Du 7 juillet au 11 novembre 2012, Deauville rend hommage à Yul Brynner et organise une grande exposition en plein air des photographies du célèbre acteur. Popularisé par Les Sept Mercenaires ou Les Dix Commandements, Yul Brynner vivait une partie de l’année à proximité de Deauville. Parallèlement à sa carrière il était aussi un photographe de talent. Il ne se déplaçait jamais sans son appareil photo.

L’exposition est composée d’une quarantaine de clichés, elle témoigne du talent du photographe et du regard singulier qu’il a porté sur Deauville

Avec son crane et son regard de velours, Yul Brynner (1920-1985) a durablement marqué de sa silhouette, le cinéma des années 50/70. L’acteur cosmopolite a toujours conservé un fort attachement à la France où il avait vécu de 1934 à 1941. Il fréquente Deauville dès les années 50. A la fin des années 60 il acquiert au coeur du Pays d’Auge Le Manoir de Cricquebeuf, à Bonnebosq, à vingt kilomètres de Deauville. A cette même époque il se consacre passionnément à la photographie.

Yul BrynnerDeauville, août 1961 : Yul Brynner photographie Sophie et Anatole Litvak dans les tribunes de l’hippodrome.
© Stardust / Victoria Brynner

Durant près de 20 ans, la proximité géographique de sa maison d’été avec la cité des Planches va faire de Yul Brynner, accompagné de Jaqueline, sa troisième épouse, une personnalité très présente à Deauville. Photographe inspiré par sa foisonnante activité estivale et ses événements, il en sera tout à la fois l’un des acteurs et l’un des témoins privilégiés.

A Deauville, Yul Brynner laisse le comédien en vacances. Celui qui ne manque jamais une occasion de réaliser de remarquables portraits ou photos d’ambiance sur les tournages. L’ami complice d’Henri Cartier-Bresson va, 30 ans durant, immortaliser avec son Leica, les grands rendez-vous de l’été deauvillais : Françoise Sagan et Sophie Litvak aux courses (1961), Elie de Rothschild jouant au polo…

Participant, avec un petit rôle, au tournage d’Aimez-vous Brahms ?, film d’Anatole Litvak avec Ingrid Bergman, Anthony Perkins et Yves Montand… Il en restitue avec des photos couleurs, les images des scènes tournées à Deauville, avec pour décors l’Hôtel Royal ou les couloirs et la terrasse du casino.

Comme tout père de famille en vacances, il réalise de nombreuses photos en couleurs de ses proches dans le parc et le manoir de Cricquebeuf. Père attentif, on se souvient encore aujourd’hui, l’avoir retrouvé, un jour des années 70, à Caen, dans la salle d’attente du dispensaire, où il patientait pour les rappels de vaccination de ses enfants.

Yul Brynner© Stardust / Victoria Brynner

Témoin privilégié de la création du festival du Cinéma américain, en 1977, il en recevra un hommage lors de la quatrième édition, en 1980. On donnera alors son nom à l’une des lices des cabines de bains des Planches.

Mon père a commencé à beaucoup fréquenté Deauville dés le début des années 50. C’est parce qu’il s’y plaisait qu’il s’était promis d’acheter, un jour, une maison à proximité. Quand il a connu Jacqueline Thion de la Chaume, sa troisième épouse, il ne tenait pas spécialement à rester vivre à Paris et il s’est mis en quête d’une maison en Normandie, à proximité de Deauville.
Il a fait l’acquisition du Manoir de Criquebeuf, à Bonnebosq en 1969. Ce qui l’a séduit d’emblée c’est que le manoir avait une histoire : les deux tours dataient de la guerre de cent ans et elles avaient été réunies au 17e siècle. La propriété était vaste: 35 hectares, ce qui lui permettait de se tenir à l’écart d’éventuels voisins. Il pouvait ainsi réaliser un fantasme: faire de ce manoir un lieu fédérateur où il pouvait réunir sa famille considérablement recomposée…
Beaucoup de ses amis étaient aussi ses voisins en Normandie. Alix de Rotschild, Guy de Rotschild, Hubert Faure, etc…
Il trouvé cette maison par connaissance, elle appartenait à l’ambassadeur de France à Cuba
Yul Brynner, passionné par la photographie, était un ami d’Henri Cartier Bresson, avec qui il était allé en reportage au Mexique. C’est en l’accompagnant qu’il avait lui aussi photographié là-bas des scènes de corridas.
Il aimait les animaux et avait installé dans sa propriété des pigeons voyageurs et des pigeons acrobates dans le pigeonnier, des chiens, deux ibis, un flamand rose, des crapauds géants… et deux pingouins. Il a ensuite fait don de ces pingouins, me semble t’il à un Zoo du Portugal.
Il aimait jardiner et bricoler. C’était un habitué de La Maison du plastique et de La Quincaillerie de Lisieux. Il aimait aussi manger des crevettes grises et des bulots Aux Vapeurs à Trouville. Il avait sympathisé avec Madame Prentout, célèbre poissonnière de la Halle aux poissons de Trouville.
Lorsqu’il jouait Le Roi et Moi à Londres, Yul Brynner rentrait à Deauville en avion, chaque week-end, et les jours de relâche dans son manoir de Bonnebosq. C’est dans cette maison qu’il a vécu son dernier été en 1985.
Le stade de Bonnebosq s’appelle le Stade Yul Brynner, parce qu’il avait acheté ce terrain dont il a fait don à la commune pour y aménager un terrain de sport.
Victoria Brynner
Propos recueillis
Mars 2012

Lien : yulbrynnerphotographer.com

1 COMMENTAIRE

LAISSER UN COMMENTAIRE

Merci d'entrer votre commentaire
Merci d'indiquer votre nom