Cinq jours. 149 exposants. Des milliers de passionnés arpentant les halls du Pacifico Yokohama sous le thème « Make Your World Stand Out ». Le CP+ 2026 a fermé ses portes le 1er mars dernier, et le verdict est sans appel : cette édition historique a non seulement tenu ses promesses, mais les a largement dépassées. Canon, Nikon, Sigma, Zeiss, Sony… les annonces ont fusé. Compte rendu d’un salon photo 2026 qui confirme définitivement Yokohama comme la capitale mondiale de la photographie.
- À retenir
- CP+ 2026 : Le salon qui a tenu son pari
- Les annonces qui ont fait vibrer le salon
- 149 exposants : la diversification confirmée
- La Zines Fair : le pari culturel réussi
- Yokohama a accueilli le monde entier
- Tokyo a définitivement gagné
- FAQ – Bilan CP+ 2026
- Quelles ont été les principales annonces du CP+ 2026 ?
- Combien de visiteurs ont assisté au CP+ 2026 ?
- Peut-on encore voir les conférences du CP+ 2026 en ligne ?
À retenir
- Record battu : 149 exposants présents (dont 43 nouveaux venus et 38 marques internationales)
- Annonces majeures : Sigma 35mm f/1.4 DG II Art, Sigma 15mm f/1.4, Canon Analog Concept Camera, Zeiss Otus ML 35mm f/1.4, Tamron 35-100mm f/2.8, Sony A7V en première mondiale physique
- Zines Fair agrandie de 50% : succès populaire, particulièrement auprès des jeunes créateurs
- 5 jours intenses : 23 workshops, masterclasses, expositions thématiques et premières mondiales
- Bilan audience : en hausse nette sur les 56 000 visiteurs et 420 000 spectateurs en ligne de 2025
CP+ 2026 : Le salon qui a tenu son pari
Je me souviens de ma première visite au CP+ en 2022. Les allées étaient calmes, presque studieuses. L’événement cherchait encore son identité après le Covid. Puis quelque chose a basculé — progressivement, puis d’un coup. Cette édition 2026 en a apporté la confirmation définitive : le CP+ n’est plus en train de « devenir » le plus grand salon photo au monde. Il l’est.
Organisé par la CIPA (Camera and Imaging Products Association), le salon a tenu toutes les promesses formulées en décembre dernier. Les 149 exposants confirmés étaient bien au rendez-vous le 26 février à l’ouverture des portes du Pacifico Yokohama — avec une matinée VIP et presse jusqu’à midi avant l’ouverture au grand public, sage décision qui a permis une couverture médiatique de qualité.
Le vide laissé par Photokina en 2020 ? Définitivement comblé. Et avec une identité propre, plus accessible, plus culturelle, plus vivante que ne l’était jamais le salon allemand à la fin de sa vie.
Les annonces qui ont fait vibrer le salon
C’est peut-être l’une des surprises de cette édition : contrairement aux années précédentes où les fabricants gardaient leurs cartouches pour d’autres événements, le CP+ 2026 a été généreux en révélations. PetaPixel et Digital Camera World ont couvert en direct une liste d’annonces impressionnante.
Sigma a frappé fort avec deux objectifs très attendus. D’abord, la refonte totale d’une optique culte : le Sigma 35mm f/1.4 DG II Art, successeur direct du modèle qui avait lancé toute la série Art en 2012 — une page qui se tourne, et une nouvelle qui commence. Ensuite, le Sigma 15mm f/1.4 DC Contemporary, grand-angle lumineux pour capteurs APS-C compatible Sony E, Fujifilm X et Canon RF-S. Deux sorties qui confirment Sigma comme le fabricant d’objectifs indépendants le plus actif du moment.
Canon a surpris tout le monde avec son Analog Concept Camera — un prototype cubique qui réinvente l’expérience photographique en sondant l’intérêt du public pour une esthétique analogique dans un boîtier numérique. La marque en a également profité pour célébrer les 30 ans de sa gamme PowerShot, avec une exposition sur son stand présentant le palmarès des compacts les plus aimés, voté par les internautes japonais entre décembre et janvier.
Sony a mis en avant son Alpha A7V pour la première fois en prise en main physique au grand public. Le stand Sony proposait notamment une démonstration spectaculaire du tracking autofocus avec une voiture RC haute vitesse — une façon habile de montrer les capacités du système en conditions sportives extrêmes.

Zeiss a complété sa gamme Otus ML avec le 35mm f/1.4, troisième prime manuel f/1.4 d’une ligne qui s’affirme comme l’alternative ultra-premium pour les puristes. Et Tamron a dévoilé le 35-100mm f/2.8 Di III VXD, zoom atypique et compact que nos confrères de Phototrend ont eu l’occasion de tester en avant-première.
OM System a également marqué les esprits avec l’OM-3 Astro, déclinaison du boîtier hybride au look vintage spécialement pensée pour la photographie de ciel étoilé — une niche en pleine explosion qui reflète l’élargissement du public photographe.
Côté Fujifilm et Panasonic, le mystère a été maintenu sur place. Fujifilm avait prévu un X Summit dédié le 5 mars, axé sur les objectifs en monture X — fidèle à ses habitudes de communication indépendante du salon.
149 exposants : la diversification confirmée
L’une des grandes réussites du CP+ 2026 aura été de confirmer la transformation du salon bien au-delà du seul univers des boîtiers et objectifs. Les 43 nouveaux exposants ont apporté un vent de fraîcheur : startups IA pour l’édition photo, fabricants de drones, accessoiristes vidéo, et marques d’éclairage LED.
La présence de CYME avec son logiciel Peakto — gestionnaire photo et vidéo dopé à l’IA, désormais disponible en japonais — illustrait parfaitement cette convergence entre logiciel et matériel. Même chose du côté de DxO Labs, autre présence française remarquée dans les allées de Yokohama. L’industrie photographique ne se résume plus à la mécanique optique. Elle englobe un écosystème numérique complet, et le bilan CP+ 2026 en est le reflet le plus fidèle.
Parmi les curiosités de cette édition : Sigma a également annoncé la création d’une filiale agricole dans la région d’Aizu — là où se trouve son unique usine au monde. Un geste fort qui illustre l’ancrage profond et inattendu de la marque dans son territoire.
La Zines Fair : le pari culturel réussi
Un détail révèle beaucoup sur la santé d’un salon : ce qui se passe dans ses marges. La Zines Fair du CP+ 2026, agrandie de 50%, a attiré massivement la jeune génération japonaise avec ses fanzines photographiques, publications artisanales et tirages alternatifs.
Pendant que Canon célébrait ses 30 ans de PowerShot sur un stand immense, des étudiants des Beaux-Arts vendaient leurs zines à quelques centaines de yens dans un coin du salon. Cette cohabitation entre industrie mainstream et scène indépendante fait toute la richesse du compte rendu CP+ 2026. Un événement corporate qui réussit à intégrer une dimension underground aussi authentique, c’est rarissime.
Les animations grand public ont également cartonné. Le Diorama Géant avec Train Miniature, revenu dans une version encore plus grande, a attiré des files d’attente impressionnantes. Le Studio Peluches — espace dédié aux séances photo avec peluches, tendance massive chez les jeunes photographes japonais — a confirmé que le CP+ sait parfaitement lire les usages émergents. Les 23 workshops, les masterclasses de photographes internationaux et les expositions thématiques (Cat Photo Exhibition, ZOOMS, Photo Koshien, Student Club Exhibition) ont complété une programmation sans équivalent.
Yokohama a accueilli le monde entier
Du 26 février au 1er mars, le Pacifico Yokohama a été le centre névralgique de l’industrie mondiale de la photo. Les journées du vendredi et samedi ont été les plus chargées, avec des allées parfois difficiles à traverser. Le dispositif d’entrée — gratuit sur inscription, avec ouverture presse le premier matin — a bien fonctionné pour réguler les flux.
Le volet numérique a confirmé son efficacité. Les archives des conférences restent disponibles en ligne jusqu’au 31 mars sur le site officiel du CP+, sans inscription requise. Des centaines de milliers de spectateurs ont suivi les sessions en direct depuis l’Europe, les Amériques et l’Asie, prouvant une fois encore que le streaming amplifie la fréquentation physique plutôt qu’il ne la concurrence.
Mais rien n’a remplacé la présence sur site. Impossible de tester l’ergonomie du nouveau Zeiss derrière son écran. Impossible de sentir le bokeh du Sigma 35mm f/1.4 DG II Art en conditions réelles. Et impossible de croiser par hasard ce photographe dont vous suivez le travail depuis des années, qui animait justement un workshop le lendemain matin.
Tokyo a définitivement gagné
L’an dernier, j’avais croisé un responsable produit de Fujifilm submergé par les questions d’un retraité qui shootait en argentique depuis 40 ans. « Au CP+, on ne peut pas tricher », m’avait-il dit. Cette édition 2026 l’a confirmé avec éclat.
Le bilan CP+ 2026 confirme un basculement géopolitique durable de l’industrie photographique. Le Japon concentre les usines (Canon, Nikon, Sony, Fujifilm, Panasonic, Sigma, Tamron…), le public le plus exigeant, et désormais l’événement de référence internationale. D’autres salons gardent leur pertinence locale — The Photography Show à Londres, le Salon de la Photo à Paris — mais pour qui veut prendre le pouls de l’industrie mondiale de l’image, l’adresse est désormais claire : Pacifico Yokohama, fin février, chaque année.
Rendez-vous au CP+ 2027.
Vous avez suivi le CP+ 2026 en ligne ou sur place ? Partagez vos impressions en commentaire — les annonces qui vous ont le plus surpris, les stands qui valaient le détour, ou l’ambiance du salon en quelques mots.
FAQ – Bilan CP+ 2026
Quelles ont été les principales annonces du CP+ 2026 ?
Le CP+ 2026 a été marqué par plusieurs révélations : le Sigma 35mm f/1.4 DG II Art (refonte d’une optique culte), le Sigma 15mm f/1.4 DC Contemporary pour APS-C, la Canon Analog Concept Camera (prototype cubique rétro-numérique), le Zeiss Otus ML 35mm f/1.4, le Tamron 35-100mm f/2.8 Di III VXD, et l’OM System OM-3 Astro dédié à l’astrophotographie. Sony a présenté l’A7V en première prise en main physique publique.
Combien de visiteurs ont assisté au CP+ 2026 ?
Les chiffres officiels définitifs de la CIPA n’ont pas encore été publiés. L’édition 2025 avait attiré 56 000 visiteurs physiques et 420 000 spectateurs en ligne. Les organisateurs anticipaient une fréquentation supérieure pour 2026, et les retours terrain confirment des halls particulièrement chargés les vendredi et samedi.
Peut-on encore voir les conférences du CP+ 2026 en ligne ?
Oui. Les archives de toutes les conférences et masterclasses du CP+ 2026 restent accessibles gratuitement sur le site officiel jusqu’au 31 mars 2026, sans inscription requise.
