette gorge en fait partie — et la marche depuis Tozeur dans l’après-midi, sans une âme, reste l’une de mes expériences les plus déstabilisantes. Je ne l’avais pas anticipé. C’est ça, les meilleurs voyages.
Hoth existe. Elle s’appelle Finse.
En mars 1979, l’équipe de tournage de l’Épisode V s’est retrouvée bloquée à l’intérieur de l’unique hôtel de Finse, en Norvège, pendant une vraie tempête de neige. Harrison Ford et Mark Hamill jouaient dehors, dans le blizzard réel. Ce n’était pas prévu, ce n’était pas simulé. La planète Hoth qu’on voit à l’écran est authentiquement hostile — et c’est précisément pour ça qu’elle fonctionne, cinquante ans après.
Le Glacier de Hardangerjøkulen culmine à 1 222 mètres. Il n’est accessible que par train — 2h30 depuis Bergen, 4h depuis Oslo. Cette contrainte logistique n’est pas un défaut. C’est la garantie que l’endroit a conservé quelque chose d’intact. Les lieux difficiles d’accès résistent mieux à la muséification.
L’Europe des palais trop réels pour être fictifs
La Place d’Espagne à Séville est le paradoxe le plus savoureux de tous les lieux de tournage Star Wars. Une place construite pour une exposition universelle en 1929 — déjà aussi théâtrale qu’un décor de cinéma — est devenue Coruscant et le palais royal de Naboo dans l’Épisode II. Ce n’était pas un détournement. C’était une reconnaissance : Lucas voyait dans cet endroit ce que les Sévillans avaient cessé de remarquer.
En Italie, les lieux de tournage Star Wars sont d’une qualité visuelle déconcertante. La Villa del Balbianello au bord du Lac de Côme a encadré les scènes romantiques d’Anakin et Padmé. Le Palais de Caserte — 2 000 000 m³, la plus grande résidence royale au monde en volume — était le seul endroit capable de représenter le palais de Theed sans CGI massif. Quand les décors réels atteignent cette échelle, les acteurs s’y comportent différemment. La caméra, infailliblement, le sent.
Et puis il y a le Mont Etna. Pour l’Épisode III, la production a simplement attendu une vraie éruption explosive pour la filmer. Mustafar — la planète de lave où Dark Vador perd ses membres et son humanité — est un volcan sicilien actif. Je trouve cette décision à la fois brillante et légèrement irresponsable, ce qui la rend immédiatement mémorable. Aucun effet spécial n’a jamais reproduit la chaleur qu’on ressent dans cette scène.

La forêt de Whippendell Woods au Royaume-Uni, à 3 km des studios Leavesden, représente Naboo dans La Menace Fantôme. Une forêt anglaise très ordinaire. Un après-midi d’août 1997. Ce décalage entre le banal et le galactique est peut-être la leçon centrale de tous les lieux de tournage Star Wars.
Les Amériques : déserts, séquoias et temples mayas
La Vallée de la Mort en Californie a fourni dix sites distincts pour l’Épisode IV. L’Artist’s Palette, le Dante’s View — un panorama utilisé pour introduire Mos Eisley — et une dizaine de canyons aux couleurs impossibles. Ce n’est pas un décor, c’est un état mental.

La Buttercup Valley, à la frontière Arizona-Mexique, héberge les Dunes Algodones — le Grand Puits de Karkoon de l’Épisode VI. Il a fallu cinq mois d’aménagement pour préparer ce lieu de tournage Star Wars. Et le Parc National de Redwood, sur la côte nord de la Californie, abrite ces séquoias de 100 mètres qui deviennent la lune d’Endor à l’écran. Des arbres de 2 000 ans transformés en forêt alien. La question qui devrait vous déranger : pourquoi avez-vous eu besoin d’une fiction pour trouver ces endroits suffisamment extraordinaires pour les visiter ?
Enfin, Tikal au Guatemala — cité maya inscrite au patrimoine de l’UNESCO deux ans après la sortie de l’Épisode IV — a servi de base rebelle de Yavin. C’est le lieu de tournage Star Wars le moins visité par les fans, et de loin le plus improbable. Les temples émergent au-dessus de la canopée à une hauteur qui donne le vertige — et ce n’est pas la version générée par ordinateur.
Ce que 2026 ajoute à la liste
Depuis la saga originale, les lieux de tournage Star Wars se sont considérablement élargis. Wadi Rum en Jordanie pour Rogue One, Dubrovnik en Croatie pour Les Derniers Jedi, les Îles Skellig en Irlande pour Le Réveil de la Force, chaque nouveau film a ajouté une destination au pèlerinage. La galaxie continue de s’étendre sur nos cartes réelles.
La baie de Phang Nga en Thaïlande, avec ses pitons calcaires émergent des eaux turquoises, a représenté la planète Kashyyyk dans l’Épisode III. C’est aussi un lieu de tournage de James Bond. Certains paysages semblent décidément réservés aux récits qui dépassent le cadre du réel.
Consultez l’Atlas Galactique des lieux de tournage Star Wars
Ce que ces lieux disent vraiment
Ces lieux de tournage Star Wars ne sont pas de simples coïncidences géographiques. Ils sont la preuve que George Lucas cherchait, dans chaque pays visité, des endroits qui avaient déjà quelque chose d’impossible — une étrangeté que la Terre produisait sans effort et que Hollywood n’aurait jamais pu synthétiser. La Tunisie offre le circuit le plus dense et le plus urgent : Mos Espa disparaît sous les dunes, et cette fenêtre ne durera pas. L’Europe et ses palais restent les plus sous-estimés par les fans, trop accessibles pour paraître épiques. Et les parcs américains posent la question la plus inconfortable de toutes.
Si ces paysages existaient depuis des millions d’années avant qu’Hollywood les remarque, qu’est-ce que ça dit de notre rapport à la beauté réelle — celle qui n’a pas besoin d’une bande-son de John Williams pour nous couper le souffle ?
Pour revivre tous les épisodes et retrouver visuellement chaque lieu de tournage Star Wars, la saga est disponible en coffret Blu-ray sur Amazon : 9 disques, 805 minutes, version française DTS 5.1, version anglaise DTS-HD 6.1.



























Waw magnifique série de lieux sur notre chère planète Terre. Il manque plus que nous puissions avoir des sabres laser et voyager à bord d’un vaisseau pour se croire dans la guerre des étoiles pour de vrai.