« Dernière représentante de l’école humaniste, incarnée par Robert Doisneau, Willy Ronis, Edouard Boubat ou Brassaï, Sabine Weiss occupe une place unique au sein de la photographie française. Pendant plus de soixante-dix ans, elle a exploré une grande variété de domaines, du reportage au portrait et de la mode à la publicité, en parallèle d’essais plus personnels avec une passion jamais démentie et une curiosité insatiable », écrivait Virginie Chardin, commissaire de l’exposition SABINE WEISS au Jeu de Paume, Tours, en juin 2016.

« Sabine Weiss est une figure indépendante et vive, sensible à l’être humain et à sa vie quotidienne qui nous laisse un trésor photographique aux mille et une facettes ».
– Virginie Chardin

Joyeux anniversaire Sabine Weiss !

La photographe née en 1924 a maintenant rangé ses appareils photo mais travaille plus que jamais sur ses archives photographiques. Ses journées sont bien remplies, à l’image de ce qu’a été sa vie de femme photographe. Pas un jour sans une nouvelle idée, un nouveau projet. A 95 ans, pas question de s’arrêter pour méditer sur le passé. Ou juste un peu, le temps de conter quelques souvenirs heureux de ce siècle qu’elle a traversé. « Mon souci dans la vie a toujours été de pouvoir finir ce que j’avais commencé », nous dit la photographe.

Sabine WeissSabine Weiss, 1954

« Faire des images de ce que je vois dans la vie est un bonheur, une nécessité même. Pour moi, saisir l’instant, exprimer l’émotion, attraper le geste ou l’ambiance de la chose vue et de communiquer cette vision à autrui est la passion du photographe. »
– Sabine Weiss

Une vie de Photographe bien remplie

Sabine Weiss est née en 1924 à Saint-Gingolph en Suisse. Attirée très jeune par la photographie, Sabine Weiss commence à photographier à l’âge de 8 ans avec un appareil photo acheté avec son argent de poche. Elle apprend, de 1942 à 1945, la technique photographique au studio Boissonnas à Genève.

En 1945, elle obtient son diplôme de photographe et ouvre un atelier avant de partir s’installer définitivement à Paris en 1946. Elle devient alors, à 22 ans, l’assistante du célèbre photographe de mode Willy Maywald. Son travail photographique est pluridisciplinaire, photographe de mode, de publicité, photographe du monde, photographe humaniste, reporter…

À partir de 1952, Sabine Weiss rejoint la même agence que Robert Doisneau, Willy Ronis ou Edouard Boubat…

Elle se marie avec le peintre américain Hugh Weiss, rencontre de nombreux artistes, Jean Cocteau, Utrillo, Miro, Lartigue, Giacometti…

« Je photographie pour conserver l’éphémère, fixer les hasards, garder en image ce qui va disparaître: gestes, attitudes, objets qui sont des témoignages de notre passage. L’appareil les ramasse, les fige au moment même où ils disparaissent. »
– Sabine Weiss

Son travail est exposé dans des lieux prestigieux : le MoMA, le Metropolitan Museum, le Centre Georges Pompidou, la Maison européenne de la photographie, la Kunsthaus de Zürich, le Musée de l’Elysée à Lausanne qui accueillera ses archives à l’ouverture du nouveau Musée Plateforme 10 en 2022.

« Sabine est une femme toute simple ; elle colore de son sourire toutes les choses qu’elle approche. Attentive, grave ou malicieuse, peu de choses échappent à ses yeux dont les paupières s’entreferment tel un diaphragme à la moindre perception, comme pour mieux fixer dans l’objectif ses intimes motivations. »
– Jean Dieuzaide

Sabine WeissSabine Weiss, Portugal, 1954

« Je recherche ce qu’un regard, un geste exprime de profondeur chez l’homme. C’est la lumière et la composition qui renforcent ce que j’ai à dévoiler de l’être. Ce que je cherche ? A être touchée, que la photo ne soit pas une image mais un témoin de la joie ou du chagrin ou du recueillement, de la solitude ou de l’amour. Complicité d’un regard avec l’autre. Qui disait la contemplation est de l’amour pur ? »
– Sabine Weiss

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