Halide Mark III : Le test du Process Zero II pour des photos iPhone sans IA

jordan
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Vous vous souvenez de cette époque où les photos d’iPhone ressemblaient toutes à des cartes postales sur-saturées ? Où chaque cliché semblait avoir été passé au mixeur algorithmique d’Apple, transformant vos souvenirs en rendus quasi-irréels ? Halide dit stop. Lundi dernier, Lux a dévoilé la préversion publique de Halide Mark III, et avec elle, une petite révolution : Process Zero II compatible HDR et Chroma Noir, une simulation noir et blanc qui fait déjà parler les puristes de la photo mobile.

Cette mise à jour n’est pas qu’une évolution technique. C’est la sortie la plus ambitieuse depuis Mark II, lancé il y a cinq ans. Et elle arrive à point nommé, alors que la photographie computationnelle d’Apple atteint parfois ses limites.

Quand le HDR rencontre la philosophie anti-IA

Process Zero II prolonge l’héritage du mode original lancé mi-2024, celui qui avait chamboulé les habitudes en rejetant le traitement automatisé. La première version obligeait à choisir : soit l’exposition naturelle avec des zones cramées ou bouchées, soit le lissage agressif d’Apple. Contrairement aux géants de la tech qui misent tout sur l’intelligence artificielle, Halide prend le contre-pied avec une approche radicalement différente.

Le nouveau Process Zero II intègre désormais le HDR, la compatibilité ProRAW et un curseur baptisé Tone Fusion pour récupérer hautes lumières et ombres. Mais attention, rien à voir avec ces HDR agressifs qui transforment vos portraits en peintures hyperréalistes. « Contrairement aux algorithmes d’Apple, le tone fusion est désactivé par défaut », précise Lux dans son communiqué. « Nous recommandons d’appliquer une touche légère, mais même aux extrêmes, les résultats semblent plus naturels que de laisser une machine décider à votre place. »

Je me souviens d’une discussion avec un photographe professionnel qui avait abandonné son iPhone pour ce genre de raisons. « Mes photos ressemblaient toutes aux mêmes », m’avait-il confié. « Apple lisse trop, optimise trop. Je ne me reconnaissais plus dans mes clichés. » Process Zero II pourrait bien le faire revenir, surtout maintenant qu’il exploite les capacités d’affichage HDR des écrans récents sans tomber dans les travers du traitement computationnel.

L’approche peut sembler paradoxale au premier regard. Pourquoi intégrer du HDR dans un outil conçu précisément pour échapper à la « main lourde » de la photographie computationnelle ? La réponse tient dans la nuance. Lux ne cherche pas à imiter les algorithmes agressifs d’Apple, mais à exploiter intelligemment la capacité des écrans modernes à afficher une gamme tonale étendue de 1 000 à 1 600 nits. Une distinction subtile mais fondamentale qui change tout pour le rendu final.

Cette philosophie tranche franchement avec la tendance actuelle où l’IA décide pratiquement de tout, de l’exposition à la balance des blancs.

Chroma Noir : trois ans pour capturer l’argentique

Derrière le nouveau moteur Film se cache un travail colossal. Trois années de recherche pour comprendre, décortiquer et reproduire les caractéristiques de la photographie argentique. Chroma Noir, première simulation issue de ce moteur, propose un noir et blanc à contraste moyen avec des effets de halo typiques du film.

Les abonnés découvriront bientôt d’autres Looks développés par Cullen Kelly, coloriste membre honoraire de l’American Society of Cinematographers. Son CV parle de lui-même : films nommés aux Oscars, projets Netflix, HBO, Apple. Pas franchement un débutant dans l’art de sublimer l’image, et c’est justement cette expertise cinématographique que Lux veut transposer dans la photographie mobile.

Un détail amusant : lors des tests internes, l’équipe a comparé Chroma Noir à d’authentiques tirages argentiques. Certains testeurs ont avoué ne plus distinguer systématiquement le numérique de l’argentique. Preuve que le pari technique tient ses promesses et que l’approche « one-tap » imaginée par Lux fonctionne.

Halide Mark III

À qui s’adresse vraiment Halide Mark III ?

Soyons clairs : cette application ne convient pas à tout le monde. Si vous shootez principalement en mode automatique pour Instagram Stories, l’appareil photo natif d’Apple suffit amplement. Halide Mark III vise les photographes qui veulent reprendre le contrôle créatif.

Process Zero fonctionne sur tous les iPhone compatibles avec iOS 17 et ultérieurs, mais brille particulièrement sur les modèles Pro grâce au ProRAW. Les propriétaires d’iPhone 15 Pro, 16 Pro et modèles suivants profiteront pleinement du HDR sur les trois capteurs arrière. En revanche, les iPhone standard (12 mégapixels) bénéficient aussi de Process Zero, simplement sans ProRAW ni certaines fonctionnalités avancées.

Cette distinction technique importe. Un photographe occasionnel avec un iPhone 14 obtiendra déjà des résultats nettement supérieurs à l’application native, mais un pro avec un 16 Pro Max débloquera réellement tout le potentiel de l’outil.

Formules et disponibilité

La prévisualisation de Mark III s’ouvre à tous les abonnés Halide et aux propriétaires de Mark II. Il suffit d’appuyer sur le bouton « 3 » dans l’application actuelle. Deux formules existent : 19,99 $ par an ou 59,99 $ en achat unique.

La différence ? L’abonnement annuel inclut automatiquement toutes les mises à jour majeures futures, tandis que l’achat unique couvre uniquement Mark III. Historiquement, Lux sort une version majeure tous les 2 à 4 ans, donc l’abonnement devient rentable si vous prévoyez de garder l’application longtemps. Un essai gratuit de sept jours permet de tester avant d’investir.

La version finale arrivera cet été, accompagnée de Looks supplémentaires et d’une interface entièrement repensée. D’ici là, les photographes mobiles peuvent déjà explorer cette nouvelle approche qui redonne à l’utilisateur le contrôle créatif que les algorithmes lui ont progressivement retiré.

Le pari du « moins, c’est mieux »

Halide Mark III signe ainsi le retour d’une photographie mobile plus consciente, moins automatisée, où l’intention du photographe prime sur les décisions d’un processeur. Une bouffée d’air frais dans un écosystème parfois trop lissé. Alors que la plupart des constructeurs s’engagent dans une course à l’IA toujours plus sophistiquée, Lux fait le pari inverse : redonner au photographe la maîtrise de son image.

Cette approche résonne particulièrement en 2026, année où la fatigue face à la sur-optimisation algorithmique commence à se faire sentir chez certains utilisateurs. Process Zero II n’est pas parfait — vous aurez du bruit en basse lumière, devrez gérer l’exposition manuellement — mais c’est précisément ce compromis qui séduit. Comme le rappelle Lux : « Nous voulons que vous fassiez vos propres choix créatifs, exactement comme vous choisiriez un objectif ou un réglage d’exposition en photographie traditionnelle ».

Source : https://www.lux.camera/mark-iii-looks/

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Passionné par les nouvelles technologies et le hardware, Jordan apporte un regard expert sur l’univers des NAS, où il aime partager ses astuces et découvertes. Curieux et toujours à l’affût des dernières tendances, il explore également les innovations autour de l’intelligence artificielle. Grand utilisateur d’Instagram, il mêle technicité et passion pour offrir des contenus à la fois pointus et accessibles. Chez pixfan.com, Jordan vous guide dans le monde fascinant de la tech avec enthousiasme et expertise.
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