Lucien Clergue au Grand Palais, un an jour pour jour après la disparition du photographe le 14 novembre 2014. L’exposition présentée, Lucien Clergue Les premiers albums revient sur la genèse de son œuvre à travers la (re)découverte de ses premiers albums.

Le Grand Palais rend hommage à cet artiste mondialement célèbre, premier photographe à entrer à l’Académie des beaux-arts en 2006. Le parcours de l’exposition qui a été conçu par le couturier et décorateur de théâtre arlésien Christian Lacroix et le directeur artistique, ancien directeur des Rencontres de la photographie d’Arles, François Hébel, permet de s’immerger, dans les meilleures photographies de cette période féconde.

En 1953, Lucien Clergue n’a que 19 ans lorsqu’il fait la rencontre de Pablo Picasso à la sortie d’une corrida à Arles. Le jeune photographe en profite pour lui présenter ses premières photos. Picasso est subjugué et demande à en voir d’autres.

Galvanisé par les encouragements du Maître, le jeune artiste travaille d’arrache-pied pendant un an et demi dans le but d’envoyer des photos à Picasso et de nourrir sa curiosité. C’est durant cette période que parallèlement aux « charognes », il crée la série des « Saltimbanques » ou « La grande récréation ».

Le 4 novembre 1955, il se rend pour la première fois à Cannes chez Picasso qui le reçoit à bras ouverts et accepte de dessiner
pour lui la couverture de plusieurs ouvrages à venir et lui présente Jean Cocteau qui l’aide généreusement à structurer le discours de son œuvre. Leur amitié durera près de trente ans, jusqu’à la disparition du peintre en 1973. Le livre Picasso mon ami retrace les moments importants de leur relation.

L’exposition Lucien Clergue Les premiers albums

A la mort du photographe, sept albums sont retrouvés. Ils contiennent les thèmes les plus radicaux des premiers travaux de Lucien Clergue : charognes, ruines, enfants déguisés en saltimbanques, gitans, et très vite, la tauromachie et les premiers nus.

Célèbre pour ses photographies de nus féminins qui rencontrent la révolution sexuelle des années 60/70, le cœur de l’œuvre de Clergue est d’une autre poésie. Cette exposition le raconte à travers un parcours original qui propose une lecture de l’œuvre, réduite, réorganisée et dans une nouvelle hiérarchie.

Le parcours de l’exposition

– Arles après les bombes
– Les albums
– Ruines, cimetières, saltimbanques, charognes
– Picasso, Cocteau, Saint-John Perse
– Les Gitans
– Toros
– Les premiers nus
– Contrastes
– Langage des sables

Une importante communauté gitane est implantée à Arles. Ils sont rejoints chaque année au mois de mai par des nomades de toute l’Europe qui se rendent au pèlerinage de leur patronne, sainte Sara, aux Saintes-Maries-de-la-Mer.

La fréquentation de la communauté gitane permet à Lucien Clergue de rencontrer Manitas de Plata et son ami musicien José Reyes, qu’il aidera à faire connaître mondialement, ainsi que, plus tard, les Gipsy Kings, fils de José Reyes. Avant de devenir célèbres à leur tour, ces derniers joueront régulièrement pour fêter les invités de Lucien Clergue aux Rencontres internationales de la photographie.

Lucien Clergue Les premiers albumsJeune gitan portant la statue de sainte Sara
Les Saintes-Maries-de-la-Mer, 1959
tirage moderne argentique
39 x 29,4 cm
© Atelier Lucien Clergue

Lucien Clergue Les premiers albumsLa Grande Parade
Arles, 1955
tirage vintage 49,7 x 39,5 cm
© Atelier Lucien Clergue

Lucien Clergue Les premiers albumsRaie échouée (détail)
Camargue, 1965
tirage vintage 49,6 x 60 cm
© Atelier Lucien Clergue

Photographiés en plan rapproché sur les plages de Camargue, les corps de femmes aux formes généreuses surgissent des vagues avec une joie et une vitalité infinies, une fraîcheur inédite dans la photographie de nu féminin.

Lucien Clergue Les premiers albumsNu de la mer
Camargue, 1956
tirage moderne argentique 40 x 30 cm
© Atelier Lucien Clergue

À la suite de ses échanges avec les photographes américains et de la découverte aux États-Unis des workshops qu’il importe à Arles, Lucien Clergue ressent le besoin de faire valider son intuition créative par une caution universitaire. Il présente une thèse de doctorat en photographie, Langage des sables, qu’il soutient notamment devant Roland Barthes en 1979.

Élaboré à partir de formes et de dessins abstraits et éphémères laissés sur le sable, ce travail au caractère exclusivement graphique séduit les universitaires par sa structure, au point d’être validé en l’absence de tout texte théorique.

Lucien Clergue Les premiers albumsLangage des sables
Camarague,1978
tirage moderne argentique
40 x 30 cm
© Atelier Lucien Clergue

Cette thèse constitue l’apogée de la recherche de Lucien Clergue. Il consacre ensuite une grande partie de son énergie à promouvoir
le travail des autres à travers la création des Rencontres Internationales de la Photographie qui deviennent
vite le rendez-vous mondial de cet art en plein essor, en parallèle de la gestion de sa propre carrière.

Très tôt collectionné, il est un des rares français à exposer au Museum of Modern Art de New York dès 1961. Ses œuvres figurent dans les collections de nombreux musées français et étrangers et chez des collectionneurs privés. Il est nommé chevalier de la Légion d’honneur en 2003 et est élu membre de l’Académie des Beaux-Arts de l’Institut de France, le 31 mai 2006, à l’occasion de la création d’une nouvelle section consacrée à la photographie.

Informations pratiques

Lucien Clergue Les premiers albums

Exposition du 14 Novembre 2015 au 15 Février 2016

Du jeudi au lundi de 10h à 20h, mercredi de 10h à 22h.
Fermeture hebdomadaire le mardi.
Fermeture le 25 décembre, fermeture anticipée à 18h les 24 et 31 décembre

Tarifs : 10 euros, réduit 7 euros

GRAND PALAIS, GALERIES NATIONALES
Galerie sud est
75008 Paris

Métro : lignes 1, 9, 13 / Stations : Franklin-D.-Roosevelt, Champs-Elysées-Clemenceau
RER : lignes C / Stations : Invalides
Bus : lignes 28, 42, 52, 63, 72, 73, 80, 83, 93

Lien : http://www.grandpalais.fr/

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