La photographe japonaise, Miho Kajioka expose pour la première fois à Paris son travail inspiré par la catastrophe de Fukushima.

Couverture : MH5 © Miho Kajioka

Il y a 5 ans avait lieu la catastrophe. Cet accident industriel majeur a débuté le 11 mars 2011 à la suite du violent séisme et du tsunami qui s’en est suivi sur les côtes du Japon.

Au delà des pertes matérielles et humaines, la tragédie a laissé de profondes traces chez les japonais comme en témoigne les nombreux photographes qui se sont emparés du sujet.

Miho Kajioka pose un regard plus personnel et intimiste sur ce désastre. Journaliste en mission sur les territoires dévastés, elle est brutalement confrontée à l’incommensurable beauté de la nature abandonnée.

Miho Kajioka raconte à travers ses images oniriques et poétiques le paradoxe ultime de la nature insoumise à la violence. On y rencontre la solitude des plages, la fragilité des papillons, la dévastation des paysages ou des éclats d’enfance.

« Des images emplies de sérénité, habitées du silence des choses immobiles, des images où l’oeil s’accroche aux formes minuscules noyées dans des océans d’espaces brulés de lumière. »

L’exposition réunit plusieurs ensembles poétiques accompagnés de textes signés de l’artiste, des photographies virées au thé ou projetées dans des petits formats aux contours irréguliers.

«Trois mois après la catastrophe, à Kamaishi, petite ville portuaire où plus de 800 personnes ont péri, j’ai trouvé un rosier en fleurs, tout près d’un bâtiment détruit. La survivance de la grâce, de la beauté dans une environnement apocalyptique m’a troublé… Peu après, j’ai découvert un article sur des paons qui n’ont pas quitté la zone alors que la population (près de 110 000 personnes) a été évacuée.

J’ai tout de suite imaginé ces paons, leurs magnifiques ailes déployées, marchant dans la ville déserte… C’était comme si deux images radicalement opposées – les ruines, le chaos et les paons majestueux dialoguaient… Depuis, je vois ces deux mondes, presque partout et constamment…»

Miho KajiokaMH6
© Miho Kajioka

Miho Kajioka est née en 1973 à Okayama. Elle s’installe à l’âge de 18 ans en Californie pour y étudier la peinture à l’’Art Institute de San Francisco. Elle s’oriente par la suite vers la photographie.

En 1995, elle s’installe à Montréal, au Canada pour y poursuivre sa formation en arts à la Concordia University. Après son diplôme, elle rentre au Japon où elle travaille comme journaliste, productrice, documentariste, notamment pour des télévisions et médias étrangers.

Après avoir couvert la catastrophe de 2011cpour une télévision brésilienne, elle décide de revenir à la photographie et à la pratique artistique.

Miho Kajioka est lauréate de plusieurs prix. Son travail a été exposé dans divers pays d’Europe, Grande Bretagne, Allemagne, Italie, Suisse.

Informations pratiques

Miho Kajioka
And, where did the peacocks go?*

* Mais, où sont partis les paons ?

Exposition du 8 juin au 2 septembre 2016

Galerie VU’
58 rue Saint-Lazare
75009 Paris

www.galerievu.com

Cette série est également présentée au Festival Photo de La Gacilly du 4 juin au 30 septembre 2016, dans le cadre d’un hommage à la photographie japonaise.

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