La ville de Dole (39) rend hommage au photographe Michel Birot disparu en décembre dernier.

Michel Birot

Son itinéraire est celui qu’empruntèrent de nombreux créatifs de l’après 68, bien décidés à changer le monde autour d’eux, non par une révolution fracassante et illusoire mais tout en finesse, en empruntant les voies de la création qui s’avéra pour la plupart une excellente thérapie et une façon de mener une vie indépendante et stimulante. Grâce à la photographie, Michel Birot exprimait ses qualités esthétiques et humaines en enrichissant son désir de rencontres et en comblant sa passion pour le monde du rugby.

Il est décédé le 27 décembre 2012 à l’âge de 59 ans, des suites d’une longue maladie. Sa carrière débute réellement en 1974 au Figaro Magazine, où il enchaîne par la suite des collaborations dans la mode et la publicité (Réalités, Dépêche Mode, Biba, 10 ans, Libération), révélant peu à peu l’ampleur de son talent. En 1997 il démarre une nouvelle aventure en devenant entrepreneur. Avec un autre gentilhomme venu de Libé, Philippe Rochette, mais aussi avec le soutien de sa femme Hélène, Il fonde le magazine « Attitude Rugby ». Tout d’abord en noir et blanc, aux imposantes dimensions (A2) et trimestriel. On le découvre pour la première fois en février 1998 dans les kiosques.

Sept ans plus tard, « Attitude Rugby » change de formule, adopte un format plus traditionnel, passe à la couleur et devient bimestrielle de mars 2005 à mars 2006, puis mensuel. Totalement libre de ses choix, celui que l’on surnommait « l’œil du rugby » poursuit ainsi son œuvre personnelle, dans la lignée de Cartier-Bresson et Robert Franck, pour donner du rugby une vision décalée.

Il serre au plus près les joueurs dans les vestiaires ou en action dans la boue, dans leur rapport au sol, à la terre, dans l’entremêlement, le nœud, l’effort brutal ou la force virile. Le rugby doit beaucoup à Michel Birot pour l’avoir dépoussiéré ; sorti de ses clichés gaulois, il l’a hissé là où plus personne ne l’attendait, dans ce qu’il a de plus cérébral et de touchant, oui, disons-le aussi, d’intellectuel.

Aujourd’hui, il laisse une œuvre grandiose, ses images étant considérées par ses pairs comme des références dans le monde de la photographie noir et blanche sportive.

L’exposition « Enmêlés » se tient à Dole du 21 mai au 1er juin 2013.

 Enmêlés

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