Le Musée Guimet consacre une rétrospective à une figure incontournable de la photographie contemporaine japonaise, Nobuyoshi Araki.

A la fois provocante, sulfureuse, bouleversante, l’exposition retrace cinquante années de travail et réunit une sélection de plus de 400 photographies.

Nobuyoshi Araki est mondialement connu pour ses images de femmes ligotées selon l’art ancestral du bondage japonais, le Kinbaku. Cette pratique est ancrée dans la culture japonaise. Au XVème siècle, il était fréquent en guise de torture de ficeler et de suspendre les prisonniers. Elle s’est transformée au XVIIème siècle en un art martial, pour devenir un jeu sexuel.

Artiste prolifique pour qui « photographier est avant tout une façon d’exister », Nobuyoshi Araki a réalisé de 1965 à 2016 des milliers de clichés. Il pose comme postulat que la photographie est « l’obscénité par excellence, un acte d’amour furtif, une histoire, un roman à la première personne ». Il considère que celle-ci est l’amour du sexe et de la mort.

Conçue à partir d’œuvres provenant de collections privées et publiques, complétée des archives de l’artiste, l’exposition permet de mieux comprendre l’enracinement de l’art d’Araki dans la culture traditionnelle japonaise.

« Mon propre souvenir est capturé au moment même ou je prends la photo. c’est finalement l’appareil photo qui me sert de mémoire. »
Nobuyoshi Araki

L’exposition se déploie selon un parcours thématique, les fleurs, la photographie comme récit autobiographique, sa relation avec son épouse Yoko, l’érotisme, le désir, mais aussi l’évocation de la mort.

L’artiste fait du modèle le sujet de son expression et de sa volonté, le point de vue du photographe prime sur celui du portraituré. Le sujet n’a pas d’identité et renvoie à l’image de la femme, objet de désir pour le photographe.

La série intitulée « Tokyo Tombeau » a été spécialement réalisée pour l’exposition : « Tokyo est un cimetière. Ou un parc d’attractions. En fait, je ne sépare pas le paradis de l’enfer. Pour moi, si le paradis n’inclut pas des éléments d’enfer, ce n’est pas le paradis. Par exemple, une femme exempte de tout mal ne m’attire pas. C’est un courant de pensée auquel j’adhère depuis longtemps. C’est pareil pour les fleurs, je photographie celles qui sont en train de se flétris, sans en avoir conscience. »

« Mes photos c’est mon journal, un point c’est tout. et toute photo n’est rien d’autre que la représentation d’un jour unique. et ce jour unique contient à la fois le passé et la projection de l’avenir. »
Nobuyoshi Araki

Empreint de poésie et de recherche plastique, l’oeuvre d’Araki repose également sur une expérimentation incessante. Ainsi les codes et stéréotypes du médium sont revisités par l’artiste qui intervient sur ses propres négatifs ou recouvre parfois ses images de calligraphies ou de peinture, dans un geste audacieux, souvent teinté d’humour.

Nobuyoshi Araki© Nobuyoshi Araki / Courtesy Taka Ishii

« La photographie est un va-et-vient entre la vie et la mort. »
Nobuyoshi Araki

Informations pratiques

Nobuyoshi Araki

ARAKI
Exposition du 13 avril au 5 septembre 2016

Tous les jours sauf le mardi, de 10h à 18h.
Fermé 1er mai.

Tarifs : 9,50 euros, réduit 7 euros

Musée national des arts asiatiques – Guimet
6, place d’Iéna
75116 Paris

Métro, ligne 9 station Iéna, ligne 6 station Boissière

Lien : http://www.guimet.fr/

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