Tristan Quevilly vous invite à découvrir la Colombie

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Installé en Colombie depuis plus de 2 ans, le photographe Tristan Quevilly vous invite à découvrir toutes les facettes de ce pays classé dans le TOP 10 des destinations à visiter en 2017 par le guide Lonely Planet.

Le travail de Tristan Quevilly vise à présenter la diversité de ce pays à travers des photographies de paysages et de portraits.

Les images de Tristan Quevilly ont été publiées en novembre dernier sur le site web de Geo Magazine, ainsi que sur le site hollandais Digiphotopro, le Wild Photo Magazine et le site espagnol Maldita Cultura.

La Colombie est à l’honneur de tous les guides touristiques cette année à l’occasion de l’année France-Colombie. De nombreux évènements sont organisés dans les 2 pays.

A propos de la Colombie :

Qu’est ce qui vous a poussé à vous installer en Colombie ?

Tristan Quevilly : J’ai fait un voyage Amérique Latine qui duré a 3 ans afin de prospecter et trouver une terre parfaite pour y vivre. La Colombie était restée dans mon top 3. Lors de ma première visite il y a 12 ans, j’ai été incroyablement surpris par la tranquillité du pays, l’accueil et la chaleur humaine de gens. Par exemple a Medellin une famille m’avait adopté pendant 1 mois et ne voulait plus que je parte tellement ils étaient contents de recevoir un étranger. Le pays est vraiment a l’opposé de se réputation, ce qui en fait un pays en or !

Quels sont vos coins préférés ?

Mon coin préfèré est l’endroit ou j’habite ! C’est la région de la Sierra Nevada de Santa Marta. Il y a absolument tout ici, a commencer par la montagne la plus haute en bord de mer avec ses 5775m ( Picos Colón et Bolivar). Des plages caribéennes jusqu’aux sommets, il y a 4 stations climatiques avec une faune et une flore incroyable, de grandes portions de forêts primaires, des cascades dans toutes les vallées, et surtout la communauté indigène Kogui, nos “grands frères” protecteurs de la montagne. C’est une culture qui me fascine et que je respecte beaucoup. Pres de la Sierra Nevada, il y a aussi un magnifique désert qui s’appelle la Guajira, habité par le peuple Wayuu, le fabuleux parc Tayrona avec des plages aux airs de Seychelles. Je suis encore loin d’avoir exploré toute la région.
Le reste du pays est aussi magnifique, chaque région est très différente, avec les zones vierges du Choco dans le pacifique, les hautes montagnes Andines, les rivières aux 5 couleurs comme Cano Cristales, ou encore la foret Amazonienne.

Quels types de circuit proposez-vous chez Aventure Colombia ?

On propose tout type de circuit, du plus classique au plus “hors sentier battus”. Généralement les voyageurs cherchent avoir un aperçu global de la Colombie en 15 jours ce qui va engendrer des grands déplacement. Pourtant chaque région mériterait d’être approfondie, et les endroits qui m’ont le plus bouleversé sont les plus reculés et difficiles d’accès. La Colombie regorge de grands espaces ou la nature est reine.

Tristan QuevillyLever de Soleil dans les Andes Colombiennes.

Tristan QuevillyCoucher de Soleil sur la mer de Caraïbes, prise depuis le Cerro Kennedy (Sierra Nevada de Santa Marta) a 3000m d’altitude. Superbe trek ou l’on peut faire le lendemain matin un lever de soleil au dessus des nuages.

Tristan QuevillyPortrait d’enfants Kogui prise lors de l’anniversaire d’un village dans la Sierra Nevada de Santa Marta.

Tristan QuevillyPortrait de femmes Kogui prise lors de l’anniversaire d’un village dans la Sierra Nevada de Santa Marta.

Tristan QuevillyPortrait d’une indigène Guambiana – Marché de Silvia dans le Cauca.

Tristan Quevilly“Ni Nakh Luni” – L’une des nombreuses et magnifiques cascades de la Sierra Nevada de Santa Marta.

Tristan Quevilly“Moun Ze” – Portrait d’un enfant Kogui pris – Sierra Nevada de Santa Marta.

Tristan Quevilly“Nô Luka” – Portrait d’une enfant Kogui – Sierra Nevada de Santa Marta.

A propos de Tristan Quevilly :

Pouvez-vous nous décrire votre parcours photographique ?

Depuis 15 ans je travaille dans le tourisme, ce qui m’a emmené a vivre a l’étranger, et changer de pays en moyenne tous les 6 mois. C’est une durée parfaite pour avoir un bon aperçu un pays, car on a le temps de revenir plusieurs fois au même endroit dans des conditions chaque fois différentes. Cela m’a permis de découvrir le Sénégal, le Maroc, le Brésil, le Mexique, la Croatie, l’ile Maurice, et plein d’autres pays magnifiques. Cependant ce rythme de vie ne permet pas de construire une vie matérielle, et la photo a toujours été le seul moyen de rapporter quelque chose de ces destinations.

Il y a 5 ans j’ai décidé d’investir dans du matériel professionnel car je me disais que c’était maintenant que je faisais les voyages, et peut être pas après… Plus le temps passe, et plus j’étudie sérieusement la photographie, c’est un domaine infini. J’ai aussi la chance d’avoir un métier qui me fait voyager énormément, étant chargé de la création des nouveaux tours pour l’agence, et d’être très souvent dans la nature. J’accompagne aussi souvent des groupes en tant que guide, et partout ou je vais, je prend mon appareil avec moi, on ne sait jamais quelle expérience on va vivre le lendemain.

Quel est le fil directeur de votre thème favoris ou de vos thèmes en général ?

J’ai toujours eu une attirance pour les espaces les plus bruts et les plus reculés. J’aime montrer des paysages vierges de toute intervention humaine afin de les rendre intemporels. De même dans le domaine du portrait, je suis fasciné par les cultures ancestrales dont les traditions sont restées préservées depuis des siècles. Dans ses parties les plus sauvages, la Colombie a encore des peuples qui n’auraient jamais eu de contacts avec l’homme moderne. J’essaie a travers mes photos de passer un message sur l’importance de la protection de la nature ou des cultures.

De l’idée initiale au résultat final, comment travaillez-vous ?

Je commence toujours par faire des recherches sur l’endroit avant d’y aller, afin de voir le travail photographique qui a été fait auparavant, et dans la mesure du possible, planifier mes sessions pour être au bon endroit, au bon moment.

Pour les paysages j’essaie d être présents aux heures magiques de lumière. A force de voyager, j’ai des milliers et milliers de photos, alors j’essaie de ne plus prendre de photos aux heures ou la lumière est la plus crue puisque ca ne sera pas celles la que je montrerai après sélection.
Sur place, j’analyse l’endroit et prévisualise la photo finale que j’aimerai avoir, c’est ca qui va dicter mes réglages.

J’essaie de rester bien attentif à mon histogramme et bien sur travailler en RAW. Quand la lumière est trop contrastée et ne permet pas de garder tout le rang d’exposition en une seule prise, j’ai maintenant tendance a prendre plusieurs prises en bracketing afin qu’il n’y ait aucun ton bouché ou de lumière brulée, De même je commence à être très regardant sur a la netteté en faisant du focus stacking (technique qui consiste à prendre plusieurs photos à des mises au point différentes), afin d’avoir une photo extrêmement nette du premier au dernier plan.
J’essaie donc de revenir chez moi avec le maximum d’information possible dans le boitier et ne pas être bloqué en post traitement. Ensuite je vais emmener ces différents clichés dans Photoshop et travailler mon image finale via des techniques de masques de luminosité. Il m’arrive de passer 4 heure sur une seule photo, c’est un vrai plaisir !

Pour le portrait, le plus important pour moi va être l’émotion que véhicule l’image. J’aime avoir un échange avec la personne avant le prendre en photo pour qu’ils ne voient pas comme un simple étranger ou un simple photographe. Par exemple, pour les enfants je leur fait d’abords des tours de magie ce qui marche en général très bien, ils adorent ca ;-). Je vais également accorder une grande importance a la qualité de la lumières pour sublimer ces visages. Dans ce domaine, j’aime beaucoup travailler avec des lumières douces et directionnelles.
Je fais en général peu de retouches pour les portraits, et essaie d’avoir une prise parfaite dès le raw de départ. J’ai beaucoup étudié la photographie de mariage, et bien que je n’ai fait que 2 mariages en tant que photographe, cela me sert beaucoup pour les portraits de voyage.

Ou puisez-vous votre inspiration ?

J’aime passer du temps a regarder des images sur des sites comme 1X.com, ou 500px.com. Il y a un paquet de photographes extrêmement doués, ça fait même peur. Je le fait notamment comme exercice, afin de m’entrainer a la critique. Ça m’aide a définir mon style d’observer ce qui me plait ou pas, d’analyser les lignes directrices, la composition, ou imaginer comment ils sont arrivés a ce résultat. C’est un excellent travail à faire, cela nous muscle l’esprit et nous aide dans la phase de prévisualisation lorsqu’on est sur le terrain.

J’apprécie énormément le travail d’Enrico Fossati qui est pour moi l’un des meilleurs photographes de paysage du monde, mais également Erin Babnik ou Ted Gore. Pour le reste, je place au sommet Sebastião Salgado, qui est l’un des plus grand photographe de la planète.

Qu’est ce qui vous touche le plus en général dans une image ?

Question difficile, chaque image me touche d’une manière différente. Le plus beau est qu’une simple image en 2 dimensions a une force invisible capable de créer un rêve, donner de l’espoir ou de la tristesse et aussi de donner envie de voyager plus, de connaitre d’autres cultures, d’apprendre encore et encore, et surtout se dépasser soi même pour y arriver.

Quel est votre actualité photographique dans les prochains mois ?

J’envisage un petit voyage a Cuba le mois prochain, une île que j’aime énormément. J’y avais passé 7 mois en 2004, mais je ne faisais pas encore de photographie. J’espère cette fois ci pouvoir y faire de beaux portraits, et voir si il y a quelques opportunités de photos de paysages. Mais ce que je préfère vraiment a Cuba ce sont les gens : une gaité, une authenticité incroyable, on a l’impression de vivre dans un théâtre la bas ! Ensuite je rentre 2 mois en France, (ca fait longtemps!) avant de revenir en Colombie fin juin ou j’ai un voyage de prévu dans le pacifique, et vers le volcan du Purace.

Tristan Quevilly“Magical Forest” – Photo prise en foret durant le trek de la Cité Perdue dans la Sierra Nevada de Santa Marta. Trek réalisable en 4 ou 5 jours.

Tristan Quevilly“A World in the cloud” – Coucher de Soleil dans la Sierra Nevada de Santa Marta.

Tristan Quevilly“A long way to the sea” – Coucher de Soleil a la plage d’Arrecifes dans le magnifique parc Tayrona, grande reserve de 60 hectares de plages et de forêts. Grande diversité de faune et de flore.

Tristan QuevillyPortrait d’un couple Koguis dans la Sierra Nevada. Les femmes portent un collier de couleur et une épaule nue, tandis que les hommes portent leur sac en bandoulière appellée mochila.

Tristan Quevilly“The Mamo’s House” – Photo de la Hutte d’un Mamo Kogui ( chef spirituel du village). Dans cette hutte les hommes se réunissent pour prendre les grandes décisions de la communauté. Les femmes ont leur propre hutte pour se réunir également.

Tristan Quevilly“Sky Connection” Photo nocturne prise dans un village Kogui – Les maisons s’appellent des Chosas (entièrement écologiques) –  Sierra Nevada de Santa Marta.

Tristan Quevilly“El Arriero” – Portrait d’un arriero Kogui (muletier) – Sierra Nevada de Santa Marta. Pendant plusieurs jours il faisait comme si je n’existais pas, il n’aime vraiment pas les civils. J’ai eu de la chance qu’il m’accorde un peu de confiance.

Retrouvez toutes les images Tristan Quevilly sur son site personnel : http://tristan29photography.com/

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A propos de l'auteur

Auteur : Antony Barroux. Depuis juillet 2006, Pixfan traite de l’actualité de la photographie : expositions, astuces et découvertes de photographes connus ou en devenir.

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