En juin 2014, Matthieu Paley, le lauréat du Prix Photo du Muséum a remporté la bourse de 10 000 euros pour réaliser son projet « Hadza – Derniers des premiers hommes ». Il est reparti en mars 2015 en Tanzanie pour compléter son reportage, une soixantaine de ses photographies seront exposées du 30 septembre 2015 au 31 janvier 2016 dans le Jardin des Plantes.

Pour Matthieu Paley tout commence lorsqu’il s’installe dans les vallées de l’extrême Nord Pakistan qu’il sillonne pendant quatre ans. Il développe une véritable passion pour ces régions montagneuses lointaines. Pendant 12 ans, il y a suivi les Kirghizes nomades, qui ont fait l’objet de son premier sujet pour National Geographic Magazine en 2012.

Le National Geographic a confié à Matthieu Paley un sujet sur les régimes alimentaires à travers le monde. Il s’agit de photographier des communautés auto-suffisantes, qui ne consomment aucun aliment provenant de l’extérieur donc complètement dépendantes de leur environnement.

Pour la partie sur la savane, Matthieu Paley a décidé d’aller documenter le mode de vie des Hadza. Grâce à la bourse il est retourné en Tanzanie chez les Hadza qui vivent comme nos ancêtres il y a des dizaines de milliers d’années, avant l’invention de l’agriculture : ils ne consomment que les aliments qu’ils trouvent dans leur environnement : gibier, miel, plantes.

Immergé dans leur quotidien, Matthieu Paley les a suivis à la chasse, qu’ils pratiquent avec arcs et flèches. Mais les Hadza ont souvent peu de succès à la chasse. Leur régime alimentaire repose donc essentiellement sur la cueillette.

Ils partent donc chaque jour dans la savane pendant quelques heures afin de trouver ce dont ils ont besoin : baies, miel, tubercules, fruits du baobab… et parfois un animal. Les Hadza sont des nomades qui vivent dans des campements faits de branchages recouverts d’herbe.
Ils vivent en harmonie avec la nature, lorsqu’ils quittent leur campement, ils ne laissent aucune trace derrière eux.

Mais ce qui a le plus marqué Matthieu Paley, c’est avant tout le bonheur et la joie de vivre des Hadza qui vivent complètement dans le présent, se concentrant uniquement sur leur survie quotidienne. Dans leur langue, les concepts de passé ou de futur n’existent pas.

Hadza© Matthieu Paley

« Petit groupe d’un millier d’âmes, les Hadza, des savanes du nord de la Tanzanie, sont l’une des quelques populations africaines vivant de la chasse et de la collecte, sans élevage ou agriculture. Les Hadza forment un isolat et parlent une langue à clicks, différente de toutes les langues parlées par leurs voisins agriculteurs ou éleveurs, et qui n’est rattachée à aucune autre langue africaine. Leur mode de vie nomade se voit constamment contesté par l’administration de l’État qui souhaite les sédentariser, en même temps que leur territoire est menacé par l’expansion de l’agriculture et de l’élevage, et même par le développement des lois de protection de la nature ou le tourisme. En Afrique, quelques centaines de milliers de gens pratiquent encore une économie dominée par la chasse et la collecte, les plus connus étant les divers groupes de Pygmées dans la forêt équatoriale, et les San ou Bushmen des steppes arides d’Afrique australe. Les Hadza sont l’un de ces peuples, qui témoignent d’une interrelation particulièrement riche avec le milieu naturel et la biodiversité. »
Serge Bahuchet, ethnobiologiste et directeur du département de recherche « Hommes, nature et sociétés » au Muséum national d’Histoire naturelle.

Photographe depuis plus de 15 ans, Matthieu Paley a effectué des reportages pour les plus grands magazine, du Tadjikistan au Bhoutan et de la Mongolie jusqu’à Nauru, île perdue au milieu du Pacifique et plus petite république au monde.

Il a réalisé en 2014 un grand reportage pour National Geographic sur l’ethnologie alimentaire. Il est parti à la rencontre de communautés isolées à travers le monde, comme les Inuits, les Hunzakuts, les Bajau ou encore les Hadza.

Matthieu Paley a collaboré à de nombreux livres dont une monographie sur la Mongolie, un livre sur l’Amérique nomade, un ouvrage sur le haut Pamir afghan. Son travail a été exposé dans des galeries à Hong Kong, Paris et Istanbul et présenté dans de nombreux festivals.

Site personnel : www.paleyphoto.com

Informations pratiques

« Hazda, derniers des premiers hommes » de Matthieu Paley

Exposition du 30 septembre 2015 au 31 janvier 2016

MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE

Jardin des Plantes
57 rue Cuvier
75005 Paris

L’exposition est accessible tous les jours aux horaires d’ouverture du Jardin.

Lien : mnhn.fr

LAISSER UN COMMENTAIRE

Merci d'entrer votre commentaire
Merci d'indiquer votre nom