Cinq ans après le séisme et le tsunami qui ont ravagé le nord-est du Japon le vendredi 11 mars 2011, la Polka Galerie expose jusqu’au 16 avril 2016, Fragments du photographe japonais Kosuke Okahara.

Ce travail a été réalisé entre 2011 et 2015 à Fukushima. Face à la violence du séisme et des conséquences désastreuses qu’il entraine, Kosuke Okahara décide de rentrer en urgence au Japon avec pour but de prendre « des photos pour l’Histoire ». Pendant quatre ans, muni de son compteur Geiger, il collecte régulièrement des « fragments » photographiques du drame et n’a eu de cesse de se poser cette question « Comment réagiront les gens qui verront ces photographies dans le futur et comment percevront-ils cette catastrophe ? »

Ses images, véritables documents photographiques, décrivent en monochrome une triste réalité. Winston Churchill a dit un jour qu’un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre. La situation sanitaire des zones touchées est d’autant plus préoccupantes que les autorités ont pour projet de rouvrir la totalité de la zone d’évacuation autour de la centrale nucléaire à l’habitat dès mars 2017 en prévision de l’accueil des jeux olympiques de Tokyo en 2020.

La démarche de Kosuke a pour ambition de lutter contre cette amnésie collective.

Les photographies présentées ont été publiées dans un ouvrage éponyme paru aux éditions La Martinière en 2015.

Couverture : Fukushima, Japon, 2011-2014 © Kosuke Okahara

Kosuke OkaharaFukushima, Japon, 2011-2014
© Kosuke Okahara

« J’ai commencé à photographier Fukushima à la fin du mois de mars. A mon arrivée, je fus saisi par le silence absolu. La ville était déserte, mais je percevais pourtant les traces d’une vie récente. En un éclair, tous les habitants avaient disparu. Un film d’horreur ou de science-fiction. Certains endroits connaissent une mort lente, leur population déclinant graduellement au fil du temps. A Fukushima, on aurait dit que tous avaient été kidnappés en quelques secondes. »

Kosuke OkaharaFukushima, Japon, 2011-2014
© Kosuke Okahara

« Le passé ne meurt jamais. Il n’est même pas passé. »
William Faulkner

Kosuke OkaharaFukushima, Japon, 2011-2014
© Kosuke Okahara

« Il faut deux personnes pour faire un homme, mais il n’en faut qu’une pour mourir. C’est comme ça que le monde finira. »
William Faulkner

Kosuke OkaharaFukushima, Japon, 2011-2014
© Kosuke Okahara

Kosuke Okahara Fukushima, Japon, 2011-2014
© Kosuke Okahara

Kosuke Okahara est né en 1980 au Japon. Après l’obtention de son diplôme en 2003 à l’université Waseda de Tokyo, il n’a eu de cesse d’arpenter le monde et de traquer la souffrance humaine, en Asie, en Afrique, en Amérique du Sud. Celle des réfugiés du Darfour, des drogués et de leurs dealers en Colombie, des jeunes Japonais qui se mutilent…

S’il réalise, à ses débuts, des photographies couleur, il opte très rapidement pour le noir et blanc.

Membre de l’agence VU’ jusqu’en 2010, Kosuke Okahara a reçu plusieurs récompenses dont le prix W.Eugene Smith Fellowship (2010), le Prix Kodak de la Critique Photographique, le World Press Photo Joop Swart Masterclass et le prix Pierre & Alexandra Boulat (2014).

Ses photos ont été exposées au Tokyo Metropolitan Museum of Photography, au musée d’Art asiatique de Fukuoka, au Kiyosato Photo Art Museum, à la Nikon Gallery de Tokyo, et au Foreign Correspondents’ Club de Thaïlande. Elles ont fait l’objet de publications au Japon et aux Etats-Unis.

Site personnel : http://www.kosukeokahara.com/

Informations pratiques

Kosuke Okahara
Fragments

Exposition du 11 mars au 16 avril 2016

Polka Galerie
Cour de Venise
12 rue Saint-Gilles
75003 Paris

Mardi-Samedi, 11h00 à 19h30

Lien : www.polkagalerie.com

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