Jean GAUMY capture la beauté brute et la complexité de la nature

Jean GAUMY capture la beauté brute et la complexité de la nature

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Col de Tende, 2008, Piémont, © Jean Gaumy / Magnum Photos courtesy galerie Sit Down

Ce projet photographique, réalisé lors de randonnées solitaires dans les montagnes du Piémont, est profondément marqué par l’esthétique de son auteur.

Le photographe avec son regard introspectif, capte la beauté brute et la pureté de la nature, ainsi que sa complexité, nous dévoilant la présence invisible de l’homme.

Il nous invite à plonger dans la beauté sauvage et mystique de ces terres inhospitalières avec pour mot d’ordre :  » Ne photographier que lorsque cela brûle. Ne pas bouger, se refuser tant qu’il n’y a aucune évidence, aucune nécessité. »

Autour du col de Tende, 2008, Piémont, © Jean Gaumy / Magnum Photos courtesy galerie Sit Down

Gaumy est présenté comme un photographe intimement lié à la proximité et l’intimité dans sa pratique artistique, inspiré par le précepte de Robert Capa sur la nécessité d’être proche pour capturer des photographies significatives. Cette approche a forgé son style unique, caractérisé par la capture de scènes vives et complexes, révélant l’intimité humaine à travers des compositions soigneusement orchestrées.

Val de Susa vers le Mont Ceni. Vue àpartir du val Cenischia, 2009, Piémont, © Jean Gaumy / Magnum Photos courtesy galerie Sit Down

Dans son projet « D’après Nature », débuté en 2003, Gaumy s’est orienté vers la photographie de paysages montagneux, principalement dans les montagnes du Piémont occitan, où il explore des vallées peu fréquentées, capturant la nature à travers des images qui invitent à la contemplation et l’interprétation personnelle. Ces photographies, souvent en noir et blanc, flirtent avec l’abstraction tout en restant profondément intimes, reflétant la culture personnelle du photographe, ses expériences, et ses liens humains.

Autour du Val de Oncino via le val Pô, 2008, Piémont, © Jean Gaumy / Magnum Photos courtesy galerie Sit Down

Le photographe évoque également l’importance de la mémoire et des influences inconscientes dans son œuvre, citant des références variées telles que la peinture, le cinéma, et la littérature, qui enrichissent ses images d’une profondeur culturelle et personnelle.

Il mentionne des artistes comme Andrew Wyeth et des réalisateurs comme Andreï Tarkovski, soulignant comment ces influences se manifestent dans son travail.

Son enfance dans les Pyrénées et ses expériences dans les Alpes ont imprégné ses images d’une familiarité et d’une résonance personnelle, faisant de « D’après Nature », publié en 2010, une œuvre de « mémoire décisive ».

Jean GAUMY

Né sous le soleil d’août 1948 à Royan Pontaillac, dans le charmant département de la Charente-Maritime, Gaumy a débuté son périple professionnel à l’agence Viva, avant de se laisser séduire par l’appel de Gamma en 1973, sur l’amicale invitation de Raymond Depardon.

L’année 1975 marque le début de ses explorations approfondies sur des terrains jusqu’alors inexplorés en France : il plonge d’abord dans l’univers clos des hôpitaux avec ‘L’Hôpital’, une œuvre révélée au public en 1976, puis pénètre le monde opaque des prisons françaises avec ‘Les Incarcérés’, dévoilé en 1983, enrichi par les fragments de son journal intime, confidences rédigées en toute intimité.

1977 est l’année de son adhésion à Magnum, consacrant sa rencontre avec un collectif d’âmes partageant une vision similaire de la photographie. En 1984, il franchit le seuil du cinéma avec ‘La Boucane’, une plongée dans l’univers des fumeurs de harengs, qui lui vaudra une nomination aux Césars en 1986 dans la catégorie meilleur documentaire.

Cette même période inaugure une série de voyages hivernaux à bord de chalutiers traditionnels, un périple étendu jusqu’en 1998 et qui culminera avec la publication de ‘Pleine Mer’ en 2001.

Son œil curieux se tourne également vers l’Iran, terre de mystères et de conflits, où il voyage à répétition entre 1986 et 1997, en pleine guerre avec l’Irak. En 1987, il capture l’essence d’Octeville-sur-Mer à travers ‘Jean-Jacques’, un film dédié à celui qui fut injustement surnommé ‘l’idiot du village’. ‘Marcel, prêtre’, son troisième film, nous emmène à la rencontre de Marcel, un prêtre au grand cœur, dans le décor bucolique de Raulhac, Cantal, et l’Auvergne.

Les honneurs ne tardent pas à reconnaître son talent : le photographe est récompensé par le Prix Nadar en 2001 et 2010. Depuis 2005, il s’immerge dans le monde secret des sous-marins nucléaires d’attaque, concrétisant son projet ‘Sous Marin’ après quatre mois de cohabitation sous-marine.

Peintre officiel de la Marine depuis 2008 et membre émérite de l’Institut de France – Académie des Beaux Arts depuis 2016, il continue d’explorer des thèmes d’enfermement, tout en offrant une fenêtre sur la contemplation à travers ses récents travaux photographiques.

Depuis 2008, il se lance dans une reconnaissance photographique sans frontières, naviguant des glaces de l’Arctique aux terres marquées par la tragédie de Tchernobyl, en Ukraine. Ce projet ambitieux l’amène aussi à capturer la majesté des paysages montagneux, et en 2010 et 2011, à bord d’un des derniers bastions de la dissuasion nucléaire.

Résidant à Fécamp, en Normandie, depuis 1995, Jean Gaumy continue de tisser sa toile d’histoires humaines, capturant avec sensibilité les récits de vie et les paysages qui façonnent notre monde.

SIT DOWN
4, rue Sainte Anastase
75003 Paris

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