Jacques Pugin présente les séries Les cavaliers du diable et Sacred Site à la Galerie Esther Woerdehoff.

L’exposition confronte deux points de vue sur un même thème, l’Afrique : tout d’abord un travail en noir et blanc sur les vestiges de la guerre et des photographies lumineuses en couleurs des traces d’une culture ancestrale mais vivante.

Jacques Pugin© Jacques Pugin, courtesy Galerie Esther Woerdehoff
#03, de la série Les cavaliers du diable, 2008-2013
Tirage pigmentaire Ultrachrome sur papier Hahnemuhle, 36,5 x 65,5 cm, édition de 11

Les cavaliers du diable

Comment photographier la guerre ? Certainement pas en répétant les images de cadavres, affirme celui qui a décidé de s’approprier et de retraiter les vues satellite des villages brûlés au Darfour — au moins 300 000 morts entre 2003 et 2006 — et pose la question de façon radicale. Débarrassées de leurs couleurs, transposées en négatif noir et blanc les captations de Google Earth deviennent des graphismes.

Jacques Pugin© Jacques Pugin, courtesy Galerie Esther Woerdehoff

Sacred Site

Comme un contrepoint à la tragédie du Darfour : Sacred Site. Dans cette série figurent de nombreux enclos, constructions, ou traces d’habitations de nomades caractérisés par leur forme circulaire : Jacques Pugin photographie ces lieux à travers le monde comme des sculptures fabriquées avec les éléments environnants, par les hommes. Ces traces témoignent de la présence de l’homme dans le paysage, Jacques Pigin propose une réflexion sur le temps, l’espace et le rapport complexe que l’homme entretient avec la nature.

Photographe-plasticien né en 1954, Jacques Pugin devient photographe en 1972 et s’installe à Zürich. En 1977, il présente sa première exposition à la Galerie 38, une galerie pionnière de la photographie en Suisse. Il ouvre son atelier à Genève en 1978, voyage en Grèce et obtient une bourse fédérale des Arts appliqués.

Avec la série Graffiti greffés, il devient l’un des précurseurs du Light painting. Cette série est exposée dans le monde entier. Il obtient trois années de suite la Bourse fédérale des Beaux Arts suisse.

Jacques Pugin pratique une photographie expérimentale où les recherches plastiques se mêlent à une réflexion sur le temps, l’espace et la relation complexe qu’entretient l’homme avec la nature. Photographiant des traces de lumière, utilisant les collages, la vidéo, travaillant les couleurs, il redéfinit la photographie et ses sujets.

Il utilise très tôt les possibilités offertes par l’outil informatique. Depuis 2000, il voyage dans le monde entier pour la série Sacred Site, soutenu par une bourse de la Fondation Leenaards. Ses séries sont régulièrement publiées et son travail a été exposé à de nombreuses reprises, en particulier au Musée de l’Elysée en 1987 et 2009 et au Centre de la Photographie de Genève dont il est un des fondateurs.

Sa dernière série, Les cavaliers du diable, commencée en 2008, témoigne d’un changement d’approche. Dénonçant les massacres de la guerre civile au Darfour, dans un lieu extrêmement difficile d’accès pour les journalistes, Jacques Pugin décide d’utiliser les photographies satellites de Google Earth comme point de départ de ses images. Les cendres des villages pillés et incendiés par les Janjawids (les cavaliers du diable) laissent leurs traces macabres sur le paysage, Jacques Pugin, retirant les couleurs et inversant les images, leur donne un aspect irréel et invente une nouvelle manière, politique et conceptuelle, de montrer la guerre.

Publication :
Les cavaliers du diable
Photographies de Jacques Pugin, préface de Christian Caujolle
30 x 30 cm, 64 pages, 2014
Limitée à 300 exemplaires, dont 20 de tête numérotés et signés, dans un coffret accompagné d’un tirage original.

Informations pratiques

Exposition du 10 février au 14 mars 2015

Galerie Esther Woerdehoff
36 rue Falguière
75015 Paris – France

Du mardi au samedi de 14h à 18h
Lien : www.ewgalerie.com

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