En 2026, Panasonic a déployé deux mises à jour firmware pour le S9. Deux logiques opposées. L’une ne fait rien que tu verras. L’autre change ton flux de travail du sol au plafond. Et si tu les confonds ou pire, si tu installes la v2.0 sans passer par la v1.9, tu vas droit dans le mur.
La v1.9 : la mise à jour invisible qui est obligatoire
Le 9 mars 2026 au soir, Panasonic déployait la v1.9 pour le S9. Son contenu officiel ? Une ligne. Trois mots : « operational stability has been improved. » C’est tout. Pas de nouvelles fonctions, pas de compatibilité micro DMW-DMS1 (réservée aux S1 II, S5 II et compagnie cette vague-là), rien d’autre.
Et pourtant, c’est la mise à jour la plus importante à installer en premier. Parce que la v2.0 requiert la v1.9 comme prérequis pour la mise à jour via l’application LUMIX Lab. Si tu es encore en v1.8 ou en dessous et que tu tentes de passer directement à la v2.0, l’application ne te laissera pas faire. La v1.9 n’était pas une mise à jour. C’était un ticket d’entrée.
J’ai fait l’erreur de ce type une fois. Shooting client, firmware majeur installé le matin, bug introduit dans les réglages mémorisés, trois heures de reconfiguration en urgence. La leçon : attends toujours deux semaines après une mise à jour majeure avant d’installer. Mais pour la v1.9, qui est corrective et discrète, le risque est quasi nul. Fais-la en premier, maintenant, et oublie-la.

Ce que la v2.0 change vraiment sur le terrain
La v2.0 sort en juin 2026, distribuée via le site LUMIX Global Customer Support et pour la première fois, via l’application LUMIX Lab elle-même. Ce dernier point mérite qu’on s’y arrête : plus de carte mémoire, plus de PC, plus de manipulation. Tu mets à jour ton boîtier depuis ton téléphone. C’est un changement d’infrastructure, pas juste une feature.
Trois évolutions concrètes pour ceux qui shootent vraiment.
D’abord, la connexion filaire supportée pour les transferts d’images, de LUTs et des paramètres My Photo Style. Je sais — on est en 2026, ça paraît régressif. Mais quiconque a tourné dans un espace bondé avec dix téléphones qui se disputent le Wi-Fi sait que la stabilité d’une connexion câblée n’a pas de concurrents. Panasonic a choisi le terrain plutôt que le catalogue. C’est le bon choix.
Ensuite, le My Photo Style devient éditable directement dans l’app. En pratique, tu ajustes ton rendu entre deux séquences, tu vois le résultat sur l’écran du téléphone, tu retransféres via câble vers le boîtier. Sans rallumer l’ordinateur.
Et enfin, les Real Time LUTs enrichis. Les LUTs embarquent désormais des paramètres de grain, bruit coloré, netteté et réduction du bruit, et s’appliquent en temps réel à la fois aux photos et aux vidéos directement en caméra. L’image qui sort du boîtier a une texture définie, reproductible, cohérente. Pour un créateur qui publie depuis le terrain, l’écart entre « presque prête » et « prête » vaut des heures de post.
La nuance que tous les articles ont ratée
Il y a un détail que les communiqués enterrent en note de bas de page et que tu as le droit de savoir avant d’installer.
La v2.0 du S9 se résume en une seule ligne dans le changelog officiel : « Support for LUMIX Lab app ver.3.0.0 has been added. » Les vraies nouveautés — connexion filaire, LUTs enrichies, édition My Photo Style dans l’app — sont des fonctionnalités côté application, pas côté boîtier. Ce qui signifie que la v2.0 firmware est moins une mise à jour du S9 qu’un déblocage de compatibilité avec la LUMIX Lab app 3.0.0. Sans mettre à jour l’app en parallèle, la firmware ne sert à rien.
Ordre d’installation recommandé, sans exception : v1.9 firmware d’abord si tu n’es pas dessus, puis LUMIX Lab app 3.0.0, puis firmware v2.0 via l’app ou le site officiel.
Ce que ça révèle de la stratégie produit de Panasonic
Il y a deux ans, j’ai conseillé à un client créateur d’investir dans un boîtier concurrent. Six mois après, son flux de travail mobile était toujours chaotique : trois applications pour gérer le transfert, un Wi-Fi instable en location, et l’idée de publier depuis le terrain abandonnée. La vraie douleur des créateurs n’est pas la qualité d’image. C’est le gouffre entre le shoot et la publication.
Avec cette double vague de mises à jour, Panasonic ne court pas après Sony sur l’autofocus — course qu’il a déjà perdue. Il court après quelque chose de plus rare et de plus difficile à copier : un flux de travail intégré, du boîtier au téléphone au post, sans friction. Le S9 ne cherche pas à être universel.
Est-ce que ça suffit pour justifier un achat si tu n’as pas encore de boîtier plein format ? Non. Est-ce que si tu possèdes déjà un S9, ne pas installer ces mises à jour revient à laisser la moitié de l’outil dans le carton ? Absolument.
