Prix Roland Barthes 2014 pour la recherche sur l’image, Éliane de Larminat a été désigné par le jury réuni le lundi 26 janvier 2015 à l’École du Louvre.

Éliane de Larminat a été primé pour son mémoire : « Faces & Façades. Photographier la maison américaine. » (Master 2, sous la direction de François Brunet, université Paris Diderot-Paris VII).

Une mention spéciale a également distingué Adrian Schindler pour son mémoire : « Mémoire et manque. Autour d’une archive familiale de guerre. » (DNSAP, sous la direction de Didier Semin, École nationale supérieure des beaux-arts de Paris).

Le Prix Roland Barthes récompense des mémoires de niveau master, quelle que soit la discipline, concernant la photographie, sous ses différentes formes. Il s’ouvre cette année à des travaux liés à la vidéo et au cinéma. Le mémoire lauréat est publié, sous une forme remaniée, dans les deux ans suivant l’attribution du Prix. Outre l’intérêt scientifique, la qualité d’écriture et l’originalité de l’approche sont des critères importants.

Doté de trois mille euros, le Prix Roland Barthes est organisé par Le Point du Jour avec le soutien de la Fondation Neuflize Vie. Publié par Le Point du Jour, le livre issu du mémoire lauréat bénéficie également du soutien de la Fondation Neuflize Vie.

La quatrième édition a reçu 28 mémoires dont 11 présentés au jury. Le jury était composé de : David Benassayag et Béatrice Didier, codirecteurs du Point du Jour ; Dominique de Font-Réaulx, conservateur au musée du Louvre et responsable du master histoire de la photographie à l’École du Louvre ; Michel Poivert, professeur d’histoire de l’art contemporain à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, auteur de La Photographie contemporaine (Flammarion, 2002) ; Paul-Louis Roubert, maître de conférences à l’université Paris 8 Saint-Denis où il dirige le département photographie et multimédia, auteur de L’Image sans qualités (Monum, 2006) ; Céline Savy, directrice de la communication de Neuflize Vie et administrateur de la Fondation Neuflize Vie.

Faces & Façades explore une tradition photographique américaine, celle du « portrait de maison » selon l’expression de Lincoln Kirstein dans sa postface à American Photo graphs (1938) de Walker Evans. Éliane de Larminat replace cette tradition dans le contexte d’une célébration de la maison individuelle depuis le XIXe siècle aux États-Unis, mais aussi d’une critique, à partir des années 1960, de l’uniformisation des banlieues pavillonnaires.

À travers le « portrait de maison », sont abordés des enjeux essentiels pour la photographie documentaire : la sérialité, le type, le monument, le vernaculaire. En considérant tant le travail d’artistes comme Walker Evans, Dan Graham ou Stephen Shore, que la carte postale, l’imagerie immobilière et l’anthropologie visuelle, Faces & Façades s’attache à décrire la frontière entre public et privé, et finalement la pratique photographique documentaire elle-même entre objectivité et subjectivité, art et idéologie.

Née en 1989, Éliane de Larminat est ancienne élève de l’École normale supérieure et agrégée d’anglais. Accueillie l’année dernière en tant que Visiting Fellow à l’université d’Harvard, elle prépare une thèse sur la photographie du logement social à Chicago entre 1937 et 2000, sous la direction de François Brunet et d’Andrew Diamond, à l’université Paris Diderot-Paris VII.

Adrian Schindler© Adrian Schindler

Dans « Mémoire et manque. Autour d’une archive familiale de guerre. », Adrian Schindler s’efforce de reconstituer l’itinéraire de son arrière grand-père, un typographe socialiste allemand mobilisé dans la Wehrmacht durant la Seconde Guerre mondiale. À travers quatre cents clichés, une cinquantaine de lettres et cartes postales envoyées à sa famille, on suit ce soldat à travers l’Europe, pris dans un conflit qu’il désapprouve. Cet ensemble témoigne de la tentative d’un homme du livre, photographe amateur, de trouver, malgré la censure, les mots et les images justes pour raconter au jour le jour son expérience. C’est aussi à la première personne qu’Adrian Schindler retrace la découverte de cette archive familiale de guerre, la mémoire mais également les silences dont elle est porteuse.

Adrian Schindler est né en 1989. Après avoir obtenu son DNSAP à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, il vient d’achever un post-diplôme à l’Institut for Art in Context de Berlin. Il prépare actuellement une pièce de théâtre en résidence au CentQuatre à Paris, autour de monuments aux morts et de frontières mouvantes, qui sera présentée à l’automne 2015.

Lien : http://www.adrianschindler.com/

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