Canon vient de frapper fort. Leur nouvel objectif RF 10-20 mm F4L IS STM détient désormais le record de l’objectif rectiligne le plus large jamais conçu par la marque. Annoncé en novembre 2023, ce petit bijou technologique remplace l’ancien EF 11-24 mm F4L qui faisait fureur chez les photographes de paysages et d’astrophotographie.
- Un bond en avant spectaculaire
- Construction robuste et conception intelligente
- Matériaux premium et étanchéité
- Zoom et mise au point internes
- Bagues et commandes
- Formule optique compacte
- L’élément frontal bombé
- Performance de la longueur focale
- Tests optiques approfondis
- Résistance au flare
- Étoiles de diffraction décevantes
- Corrections numériques indispensables
- Performance macro médiocre
- Autofocus et stabilisation
- Verdict final
Un bond en avant spectaculaire
Sur le papier, cette optique écrase littéralement son prédécesseur. Elle est considérablement plus compacte. Plus légère aussi. Et elle offre des fonctionnalités que l’ancienne génération ne pouvait qu’envier : stabilisation d’image, autofocus véloce, champ de vision élargi, performances optiques améliorées.
Le prix ? Environ 2 699 €. Certes, ça reste une somme conséquente. Mais comparé aux 3 500 € de l’EF 11-24 mm lors de sa sortie, l’économie n’est pas négligeable.
Cependant, un dilemme se pose. D’autres objectifs Canon conçus pour les hybrides couvrent des plages focales similaires. Le RF 14-35 mm F4 et le RF 15-35 mm F2.8 coûtent nettement moins cher.
Alors, cet objectif mérite-t-il vraiment sa place dans votre sac photo ?
Construction robuste et conception intelligente
Matériaux premium et étanchéité
Canon a misé sur un mélange de plastique haut de gamme et de métal. La monture ? Entièrement métallique. Appartenant à la série L, cet objectif bénéficie d’une conception résistante aux intempéries. Poussière et humidité légère ne lui font pas peur. Idéal pour les aventuriers qui photographient en pleine nature.
Un joint d’étanchéité à l’arrière de l’objectif confirme cette protection.
Zoom et mise au point internes
Voici une caractéristique brillante : le zoom et la mise au point s’effectuent complètement à l’intérieur. L’objectif ne s’allonge ni ne se rétracte.
Deux avantages majeurs en découlent. Premièrement, l’étanchéité reste optimale. Deuxièmement, la répartition du poids demeure constante sur un cardan ou un trépied. Les vidéastes apprécieront particulièrement ce détail.
Bagues et commandes
Sur le côté, vous trouverez :
- Un commutateur AF/MF
- Un interrupteur de stabilisation d’image
- Un bouton personnalisable configurable dans le boîtier
- Une bague de zoom avec une friction agréable et une course d’environ 45°
- Une bague de mise au point (un peu petite avec des gants)
- Une bague de contrôle en haut permettant d’ajuster vitesse d’obturation, ouverture, ISO ou balance des blancs
Formule optique compacte
Avec seulement 16 éléments répartis en 12 groupes, la formule optique reste relativement simple pour un ultra-grand-angle. Cette conception explique son poids plume de 570 grammes. Comparez ça aux 1,2 kg de l’EF 11-24 mm F4 ! La différence est flagrante.
Le RF 14-35 mm F4 pèse 540 grammes. Ces deux objectifs occupent donc un espace similaire dans votre sac.
L’élément frontal bombé
À 10mm, le champ de vision extrême nécessite un élément frontal bombé massif avec un pare-soleil intégré. Attention à ne pas rayer cette surface !
Inconvénient majeur : impossible de visser des filtres standards. Vous pouvez utiliser des filtres gélatine à l’arrière, mais oubliez vos filtres circulaires habituels. Si cette fonctionnalité vous est indispensable, le RF 14-35mm F4 reste l’objectif Canon le plus large acceptant des filtres standards.

Performance de la longueur focale
130 degrés de vision pure
À 10 mm, vous capturez un champ de vision maximal de 130 degrés sur un capteur plein format. C’est vertigineux. À 20 mm, vous obtenez encore environ 100 degrés. Toujours impressionnant.
Rectiligne, pas fisheye
La magie réside dans sa conception rectiligne. Contrairement aux objectifs fisheye comme le Laowa 8-15 mm f/2.8, celui-ci produit des lignes droites. Pratiquement aucune distortion, même à 10 mm.
Pour l’architecture, c’est un atout colossal. Mes photos de Londres présentent des lignes parfaitement droites. Un contraste saisissant avec les fisheyes qui déforment tout.
Ouverture constante f/4
L’ouverture f/4 reste constante sur toute la plage focale. Certes, ce n’est pas la plus lumineuse. Mais cette constance ravit photographes et vidéastes.
La qualité d’image m’a agréablement surpris. Je m’attendais à davantage de distorsion et des coins plus mous. Au contraire, les coins restent nets, même aux extrémités du cadre.
Compatibilité APS-C ?
Techniquement, oui. Avec un facteur de recadrage de 1,6x, vous obtenez l’équivalent d’un 16-32 mm. Mais je ne le recommande absolument pas pour les capteurs APS-C. Le Sigma 10-18 mm f/2.8 offre un meilleur rapport qualité-prix pour ce format.
Tests optiques approfondis
L’objectif a été testé sur un Canon EOS R5 avec son capteur de 45 mégapixels.
À 10mm, ouverture f/4 :
- Centre : netteté excellente avec beaucoup de contraste
- Coins : assez bons, légèrement moins nets que le centre
- Quelques artefacts étranges apparaissent (probablement liés à la correction de distorsion)
- Aberration chromatique minimale
- Vignettage bien contrôlé
En fermant à f/5.6, f/8 puis f/11, les coins s’améliorent considérablement. La netteté atteint son apogée. Au-delà de f/16, la diffraction ramollit l’image. À f/22, le flou devient vraiment visible sur les photos haute résolution.
À 20mm, ouverture f/4 :
- Centre : netteté supérieure à 10 mm
- Coins : amélioration spectaculaire, moins d’artefacts
- Même comportement en fermant le diaphragme

Résistance au flare
Excellente performance ! L’objectif maintient un contraste remarquable même face au soleil couchant. Quelques petits artefacts verts, violets et bleus apparaissent occasionnellement, mais ils restent discrets dans le cadre.
Étoiles de diffraction décevantes
Voilà un point faible. Les étoiles n’apparaissent réellement qu’à partir de f/11. Elles deviennent prononcées à f/22. D’autres objectifs similaires produisent des étoiles dès f/8. Dommage pour un objectif destiné aux paysages.
Corrections numériques indispensables
Désactivez les corrections dans Lightroom et préparez-vous au choc ! À 10 mm, la distorsion en barillet devient extrême. Le vignettage aussi, avec des coins carrément noirs.
Fermer le diaphragme n’améliore pas le vignettage. À 20 mm, la distorsion diminue fortement et le vignettage disparaît presque complètement.
Conclusion : gardez les corrections activées. Cet objectif est conçu pour fonctionner avec elles.
Performance macro médiocre
Distance minimale de mise au point : 25 cm. Rapport de reproduction maximal : 0,12x. C’est en dessous de la moyenne pour un ultra-grand-angle. N’espérez pas faire de la macro avec celui-ci.
La qualité d’image en gros plan reste moyenne à f/4. Elle s’améliore nettement à f/5.6 et f/8, devenant très nette à f/11. Mais clairement, la photographie rapprochée n’est pas son point fort.
Autofocus et stabilisation
Moteur STM au lieu d’USM
Canon a choisi un moteur STM (stepping motor) plutôt que l’USM (ultrasonic motor) qu’on trouve habituellement sur les objectifs série L. Pourquoi ?
Probablement pour réduire les coûts. L’USM coûte plus cher. Et avec un champ de vision aussi extrême, un autofocus ultra-rapide n’est pas critique. Tout reste net de toute façon.
Stabilisation impressionnante
Canon compense avec une stabilisation d’image remarquable. Seul, l’objectif offre environ 5 stops de compensation. Couplé à un boîtier avec stabilisation intégrée comme le R5, vous atteignez 6 stops !
La vidéo montre le système Movie IS en action. Oui, il y a le wobble classique de Canon dans les coins à 10 mm. Mais c’est bien meilleur que le RF 14-35 mm grâce au nouveau système Movie IS.
L’autofocus reste rapide et fiable. Cet objectif excelle autant en photo qu’en vidéo. Canon investit enfin sérieusement dans les optiques hybrides.
Verdict final
Comparaison avec l’EF 11-24mm F4
Sans hésitation, vendez l’ancien et achetez le nouveau. Ce RF 10-20mm surpasse son prédécesseur dans tous les domaines. Plus compact, plus léger, plus large, meilleure qualité d’image, plus polyvalent. Ajoutez la stabilisation et l’autofocus moderne, et le choix devient évident.
Le dilemme du RF 14-35mm F4
Voilà où ça se complique. Le RF 14-35 mm F4 coûte significativement moins cher. Il couvre une plage focale très similaire. Pour la plupart des photographes de paysages, je recommanderais le 14-35 mm.
Achetez le 10-20 mm uniquement si vous avez absolument besoin de ces 4 mm supplémentaires. Peu de gens entrent dans cette catégorie. Mais si vous en faites partie, vous ne serez pas déçu. Préparez-vous simplement à débourser une somme rondelette.
Score global : 39/50
J’ai adoré utiliser cet objectif. Les photos sont magnifiques. Je le recommande pour votre sac photo, mais avec des réserves budgétaires.
À vous maintenant : Choisiriez-vous le 10-20 mm ou le 14-35 mm F4 plus polyvalent ? La discussion est ouverte !
