Vivian Maier la mystérieuse photographe américaine

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Vivian Maier la mystérieuse photographe américaine d’origine française de par sa mère.

Couverture : Septembre 29, 1959. New York, NY © Vivian Maier/Maloof Collection, Courtesy Howard Greenberg Gallery, New York

De Vivian Maier on ne connait presque rien. Pourtant, elle s’inscrit de fait au Panthéon des grands nom de la photographie aux côtés de Diane Arbus, Robert Frank, Helen Levitt ou Garry Winogrand.

Vivian Maier restera à jamais une énigme

Née le 1er février 1926 à New York, Vivian Maier exerça à partir du début des années 1950 et pendant plus de quarante ans le métier de gouvernante d’enfants à New York puis à Chicago. Un métier qu’elle a choisi pour la liberté qu’il lui offre afin de s’adonner à son jardin secret, la photographie.

Pendant son temps libre, elle photographiait la rue, les gens, les objets, les paysages. Elle pratiquait une photographie compulsive. Elle a ainsi raconté la beauté des choses ordinaires, cherchant dans le quotidien, dans le banal son inspiration et le moteur de sa pratique.

Chroniques américaines, son témoignage raconte l’Amérique d’après-guerre dans ce qu’elle a de plus profond, le quotidien des anonymes.

Son corpus photographique composait de quelques 120 000 négatifs, films super 8 et 16mm, est resté inconnue jusqu’à sa disparition en 2009 dans l’anonymat le plus complet. Il aura fallu toute la pugnacité du jeune agent immobilier, John Maloof pour sauver ce formidable héritage de la photographie contemporaine.

Vivian MaierMilwaukee, Wisconsin
© Vivian Maier/Maloof Collection, Courtesy Howard Greenberg Gallery, New York

Vivian Maier1959, Grenoble, France
© Vivian Maier/Maloof Collection, Courtesy Howard Greenberg Gallery, New York

Vivian MaierSans titre, s.d.
Undated
© Vivian Maier/Maloof Collection, Courtesy Howard Greenberg Gallery, New York

Une vie par procuration

Son monde c’était les autres, des inconnus, des anonymes, que la photographe immortalise furtivement. Il y a chez Maier un sentiment d’urgence, déclencher pour mieux fixer le temps qui fuit.

Pour Édouard Boubat “Il faut travailler et arracher quelque chose à cette vie qui est tellement plate, où tout droit être étale. La photo est un peu cet arrachement. Elle est complètement liée à la mort et au temps, c’est un fait, et c’est pourquoi elle est parfois si prenante. Il y a toujours pour chacun de nous cette idée de retenir un peu de ce sable qui nous file entre les doigts. Qu’est-ce qui nous reste, parfois, de gens qu’on a aimés pendant dix ans, de tous ces moments de vie si furtifs qu’on a vécus avec eux, si ce n’est une photo ?”
Source Le Monde 13 mars 1980

Même si elle n’apparait pas sur l’image, elle n’en occupe pas moins une position centrale par sa manière de cadrer ou par le reflet de son visage, son ombre qui s’allonge sur le sol ou le contour de sa silhouette qu’elle aime ajouter à la scène. Ses nombreux autoportraits signent également une volonté d’opérer une quête d’elle-même.

Vivian MaierSeptembre 18, 1962
© Vivian Maier/Maloof Collection, Courtesy Howard Greenberg Gallery, New York

Vivian MaierSeptember 1959. New York, NY
© Vivian Maier/Maloof Collection, Courtesy Howard Greenberg Gallery, New York

Vivian MaierJanuary 9, 1957. Florida
© Vivian Maier/Maloof Collection, Courtesy Howard Greenberg Gallery, New York

“Elle a raconté la beauté des choses ordinaires, cherchant dans le quotidien, dans le banal, les fissures imperceptibles, les inflexions furtives du réel.”
Anne Morin

Son monde en couleur

Vivian Maier aborde la photographie en couleur dès le début des années 70. Le passage à la couleur s’accompagne d’un changement de pratique puisque la photographe travaille désormais avec un Leica. L’appareil est léger, facilement transportable; la prise de vue est directement effectuée à la hauteur du regard, contrairement à son fidèle Rolleiflex.

Elle affirme sa pratique en affrontant le contact visuel avec les autres et en photographiant le monde en couleur, soulignant des détails stridents, pointant des dissonances bigarrées ou en jouant avec les contrepoints chatoyants.

Vivian MaierNovember 1977
© Vivian Maier/Maloof Collection, Courtesy Howard Greenberg Gallery, New York

Vivian MaierMay 1979
© Vivian Maier/Maloof Collection, Courtesy Howard Greenberg Gallery, New York

Vivian MaierAugust 1975
© Vivian Maier/Maloof Collection, Courtesy Howard Greenberg Gallery, New York

L’exposition a été conçue par Anne Morin en collaboration avec John Maalouf et la Galerie Howard Greenberg de New York.

Informations pratiques

Vivian Maier, Chroniques américaines
Exposition du 28 octobre 2016 au 19 février 2017

CAMPREDON Centre d’art
20, rue du Docteur Tallet
L’Isle-sur-la-Sorgue

Horaires

Du mardi au dimanche de 10h à 12h30 et de 14h à 17h30 (Fermeture des caisses à 12h et à 17h)
Fermetures les 1er et 11 novembre, 25 décembre et du 1er au 8 janvier.

Tarifs

Entrée : 7€
Réduit : 6€ (étudiants, groupes de 10 personnes minimum)

http://www.campredoncentredart.com/

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A propos de l'auteur

Auteur : Antony Barroux. Depuis juillet 2006, Pixfan traite de l’actualité de la photographie : expositions, astuces et découvertes de photographes connus ou en devenir.

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