Sabine Weiss présente au festival Photo de mer à Vannes du 4 avril au 4 mai 2014, l’exposition « Portugal 1954 ».

« Mai 1954 : Sabine Weiss part en service commandé au Portugal pour l’OTAN. Elle reste concentrée sur son objectif : rapporter du Portugal une vision large, vibrante, enchantée, au-delà de l’image figée d’une dictature déjà ancienne, marquée par la pauvreté, l’émigration massive et la fin inéluctable d’un empire glorieux. Elle fait le portrait d’Amalia Rodrigues, s’arrête dans des usines de bouchons, s’attarde dans les villes et les villages au riche passé. Elle trouve son bonheur au côté des pêcheurs. Elle arrive à l’improviste, décoche des sourires comme autant de signes d’empathie. Elle voit se répéter des gestes immémoriaux : l’attaque des vagues par les bateaux, le retour du large et la lente remontée des barques sur le sable avec l’aide des boeufs, le tri des poissons par des femmes tout habillées de noir. Le dimanche, enfin, Dieu autorise une pause à ses ouailles épuisées. Les enfants courent le long des maisons blanches écrasées de soleil. L’accordéon et la guitare invitent à la danse ou à la mélancolie. Demain, il faudra encore se lever tôt, braver les flots et lancer les filets… »
Jean-Marc Le Scouarnec

Sabine Weiss Portugal 1954© Sabine Weiss

Sabine Weiss Portugal 1954© Sabine Weiss

Sabine Weiss Portugal 1954© Sabine Weiss

Sabine Weiss Portugal 1954© Sabine Weiss

Sabine Weiss naît en Suisse en 1924. A dix-huit ans elle pressent déjà de quoi sera tissé son futur : elle sera photographe. De 1942 à 1945, elle fait l’apprentissage de son métier chez Boissonnas à Genève. En 1945, elle installe à Genève son propre atelier qu’elle quitte en 1949 pour s’installer à Paris. Entre 1946 et 1950, elle est l’assistante du photographe de mode Willy Maywald. Elle rencontre à cette époque son mari, le peintre Hugh Weiss. Doisneau la fait entrer dans son agence, elle signe son premier contrat avec Vogue, c’est le début d’une longue carrière, entre mode, reportage, publicité…

Dans ses moments de liberté, elle aime capter en toute simplicité les profondeurs de l’homme et les figer pour l’éternité dans son objectif. Ses clichés touchent Edward Steichen qui l’intègre à sa grande exposition The Family of Man au MoMA en 1955.

Depuis lors, Sabine Weiss ne cesse de développer une oeuvre essentielle où, entre réalisme et poésie, toute entière au service de l’homme, elle exalte à travers l’instantanéité, les forces de la lumière et de la composition, dans la lignée des grands photographes humanistes français, tels Doisneau, Boubat ou Ronis.

Lien : http://www.photodemer.fr/

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