Martin Kollar, lauréat du Prix Elysée 2015.

Le lauréat de la première édition du Prix Elysée est l’artiste slovaque Martin Kollar. Il a été désigné par un jury d’experts parmi huit nominés qui ont été sélectionnés en juin 2014 par le musée parmi plus de 400 candidatures venues du monde entier.

Anoush Abrar, Mari Bastashevski, Philippe Chancel, Annabel Elgar, Agnès Geoffray, Martin Kollar, Marco Poloni et Kourtney Roy ont reçu une contribution de 5 000 CHF en vue d’une première présentation d’un projet inédit dans le Livre des nominés, publié pour l’occasion. L’exposition été présentée au Musée de l’Elysée du 30 janvier au 3 mai 2015.

Résultat d’un partenariat entre le Musée de l’Élysée et Parmigiani Fleurier, le prix Élysée offre une aide financière et un accompagnement muséal à des artistes à mi-carrière, passionnés par la photographie et le livre.

Martin Kollar va recevoir une dotation de 80 000 CHF (environ 76 900 euros), cette somme est attribuée pour moitié à la production du projet et pour moitié à la publication du livre de ce projet.

Il doit mener son travail à terme en une année, au cours de laquelle il sera suivi par Lydia Dorner, conservatrice assistante au Musée de l’Elysée. Une exposition de son projet est prévue au musée, à Lausanne, en septembre 2016.

Le projet de Martin Kollar « Provisional Arrangement »

Le projet « Provisional Arrangement », est conçu à la manière d’un road movie. Il vise à capter ces moments où le permanent devient provisoire. Cherchant des lieux de confrontation entre différentes temporalités, Martin Kollar a promené son objectif dans les allées du Musée d’histoire militaire de Dresde, entre autres.

Elevé dans l’illusion du « communisme à jamais », Martin Kollar appartient désormais à la génération du temporaire, passant d’un job à l’autre, d’un appartement au suivant, d’une relation à la prochaine.

« Mes projets sont généralement connectés avec des territoires et des espaces limités, qu’il s’agisse de l’Europe de l’Est, du Parlement européen ou d’Israël. Je passe plusieurs années sur chacun d’eux, jusqu’à ce que je sente que j’en ai fait le tour. Vient alors l’idée suivante, qui est généralement une sorte de correctif de la précédente. Cette fois, j’ai eu envie d’un travail en lien avec nulle part, d’un projet autour de la temporalité et du provisoire. »
Extrait du texte et de l’interview de Caroline Stevan dans le Livre des nominés.

Martin KollarDe la série Provisional Arrangement, 2013 / 2014
© Martin Kollar

Pour Martin Kollar, la photographie est « une étape intermédiaire, une sorte de mémoire transitionnelle entre deux moments.  »

Martin KollarDe la série Provisional Arrangement, 2013 / 2014
© Martin Kollar

« Là, j’ai photographié une installation représentant des pigeons munis de mini-appareils photo durant la Seconde guerre mondiale. Ils évoquent les drones d’aujourd’hui. La photographie, dans ce cas, est une étape intermédiaire, une sorte de mémoire transitionnelle entre deux moments, explique l’artiste. C’est là-dessus que je souhaite travailler, combler le vide, construire dans les interstices. »
Extrait du texte et de l’interview de Caroline Stevan dans le Livre des nominés.

Martin KollarDe la série Provisional Arrangement, 2013 / 2014
© Martin Kollar

Martin KollarDe la série Provisional Arrangement, 2013 / 2014
© Martin Kollar

Martin KollarDe la série Provisional Arrangement, 2013 / 2014
© Martin Kollar

Le jury

– Federica Angelucci, Directrice, Stevenson, Le Cap/Johannesbourg
– Martin Barnes, Conservateur en chef des photographies, Victoria and Albert Museum, Londres
– Elena Foster, fondatrice et PDG, Ivorypress, Londres/Madrid
– Ramón Reverté, Rédacteur en chef et directeur de la création, Editorial RM, Barcelone/Mexico
– Tatyana Franck, Directrice Musée de l’Elysée
– Jean-Marc Jacot, PDG, Parmigiani Fleurier
– Marina Vatchnadze, Chargée du mécénat culturel, Fondation de Famille Sandoz

Martin KollarPortrait de Martin Kollar

Martin Kollar est né en 1971 à Žilina en Tchécoslovaquie (aujourd’hui République slovaque). Il a étudié à l’Academie des beaux-arts à Brastislava avant de mener une carrière de photographe indépendant et de travailler dans le cinéma. Il a contribué à la réalisation d’un certain nombre de documentaires et de films : Autoportrait en tant que réalisateur, Ball en tant que producteur, et en tant que cameraman Velvet Terrorists, Cooking History, Across the Border: Five Views from Neighbours, 66 Seasons, Ladomirova Morytates and Legends, et le film d’animation In the Box.

Dans le domaine de la photographie, Martin Kollar a reçu différentes bourses et récompenses prestigieuses, comme la bourse 3PPP, le Prix Oscar Barnack en Allemagne et le Prix Backlight de la photographie en Finlande. Son travail a notamment été exposé à la Maison européenne de la photographie à Paris, en Chine au MOCA Shanghai et au Musée d’art de Guandong. Il a publié trois livres de photographie : Nothing Special (Actes sud 2008), Cahier (Diaphane 2011) et Field trip (Mack 2013).

Lien : http://www.elysee.ch/

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