La course aux mégapixels semblait au point mort, mais c’était le calme avant la tempête. Si les bruits de couloir se confirment, l’arrivée imminente d’un Sony capteur 180MP moyen format s’apprête à redéfinir brutalement les standards de l’industrie. Et croyez-moi, la concurrence n’est pas prête.
La fin de l’ère des 100 mégapixels
On pensait sincèrement avoir atteint une limite confortable. Depuis près de sept ans, le monde de la haute résolution ronronnait gentiment autour des 100 mégapixels. C’était un « plafond de verre » technique imposé par Sony à ses partenaires comme Fujifilm ou Hasselblad. C’était propre, c’était beau… mais c’était terriblement statique. Or, voilà que la digue cède : ce fameux Sony capteur 180MP moyen format serait bel et bien dans les cartons pour une annonce très prochaine.
Je me souviens encore de la première fois que j’ai dérushé des fichiers du GFX 100 sur un grand moniteur calibré ; j’avais cette sensation vertigineuse de pouvoir « rentrer » dans l’image, de toucher la texture de la peau du modèle presque physiquement. Imaginez maintenant doubler presque cette sensation avec 80% de résolution en plus. C’est techniquement effrayant, mais artistiquement fascinant.
Sony capteur 180MP moyen format : l’impact sur le plein format

Ce qui change la donne ici, ce n’est pas juste le chiffre sur la fiche technique, c’est la densité de pixels. Si cette technologie se confirme — et mes confrères de Sony Alpha Rumors semblent prêts à mettre leur main au feu avec une fiabilité estimée à 100% —, nous sommes à l’aube d’une nouvelle ère.
Mais gardons la tête froide une seconde et sortons la calculatrice. Une telle densité transposée sur un capteur 24×36 nous amènerait théoriquement à des boîtiers de 107 mégapixels. Vous imaginez un futur Sony A7R VI avec une telle définition ? Cela pulvériserait littéralement le standard actuel des 61 MP. Reste à savoir si nos ordinateurs, eux, survivront au traitement de ces fichiers titanesques sans prendre feu.
Pourquoi l’architecture de 2018 ne suffit plus
Il faut dire que l’industrie en avait besoin. J’ai eu l’occasion de discuter avec des ingénieurs lors d’un salon photo l’année dernière — c’était au CP+, dans cette ambiance électrique propre à Yokohama où la technologie est presque une religion — et on sentait bien une certaine frustration. Les capteurs actuels reposent sur une architecture qui date de 2018. Une éternité en temps technologique !
Ce nouveau Sony capteur 180MP moyen format ne serait pas juste plus « défini », il marquerait probablement l’arrivée de technologies empilées (stacked) sur ce grand format. Cela offrirait enfin une vitesse de lecture capable de nous faire oublier le fameux rolling shutter qui gâche encore trop de clichés en obturation électronique.
Ferrari contre berline : qui va s’équiper ?
Bien sûr, tout cela soulève une question cruciale : qui va utiliser ça ? Fujifilm semble être le candidat idéal pour ses futurs GFX, et Leica, avec son mystérieux S4, pourrait bien vouloir frapper un grand coup pour son retour. On parle là de concurrencer directement les dos numériques Phase One, mais pour une fraction du prix. C’est un peu comme si on proposait une Ferrari au prix d’une berline allemande haut de gamme ; ça risque de bousculer l’ordre établi.
Canon, de son côté, reste silencieux avec ses prototypes de 250 MP, mais on connaît la chanson… ils observent, prêts à dégainer. Mais dites-moi, au-delà de la prouesse technique, est-ce que vos disques durs sont vraiment prêts à encaisser des fichiers RAW de 200 Mo pièce ?
