Le NIKKOR Z 70-200mm f/2.8 VR S II vient de tomber — et franchement, on ne l’attendait pas aussi abouti. Nikon passe sous la barre symbolique du kilogramme avec ce zoom, un exploit que ses rivaux Sony et Canon n’ont pas encore réussi. Plus léger, plus rapide à la mise au point, optiquement repensé de fond en comble : cette version II ne ressemble pas à une mise à jour cosmétique. Elle ressemble à une déclaration de guerre.
À retenir
- Poids record : 998 g — soit 362 g de moins que la version I, et le 70-200 f/2,8 stabilisé le plus léger du marché plein format
- Autofocus Silky Swift VCM jusqu’à 3,5× plus rapide et 50% plus silencieux
- Formule optique simplifiée : 18 lentilles en 16 groupes (contre 21 groupes avant), avec verre fluorite, Super ED et lentille SR
- Diaphragme passé à 11 lamelles pour un bokeh plus rond, plus doux
- Compatible téléconvertisseurs natifs ×1,4 et ×2
- Prix de lancement : 3 349 € — disponible le 19 mars 2026
Pourquoi cette version II change vraiment la donne
Il y a des objectifs qu’on admire et des objectifs qu’on ne veut plus poser. Le NIKKOR Z 70-200mm f/2.8 VR S II ambitionne clairement d’être les deux à la fois. Annoncé au CP+ de Yokohama en février 2026, il succède à un modèle déjà considéré comme une référence absolue dans l’écosystème Z — une référence que Nikon a décidé de réinventer plutôt que de simplement retoucher.
Première donnée qui frappe : 998 grammes sur la balance, collier de trépied amovible inclus. 362 grammes de moins que son prédécesseur. Pour un photographe sportif qui enchaîne 6 heures en tribune ou un animalier à l’affût depuis l’aube, cette différence n’a rien d’anecdotique — c’est la différence entre rentrer chez soi avec des crampes ou pas. J’ai croisé un photographe de rugby professionnel qui disait que son premier NIKKOR Z 70-200mm l’avait « guéri » des focales fixes en match. Avec cette version II, il parle carrément de retraite anticipée pour son bâton de marche.

L’autofocus Silky Swift : une autre catégorie
La motorisation Silky Swift VCM multi-groupes est le vrai cœur battant de cet objectif. La vitesse de mise au point grimpe de 3,5 fois par rapport à la génération précédente, la précision du suivi pendant un zooming vidéo progresse de 40%, et le bruit mécanique chute de moitié. Sur un boîtier comme le Z8 ou le Z9, l’accroche est quasi instantanée — même sur un sujet qui surgit dans le cadre à pleine vitesse.
Le focus breathing — ce petit cauchemar des vidéastes où l’image semble zoomer lors de la mise au point — est intégralement corrigé ici. Un détail qui change tout pour quiconque travaille en production professionnelle ou en docu-sport. Et lors des premières rafales à 120 images/seconde sur le terrain, le taux de clichés hors mise au point restait « assez marginal » selon les premiers testeurs. Pas mal pour un objectif sorti depuis quelques semaines à peine.
Une optique repensée, pas rafistolée
Nikon a osé supprimer trois lentilles — de 21 à 18 éléments en 16 groupes — en misant sur des verres plus nobles : Super ED, fluorite, asphériques et la fameuse lentille SR (Short-wavelength Refractive). Résultat : des aberrations chromatiques quasi inexistantes, même en contre-jour sur des surfaces métalliques. Le diaphragme à 11 lamelles (contre 9 auparavant) offre un bokeh plus circulaire, plus esthétique, sans l’effet « pelures d’oignon » que certains zooms professionnels peinent encore à éviter.
La stabilisation VR revendique 6 stops de compensation. Couplée au capteur stabilisé des boîtiers Z compatibles (Z9, Z8, Z6III, Z5II, Zf, ZR), la fonction VR Synchro assure une stabilisation maximale au centre comme sur les bords du cadre. Pour les portraitistes, la distance minimale de mise au point tombe à 38 cm à 70mm — une proximité inhabituelle pour ce type de zoom, qui ouvre des cadrages créatifs insoupçonnés.
Nikon vs Sony vs Canon : qui gagne en 2026 ?
Le marché des 70-200mm f/2.8 pour hybrides plein format se joue désormais à trois. Voici les faits, sans détour :
| Caractéristiques | NIKKOR Z 70-200mm f/2.8 VR S II | Sony FE 70-200mm f/2.8 GM OSS II | Canon RF 70-200mm f/2.8 L IS USM Z |
|---|---|---|---|
| Poids | 998 g | 1 045 g | 1 110 g |
| Prix | 3 349 € | ~2 599 € | ~3 599 € |
| Lamelles | 11 | 11 | 9 |
| Stabilisation | 6 stops VR | Oui (Steady Shot) | 5,5 stops |
| Téléconvertisseur | ×1,4 / ×2 natif | Non compatible | Non compatible |
| Zoom interne | Oui | Non | Oui |
| Focus breathing corrigé | Oui | Oui | Oui |
Le Nikon s’impose sur deux points décisifs : il est le plus léger des trois, et le seul à accepter les téléconvertisseurs natifs ×1,4 et ×2 — ce qui en fait théoriquement un 280mm f/4 ou un 400mm f/5,6 sans changer d’optique. Sony riposte sur le prix (environ 750 € moins cher) et Canon mise sur son double moteur Nano USM pour la vidéo. Mais aucun des deux ne passe sous le kilogramme. Et pour un reporter ou un animalier qui trimbale son matériel toute la journée, ces 47 à 112 grammes d’écart finissent par peser très lourd — paradoxalement.
Ce que ça coûte — et ce que ça vaut vraiment
3 349 €, c’est le prix d’entrée. En face, le Tamron 70-180mm f/2,8 Di III VC VXD G2 tourne autour de 1 099 € en monture Z. L’écart est colossal. Mais le NIKKOR Z monte à 200mm, zoome en interne, embarque une stabilisation optique absente chez Tamron, et accepte les téléconvertisseurs. Pour un photographe qui vit de son matériel, la question du ROI se pose différemment. Pour un amateur éclairé avec un budget serré, c’est une autre histoire.
La seule réserve tangible relevée à ce stade concerne la finition extérieure : le revêtement mêlant alliage de magnésium et polycarbonate assure l’étanchéité, mais conserve ce côté légèrement « trop plastique » pour un objectif à ce prix. À ce tarif, les sensations tactiles auraient pu être plus premium. Détail, certes — mais un détail qu’on remarque chaque fois qu’on sort l’objectif du sac.
FAQ
Le NIKKOR Z 70-200mm f/2.8 VR S II est-il compatible avec les téléconvertisseurs Nikon ?
Oui. Il accepte les Z TELECONVERTER TC-1.4x et TC-2.0x, donnant respectivement un 98-280mm f/4 et un 140-400mm f/5,6. L’autofocus reste pleinement fonctionnel sur les Z8 et Z9.
Quelle est la vraie différence avec la version I ?
Trois points majeurs : −362 g (de 1 360 g à 998 g), autofocus 3,5× plus rapide et 50% plus silencieux, formule optique simplifiée de 21 à 18 lentilles avec des verres plus nobles. Le diaphragme passe également de 9 à 11 lamelles.
Vaut-il 750 € de plus que le Sony GM OSS II ?
Tout dépend de l’usage. Le Sony est moins cher mais son zoom est externe — peu pratique sous la pluie ou sur un rig vidéo — et il n’accepte pas de téléconvertisseur. Pour un portraitiste en studio, le Sony suffit amplement. Pour un photoreporter ou un animalier en conditions difficiles, le Nikon justifie chaque euro d’écart.
Sur quels boîtiers la stabilisation VR Synchro est-elle disponible ?
En février 2026 : Z9, Z8, Z6III, Z5II, Zf et ZR.
Peut-on l’utiliser sérieusement pour la vidéo ?
Oui — et c’est l’un de ses arguments les plus solides. Focus breathing corrigé, motorisation silencieuse, précision accrue du suivi au zoom : les réalisateurs qui alternent photo et vidéo sur un Z8 ou Z9 y trouveront un allié de premier plan.
Quand est-il disponible et où l’acheter ?
En précommande depuis le 24 février 2026, livraison prévue le 19 mars 2026 chez les revendeurs Nikon agréés.
