A l’occasion des 70 ans de la bataille de Normandie, le Mémorial de Caen présente jusqu’au 31 décembre 2014, 100 photos du photographe de guerre Tony Vaccaro. La BBC le classa, auprès de Robert Capa ou Henri Cartier-Bresson, parmi les génies de la photographie. Tony Vaccaro a suivi le quotidien de son régiment de 1944 à 1945 entre les plages du débarquement et Berlin. Un témoignage à hauteur de soldat sur les champs de bataille.

Quand il débarque à Omaha Beach le 21 juin 1944, Tony Vaccaro, simple fantassin de 21 ans, porte dans une main un fusil M-1, dans l’autre, son appareil photo, un 35 mm Argus C3. Il avait réussi à convaincre ses supérieurs de le laisser photographier l’avancée de la 83e division d’infanterie américaine.

Tony Vaccaro© Tony Vaccaro / Galerie Bilderwelt

Sa première vision est celle d’une côte normande déchiquetée et de milliers de corps alignés le long de la route menant à Vierville. Puis viennent les combats et la peur : Tony Vaccaro est blessé et soigné à Isigny-sur-Mer. Il rejoint son unité avec laquelle il participe à la libération de la Bretagne. Le 15 août 1944, il est à Saint-Briac au milieu de la joie populaire, comme en témoigne son cliché « Le baiser de la Libération ». « Et nous n’avons plus jamais dansé », confie-t-il. Car la guerre le conduit vers l’Est : en France, au Luxembourg, en Belgique et en Allemagne. 300 jours à travers l’Europe qu’il fixera sur pellicule. Environ 8 000 clichés au total. Les photos sont développées la nuit dans des casques pour le révélateur et le fixateur.

Tony VaccaroLe baiser de la Libération
© Tony Vaccaro / Galerie Bilderwelt

Tony Vaccaro© Tony Vaccaro / Galerie Bilderwelt

Tony Vaccaro suit le quotidien de son unité. Il est le témoin de combats acharnés comme ceux de la forêt de Hürtgen, mais aussi du dénuement et des atrocités, comme cette femme allemande violée, un couteau planté dans le vagin, un cliché pris le 8 mai 1945, jour de l’armistice. Démobilisé en 1945, Tony Vaccaro restera encore quatre années en Allemagne pour le journal de l’Armée américaine Stars and Stripes. Mais bouleversé par ces années de guerre et de reconstruction, il choisit de rentrer aux États-Unis et de tenter sa chance dans les magazines d’actualité et de mode tels que Flair, Look, Life et Venture. Ses portraits d’artistes et de stars lui vaudront une renommée internationale.

A New York, Tony Vaccaro raconte comment il est devenu « le GI à l’appareil photo » :

Informations pratiques

Shots of war
Exposition du 30 mai au 31 décembre 2014

Entrée 19 euros

Le Mémorial de Caen
Esplanade Général Eisenhower
CS 55026
14 050 Caen Cedex 4

Lien : http://www.memorial-caen.fr/

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