En photographie de portrait, il y a une focale qui règne sans partage : le 85 mm. C’est la distance magique. Elle ne déforme pas les visages (contrairement au 35 mm), elle écrase joliment les perspectives sans vous obliger à crier pour diriger votre modèle (contrairement au 135 mm ou 200 mm).
- 1. Canon RF 85 mm f/1.2L USM DS : Le « Dream Maker »
- 2. Nikon Z 85 mm f/1.2 S : La Perfection Optique
- 3. Sony FE 85 mm f/1.4 GM II : L’Agilité Retrouvée
- 4. Sigma 85 mm f/1.4 DG DN Art : Le Tueur de Géants
- 5. Samyang AF 85mm f/1.4 FE II : La Surprise
- Tableau Comparatif : Quel bokeh pour votre budget ?
- Le Guide de l’Acheteur : f/1.2 vs f/1.4, est-ce que ça compte ?
Mais ce que l’on cherche avant tout avec un 85 mm, c’est le Bokeh. Ce flou d’arrière-plan crémeux, onirique, qui isole le sujet et transforme un arrière-plan banal en une toile de maître.
Les fabricants ont atteint des sommets de perfection optique. Fini les objectifs « mous » à pleine ouverture. Les optiques modernes sont des rasoirs.
Voici notre classement des cinq maîtres absolus du portrait pour sublimer vos séances photo.
1. Canon RF 85 mm f/1.2L USM DS : Le « Dream Maker »
Le meilleur pour : Le bokeh le plus doux et onirique du monde.
Canon a toujours dominé le jeu du 85 mm (souvenez-vous du légendaire f/1.2 EF). Avec la monture RF, ils ont sorti une version « DS » (Defocus Smoothing). C’est une technologie de revêtement spéciale qui adoucit les contours des bulles de bokeh.
- Pourquoi c’est le Roi : C’est simple, aucun autre objectif ne produit ce rendu. Les transitions entre le net et le flou sont imperceptibles. C’est l’objectif « triche » par excellence : n’importe qui a l’air d’une star de cinéma avec ça.
- Le bémol : Le prix est astronomique et le revêtement DS fait perdre un peu de lumière (il se comporte comme un f/1.2 en profondeur de champ, mais comme un t/2.2 en luminosité).
Le verdict : Le revêtement Defocus Smoothing (DS) est la particularité majeure de cet objectif : il utilise des filtres ND graduels internes qui adoucissent les bords des cercles de flou pour un bokeh exceptionnellement lisse. En contrepartie, la transmission lumineuse à f/1.2 équivaut environ à T2.2, soit une perte d’environ 1,3 stop. La netteté est remarquable même à pleine ouverture et l’autofocus USM est rapide et précis.
2. Nikon Z 85 mm f/1.2 S : La Perfection Optique
Le meilleur pour : Le piqué chirurgical et l’absence de défauts.
Nikon a pris son temps pour sortir son monstre pour la monture Z, mais quel résultat ! C’est un pavé de verre impressionnant qui délivre une image d’une pureté absolue.
- Pourquoi c’est le Roi : Contrairement à beaucoup d’objectifs très lumineux, il n’a quasiment aucune aberration chromatique (ces franges violettes/vertes dans les zones contrastées). À f/1.2, les cils du modèle sont tranchants comme des lames de rasoir, alors que les oreilles commencent déjà à fondre dans le flou.
- Le bémol : Son poids. Prévoyez une bonne sangle ou des séances de musculation, car monté sur un Z9, l’ensemble dépasse les 2 kg.
Le verdict : Récompensé par les prix TIPA World Awards 2023 et EISA Portrait Lens 2023-2024, cet objectif offre une netteté exceptionnelle du centre jusqu’aux bords même à f/1.2. Le système multi-focus assure un autofocus rapide et précis malgré la profondeur de champ extrêmement réduite. Le traitement nanocristal contrôle efficacement les reflets et le flare.
3. Sony FE 85 mm f/1.4 GM II : L’Agilité Retrouvée
Le meilleur pour : L’équilibre parfait entre performance et légèreté.
Sorti fin 2024 pour remplacer la vieillissante version I, le « G Master II » est une démonstration de force de Sony. Ils ont réussi à faire plus petit, plus léger et beaucoup plus rapide.
- Pourquoi c’est le Roi : Là où le Canon et le Nikon sont des tanks, ce Sony reste maniable. Son autofocus suit les yeux avec une ténacité incroyable grâce aux nouveaux moteurs linéaires XD. Le bokeh est nerveux, mais très plaisant, avec ce look « 3D Pop » caractéristique des optiques Zeiss/Sony.
- Le bémol : Il « n’ouvre qu’à » f/1.4. C’est suffisant pour 99% des gens, mais les puristes diront que le f/1.2 offre ce petit supplément d’âme.
Le verdict : Cette deuxième génération est 13% plus petite et 20% plus légère que son prédécesseur. Les deux moteurs linéaires XD offrent une vitesse AF jusqu’à 3× supérieure et un suivi des sujets en mouvement amélioré de 7× par rapport au GM I. Le bokeh est particulièrement maîtrisé grâce aux éléments XA qui minimisent l’effet « onion ring ».
4. Sigma 85 mm f/1.4 DG DN Art : Le Tueur de Géants
Le meilleur pour : Le rapport qualité/prix imbattable.
Sigma a révolutionné sa gamme « Art » en passant aux hybrides. Cet objectif est compact (bien plus que les anciens modèles reflex) et coûte deux fois moins cher que les modèles propriétaires (Sony/Canon/Nikon).
- Pourquoi c’est le Roi : Il ne fait quasiment aucun compromis. Le piqué au centre est phénoménal dès f/1.4. Il est petit (filtre de 77 mm) et discret. C’est l’objectif préféré des photographes indépendants qui doivent gérer leur budget sans sacrifier la qualité pro.
- Le bémol : Une légère distorsion en coussinet (facilement corrigée par le logiciel de l’appareil) et un autofocus un poil moins rapide que le natif Sony GM II.
Le verdict : Conçu exclusivement pour les hybrides, le Sigma offre un excellent rapport qualité-prix avec des performances optiques comparables voire supérieures au Sony GM I selon certains tests. Sa compacité (94.1 mm de long) et son poids contenu (630 g) en font une option équilibrée entre performances et encombrement.
5. Samyang AF 85mm f/1.4 FE II : La Surprise
Le meilleur pour : Les débutants et les budgets serrés.
Ne riez pas. Samyang (parfois Rokinon) a fait des progrès fulgurants. La version II de leur 85 mm est une petite merveille qui coûte une fraction du prix des autres.
- Pourquoi c’est le Roi : Pour moins de 700€, vous avez un « vrai » rendu f/1.4 avec un bokeh très doux. L’objectif est léger, tropicalisé (résistant à l’humidité) et dispose même d’un bouton personnalisable sur le fût. C’est la meilleure porte d’entrée dans le monde du portrait pro.
- Le bémol : Le contrôle qualité peut varier (de temps en temps un exemplaire est moins bon qu’un autre) et le rendu des couleurs est un peu plus chaud/jaune que les standards neutres.
Le verdict : Le plus compact (99.5 mm) et le plus léger (509 g) de sa catégorie. Particularité notable : c’est le seul objectif de ce comparatif qui n’utilise aucune lentille asphérique, ce qui évite l’apparition d’anneaux dans le bokeh. L’autofocus est moins rapide que la concurrence, mais reste suffisant pour des sujets aux mouvements modérés.
Tableau Comparatif : Quel bokeh pour votre budget ?
Le Guide de l’Acheteur : f/1.2 vs f/1.4, est-ce que ça compte ?
C’est la question à 1000 euros (littéralement). La différence entre une ouverture de f/1.2 et f/1.4 est d’un demi-stop de lumière.
- En pratique : La différence de flou est subtile. À f/1.2, la profondeur de champ est si fine (quelques millimètres) que si le modèle respire, la photo est floue.
- Notre conseil : Si vous êtes un professionnel qui vend des tirages d’art ou travaille pour le luxe, le f/1.2 (Canon/Nikon) apporte une signature unique. Pour tout le reste (Mariage, Famille, Corporate, Réseaux Sociaux), le f/1.4 est plus léger, moins cher et plus facile à utiliser.
Ne payez pas pour une ouverture que vous n’utiliserez pas.

