My buenos Aires à la Maison Rouge.

Après Winnipeg (Manitoba, Canada) en 2011 et Johannesburg (Afrique du Sud) en 2013, la maison rouge poursuit son cycle d’expositions consacrées aux scènes artistiques de villes. Alors que certains déplorent l’uniformisation supposée du monde de l’art, qui serait la conséquence de la globalisation, les commissaires de l’exposition, Paula Aisemberg et Albertine de Galbert ont choisi de présenter le bouillonnement artistique de la capitale argentine, Buenos Aires.

L’exposition My Buenos Aires est une invitation à s’engouffrer dans le mystère de la ville. Avec plus de soixante artistes, investissant tous les medias, de l’installation à la peinture, la sculpture, la vidéo, la photographie, ce sont quatre générations qui sont présentées. Certains artistes très connus comme Guillermo Kuitca ou Jorge Macchi cotoieront des jeunes artistes à découvrir, qui viendront réaliser des oeuvres in situ.

My buenos Aires Leandro ErlichLeandro Erlich, Rain, 1999. © collection Antoine de Galbert

My buenos Aires Nicolas BacalNicolas Bacal, La gravité de mon orbite autour de toi, tirage couleur, 2009-2010

Toutes des œuvres sont imprégnées par le territoire, la ville, son histoire, ses mythes. Buenos Aires, un mystère réinventé Ville miroir, fondée deux fois (en 1536 puis en 1580), Notre-Dame-du-Bon-Vent, est adossée au Río de la Plata, le « fleuve d’argent », qui donnera son nom au pays.

Buenos Aires s’étend sur deux cents kilomètres carrés où résident trois millions de Portègnes (porteños en espagnol – littéralement « ceux du port »). Son agglomération urbaine, le Grand Buenos Aires, en compte quinze millions et demi, ce qui en fait la troisième ville la plus peuplée d’Amérique latine, après Mexico et São Paulo.

Décrite par Malraux comme « la capitale d’un empire qui n »a jamais existé », Buenos Aires a cela de particulier qu’elle fait souvent l’objet de fantasmes. L’évocation du tango, de Borges ou de Maradona, de la viande de bœuf ou de la beauté des argentines, plonge même celui qui n’y a jamais mis les pieds, dans une rêverie teintée de nostalgie.

Fille de l’immigration, volontaire ou forcée, Buenos Aires est une terre d’absence, où vivre signifie accepter le manque et surmonter la perte. Rien de moins surprenant donc, qu’elle partage avec New York le goût de la psychanalyse, et qu’elle compte aujourd’hui encore un thérapeute pour 120 habitants.

Séduisante, Buenos Aires n’en est pas moins sombre. Elle porte les stigmates de toutes les violences subies, du déracinement, de la dictature, et le deuil de toutes les disparitions, jusqu’à celle, depuis la crise économique et financière de 2001, de sa propre image de « grande puissance européenne » ayant atterri par mégarde sur le continent américain.

Le parcours de l’exposition s’articule comme une déambulation, un va-et-vient entre le politique et l’intime, l’espace public et le domestique, l’éveil et l’inconscient.

Informations pratiques

My Buenos Aires

Exposition du 20 juin au 20 septembre 2015
Commissaires de l’exposition : Paula Aisemberg et Albertine de Galbert

La Maison Rouge
Fondation Antoine de Galbert
10 bd de la bastille
75012 Paris

Du mercredi au dimanche de 11 h à 19 h
Nocturne le jeudi jusqu’à 21 h

Plein tarif : 9 €
Tarif réduit : 6 € (13-18 ans, étudiants, maison des artistes, carte senior)

Métro : Quai de la Rapée (ligne 5)
ou Bastille (lignes 1, 5, 8)
RER : Gare de Lyon
Bus : 20, 29, 91

Lien : http://www.lamaisonrouge.org/

LAISSER UN COMMENTAIRE

Merci d'entrer votre commentaire
Merci d'indiquer votre nom