Les grandes figures féminines de la Photo : Tina Modotti

Les grandes figures féminines de la Photo : Tina Modotti

6 minute(s) de lecture
Photo Tina Modotti Homme portant une poutre, 1928 Collection et archives de la Fundación Televisa, Mexico

Longtemps éclipsée par son compagnon Edward Weston, Modotti sort enfin de l’ombre. On redécouvre aujourd’hui l’originalité de son travail, son regard si singulier. Cette artiste a marqué son époque en renouvelant l’image de la femme mexicaine. Elle fait partie de ces créatrices des années 20 qui ont révolutionné la photographie.

L’exposition au Jeu de Paume est l’occasion de se plonger dans son parcours hors-norme. De quoi mieux cerner cette personnalité aussi fascinante qu’engagée.

Photo Abel Plenn
Tina Modotti Vers 1927
The Museum of Modern Art, New York Image digitale © 2024 Museum of Modern Art, New York/Scala, Florence

« Je ne cherche pas à
produire de l’art mais des
photographies honnêtes,
sans avoir recours à des
truquages ou à des artifices,
alors que la majorité des
photographes continuent
à rechercher des effets
artistiques ou à imiter
d’autres expressions
plastiques. Cela donne
un produit hybride, qui
ne nous permet pas de
distinguer dans l’oeuvre
sa caractéristique la plus
significative : sa qualité
photographique. »

Tina Modotti, Sobre la fotografía, in Mexican Folkways,
vol. 5, no 4, oct.-déc. 1929

Cette rétrospective d’envergure est la plus importante jamais consacrée en France à la photographe. Fruit de 6 années de recherches, elle rassemble près de 240 tirages retraçant la vie, la carrière et l’œuvre de cette pionnière de la photographie.

Modotti a vécu une époque charnière, marquée par des événements historiques majeurs comme l’émigration européenne vers les Amériques, la Révolution mexicaine ou encore la guerre civile espagnole. Évoluant dans les cercles d’avant-garde au Mexique, elle documente notamment le travail des muralistes Rivera et Orozco.

Photo Tina Modotti
Femme au drapeau 1927
The Museum of Modern Art, New York Image digitale © 2024 Museum of Modern Art, New York/Scala, Florence

Son œuvre, politiquement engagée, dénonce la situation des classes défavorisées. Sans se revendiquer féministe, Modotti incarne cette nouvelle génération de femmes affirmant leur statut de sujets et de citoyennes à part entière.

Longtemps méconnue, sa vision singulière et novatrice de la photographie n’est reconnue qu’à partir des années 70. Dépassant l’enseignement formaliste de Weston, elle change la perception du médium au Mexique, devenant une référence pour d’autres comme Álvarez Bravo.

Photo Tina Modotti
Réservoir no 1 1927
Tirage gélatino-argentique réalisé par Manuel Álvarez Bravo
Avec l’aimable autorisation de la galerie Throckmorton Fine Art, New York

Cette exposition majeure permet enfin de redécouvrir l’ampleur du travail de Modotti, dont le nombre d’œuvres répertoriées ne cesse de s’accroître au fil des découvertes. Une plongée fascinante dans l’univers d’une artiste iconique, à la croisée de l’art et de l’engagement politique.

Sans titre (Indiens transportant des chargements de feuilles de maïs pour la préparation des « tamales ») 1926-1929
San Francisco Museum of Modern Art. Donation de l’Art Supporting Foundation, John « Launny » Steffens, Sandra Lloyd, Shawn et Brook Byers, Mr. et Mrs. George F. Jewett, Jr., et donateurs anonymes

Tina Modotti (1896-1942)

Elle a vécu une époque marquée par des événements historiques majeurs : émigration économique en Amérique, naissance du cinéma muet, Révolution mexicaine, essor du muralisme engagé, revendications indigènes et féministes, luttes politiques après 1917, guerre d’Espagne.

Pionnière de la photographie des années 1920, son œuvre d’environ 400 clichés ne cesse de s’enrichir au fil des découvertes. Modotti a exercé une grande influence sur la photo mexicaine, de Manuel Álvarez Bravo à Graciela Iturbide.

Initiée par Edward Weston, elle dépasse vite son enseignement formaliste pour développer une « photographie incarnée », sensible aux injustices sociales en tant qu’immigrée issue d’un milieu modeste.

Au Mexique, intégrée aux cercles d’avant-garde, elle documente la Renaissance culturelle post révolutionnaire et le travail des muralistes comme Rivera. Militante communiste, elle dénonce avec son objectif la condition des plus démunis, notamment des femmes.

Expulsée en 1930, son parcours la mène ensuite en URSS où elle délaisse la photo pour l’activisme politique, puis en Espagne où elle coordonne l’aide humanitaire durant la guerre civile.

Épuisée par les combats, Modotti rentre au Mexique où elle décède en 1942, léguant une œuvre iconique à la croisée de l’art et de l’engagement révolutionnaire.

Tina Modotti L’œil de la révolution
Jeu de Paume
1, place de la Concorde, Jardin des Tuileries
Paris 1er
QuandJusqu’au 12 mai 2024
HorairesMardi 11h – 21h
Du mer. au dim. 11h – 19h
Lundi fermeture
EntréePlein tarif 12 euros – tarif réduit 9 euros
Infojeudepaume.org
Partager cet article
Note éditoriale : Nous percevons une commission sur les liens partenaires présents sur Pixfan. Les commissions n'affectent pas les opinions ou les évaluations de nos rédacteurs. Si vous souhaitez nous aider, pensez à utiliser nos liens partenaires. Code créateur : PIXFAN
Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Quitter la version mobile