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Photographe du 7ème art Léo Mirkine un destin hors du commun

Une exposition est consacrée à Nice au photographe Léo Mirkine. Elle revient sur les traces du photographe du 7ème art à la destinée singulière et extraordinaire.

Intimement liés à la Ville de Nice et aux Studios de la Victorine, Léo et son fils Siki ont été les témoins privilégiés d’une grande époque du cinéma français. En un demi-siècle, ils ont ciselés une vaste collection d’images rares et intimes. 

De Mistinguet à Bardot, de Brasseur à Belmondo, d’Abel Gance à Vadim, Léo Mirkine a couvert avec son fils plus de 160 long métrages, des grands classiques comme Montparnasse 19 de Jacques Becker ou Le testament d’Orphée de Jean Cocteau.

Photographe du 7ème art
1958, Montparnasse 19 de Jacques Becker avec Gérard Philipe et Anouk Aimée
Photo © Léo Mirkine
Photographe du 7ème art
1960, Le Testament d’Orphée de Jean Cocteau, Jean Cocteau
Photo © Léo Mirkine

Pour cette exposition, le Musée Masséna assisté de la petite fille de Léo Mirkine a réuni plus de 250 tirages, des œuvres originales, des archives inédites et une reconstitution du Studio Mirkine du 88 rue de France. Ce panorama dresse une fresque esthétique et historique du cinéma français du début des années 1930 à la fin des années 1960.

Léo Mirkine, c’est le photographe du 7 ème art au destin hors du commun étroitement lié à l’histoire de Nice

Une saga familiale

Léo Mirkine a neuf ans lorsque sa famille chassée par la révolution d’Octobre fuit la Russie pour s’installer à Nice en 1919. Après un passage aux Beaux-Arts, il étudie l’architecture à Paris. Il fait ses débuts professionnels comme figurant tout en s’adonnant à sa passion pour la photographie. Il devient ensuite assistant-décorateur avant de s’affirmer comme photographe de plateau.

Son œuvre couvre deux domaines : la photographie de cinéma et la photographie de reportage au festival de Cannes. Photographe du 7ème art, il débute en 1933 avec le film de Christian-Jaque Un bœuf sur la langue, dont il immortalise ensuite tous les tournages jusqu’au célèbre Fanfan la tulipe en 1951. Sympathisant communiste, il soutient la création de la première maison de la culture en 1935 et photographie l’année suivante le tournage de La vie est à nous de Jean Renoir, film été tourné à l’initiative du Parti communiste français pour la campagne électorale du Front populaire.

Démobilisé en 1940, il revient à Nice où il ouvre le “Studio Mirkine – tout pour le cinéma et la photo”, alternant les reportages, portraits et incursions sur les plateaux voisins des mythiques Studios de la Victorine. Durant la guerre, son studio sert de boîte aux lettres à des réseaux de résistance et le photographe contribue à la fabrication de faux papiers. Arrêté en avril 1944, il est transféré à Drancy où il retrouve par un hasard miraculeux son fils, âgé de 10 ans appréhendé lors d’une rafle. Tous deux seront libérés en même temps que la capitale.

A partir de 1946, Léo Mirkine devient le témoin privilégié du Festival de Cannes, qu’il couvre jusqu’en 1981. Des projections aux séances de poses sur la plage, tous passent devant son objectif : hommes politiques, vedettes confirmées ou en devenir, producteurs ou éphémères starlettes. Gérard Philipe, Simone Signoret, Brigitte Bardot, Alain Delon, Sophia Loren, Robert Mitchum sont quelques exemples des personnalités qui n’ont pas eu besoin de poser pour composer la meilleure image. Les clichés au Rollei, d’un noir et blanc léché, sont développés dans son laboratoire et vendus aux plus célèbres magazines (Paris-Match, Jours de France, Cinémonde) ainsi qu’aux grandes compagnies américaines de cinéma toujours avides de publicité.

Léo Mirkine
“Se trouver avant les autres au bon endroit, et deviner que ce qui semble aujourd’hui sans importance sera demain de l’histoire.”
Photographe du 7ème art Léo Mirkine

A partir de 1952, Mirkine se conjugue au pluriel. Sur le tournage de Fanfan La Tulipe, Léo est rejoint et épaulé par son fils Siki, alors âgé de 18 ans. Ce dernier contribue à son tour à enrichir la collection Mirkine. Durant plus de trente ans, il chevauchera seul, que ce soit au titre de photographe de plateau de Duvivier dans Chair de Poule, d’Autant-Lara dans Le comte de Monte Cristo, de Verneuil dans Une manche et la belle ; et s’exprimera à la caméra comme assistant opérateur attitré sur les films de Georges Lautner, tournés aux Studios de la Victorine.

Dans les années 1960, Léo Mirkine s’exprime aussi loin des plateaux. Esthète passionné par le nu féminin, il devient au gré des tournages l’un des premiers reporters lucides envers la situation dans l’Afrique et l’URSS d’après-guerre.

Mirkine par Mirkine : photographes de cinéma
18 décembre 2021 – 15 mai 2022
Musée Masséna
65, rue de France – Nice

Tous les jours sauf le mardi de 11h à 18h

Antony Barroux
Antony Barroux
Depuis 2006, Pixfan.com traite de la photographie et de ses évolutions. Des grands maîtres aux photographes contemporains. Des procédés argentiques et alternatifs aux dernières évolutions en matière de matériel et de logiciels mais aussi en terme d'usages. La photographie est en perpétuel mouvement à l'image de ses pratiques qu'elles soient amateurs ou professionnelles.

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