Le Salon de la Photo a choisi de rendre hommage cette année à un photographe humaniste trop longtemps oublié, Jean Marquis.

A l’occasion ses 90 ans, Jean Marquis fera l’objet d’une exposition inédite de plus de cent clichés du 10 au 14 novembre 2016, une belle occasion de découvrir ou redécouvrir ce grand photographe.

Né en 1926 à Armentières, Jean Marquis est membre de l’Agence Magnum de 1953 à 1957. Il collabore ensuite à L’Express, Time Life, Science et Vie.

Après Sabine Weiss, Raymond Cauchetier, Elliott Erwitt et Gianni Berengo Gardin, le Salon de la Photo a souhaité mettre l’accent sur ce grand photographe encore trop méconnu.

Sa rencontre avec Robert Capa

Jean Marquis doit ses débuts en photographie au cousin de sa jeune épouse Susie, le célèbre Robert Capa. Celui-ci l’encourage avant toute chose à se perfectionner dans un laboratoire.

Ce sera chez Pierre Gassman à Pictorial Service où il y apprend tout du tirage en chambre noire. Une formation qui lui pemet de visionner les planches contacts de grands photographes, comme Cartier-Bresson et George Rodger.

Son reportage sur la Deûle séduit Capa qui valide son adhésion à la grande et prestigieuse famille Magnum.

Jean Marquis
Le long de La Deûle. Les oies.
Lille, 1953.
© Jean Marquis / Roger-Viollet

« C’est la vie des gens qui m’intéresse. J’étais un photographe de terrain, pas de studio. »

Des débuts chez Magnum, un apprentissage auprès des maîtres Capa et Cartier-Bresson

Jean débute sa carrière de photo-reporter sans jamais laisser de côté sa quête de sujets plus personnels.

Passionné par les lumières de nuit le photographe montre très tôt sa maîtrise du grain et des temps de pose longs. Au cours de deux nuits à Liverpool en 1955, en allant à l’île de Man, il réalise plusieurs images d’une puissance étonnante : des scènes de port dans la pénombre des quais.

Jean MarquisAmoureux sur le quai.
Liverpool (Angleterre), 1955
© Jean Marquis / Roger-Viollet

Jean MarquisDockers. Liverpool (Angleterre), 1955
© Jean Marquis / Roger-Viollet

De ses nombreux voyages en Corrèze, il rapporte par la suite des scènes d’une vie rurale aujourd’hui disparue. Une campagne où l’on fabrique le pain, où l’on taille encore des sabots et où l’on travaille aux champs comme au XIXe siècle.

Jean MarquisCorrèze, 1965-1967
© Jean Marquis / Roger-Viollet

Jean Marquis a beaucoup photographié Paris. Il adorait marcher jour et nuit dans ce qu’il appelle le théâtre de la rue.

Jean Marquis, l’œil cinématographique

Ce photographe humaniste a porté un regard sensible sur l’homme et sur son temps. Il a photographié les grands artistes, les personnalités politiques, la vie des rues, la mode, les grandes manifestations, fréquenté les plateaux de cinéma. Tout est passé devant son objectif, à travers son regard tendre et une passion pour la lumière naturelle.

Jean Marquis
La Haute Couture parisienne. Défilé de collection chez Givenchy. 1956.
© Jean Marquis / BHVP / Roger-Viollet

Très influencé par la littérature et le théâtre, Jean Marquis signe en 1964 les photographies du livre de Louis Aragon « Il ne m’est Paris que d’Elsa ». A la sortie du livre, le poète s’était félicité de sa collaboration avec le photographe estimant que celui-ci avait donné réalité aux poèmes en retrouvant dans Paris les images qu’il avait en mémoire.

A l’heure des grands changements sociaux, il s’est tourné vers une photographie plus contemplative en apportant une vision nouvelle sur la photo industrielle et le monde du travail.

Jean Marquis
Rue du Petit Musc, Paris, 1951.
© Jean Marquis / BHVP / Roger-Viollet

« Ce que j’aime, c’est la rue, car c’est un grand théâtre. C’est peut-être une banalité, mais c’est ce que je ressens. J’adorais marcher. C’est comme ça que j’ai photographié les petites vieilles de la rue du Petit Musc et les Halles en 1962, c’était fascinant à l’époque. »

Jean Marquis
Paris, Les Halles, démolition des pavillons Baltard. 1973.
© Jean Marquis / BHVP / Roger-Viollet

Jean Marquis
Four solaire. Mont-Louis (Pyrénées-Orientales), 1958.
© Jean Marquis / Roger-Viollet

Ses photographies brillent par leur cadrage résolument moderne, leur lumière et des noirs et blancs épurés. Quel que soit le sujet qu’il aborde le photographe laisse rayonner, avec simplicité et retenue, son émotion et son empathie.

Rendez-vous donc en novembre pour découvrir une sélection inédite de son oeuvre.

Et n’oubliez pas, Pixfan vous offre votre entrée au Salon de la Photo 2016.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Merci d'entrer votre commentaire
Merci d'indiquer votre nom