Jean-Fabien, Good Morning Montreuil.

Après « Les Démons de Jesus« , l’artiste Montreuillois Jean-Fabien présente « Good Morning Montreuil », une fresque photographique et humaine exécutée à l’iPhone qui a pour sujet sa ville, Montreuil.

Pour le projet de résidence d’artistes du « Mur Pignon », la série débutée en 2010 fera l’objet d’une exposition dans le centre ville de Montreuil du 14 juin au 14 juillet 2015, ce sont 150 photos représentatives de la richesse de la ville qui seront proposées sous forme de trame aléatoire aux regards des passants.

Good Morning Montreuil© Jean-Fabien

Good Morning Montreuil – Les Indices d’une Ville

« Depuis 2010 je photographie mon environnement immédiat au quotidien, sans préméditation, sans préjugés.

De l’urbain, de l’humain. Du détail, du fragment. Du futile et de l’essentiel constituent la trame de ce carnet de route montreuillois.

La Ville est un organisme vivant, qui s’organise en temps réel et dans un temps plus long. Les choses apparaissent, disparaissent ou à l’inverse s’immobilisent. Muni de mon iPhone (successivement 3Gs, puis 4s et aujourd’hui 6 Plus), j’ai donc capté inconsciemment la mémoire éphémère de Montreuil.

Toujours selon le même principe. Chaque ‘indice’ est un fragment d’histoire contenu dans un petit format carré. Chaque photo a sa vie propre, sa qualité narrative et photographique, son espace temps, son anecdote. Mais l’accumulation, la somme de tous ces ‘indices’, produisent une autre histoire et révèlent la Ville dans sa pluralité, sa richesse, sa mixité.

‘Les Indices d’une Ville’ ne s’envisagent pas comme un photo-reportage ni une tentative d’exploration exhaustive des territoires Montreuillois. Ils sont le fruit de ma vision subjective. Celle d’un passager, d’un passant dans sa propre vie, stimulé par les signaux urbains, perdu dans le labyrinthe des parcours aléatoires, émerveillé par les 1000 et 1 petits trésors que recèle la Ville entre ses murs. Aujourd’hui ‘Les Indices d’une Ville’ c’est à la fois un livre d’histoires et une fresque de 150 photos représentatives de la richesse de Montreuil qui seront proposées sous forme de trame aléatoire aux regards des passants. Mon but : rendre et partager ‘mon’ Montreuil avec mes concitoyens. »

Jean-Fabien

Good Morning Montreuil© Jean-Fabien

La mémoire d’un passant

« Il nous arrive, tous les jours, à chaque instant, de traverser la Ville. Mécaniquement, perdus dans nos pensées, pressés d’arriver jusqu’au point B. D’y retrouver l’Amour ou une boulangerie encore ou- verte. Qui sait ? Mais La Ville nous traverse elle aussi. Elle sème des embuches, décide brutalement de changements d’itinéraires, se joue des sens et des interdits. La Ville évolue; de manière incessante, sorte de lego adulte animé par une génération spontanée. Comme autant de panneaux dressés, sortis du sol; des feux clignotants et autant d immeubles champignons à l’image d’une jungle foisonnante de bétons armés, de poutres. La démesure à visage (in)humain ? Et nous de courber l’échine ou de klaxonner fièrement, sans vraiment porter attention à cette Ville ogresse, organisme rampant, sans frontières, sans limites, foisonnant et prenant racines au delà des territoires acquis. La Ville est supposée pensée à l’unisson de nos usages, imaginée pour s’adapter à nos urgences alors qu’en fait c’est notre intimité et nos comportements quotidiens qu’elle régit en profondeur. L’image que nous avons de la Ville finit par devenir l’image que nous avons de nous même. Individuellement comme collectivement. Son ciel est bas; aussi bas que son sol est noir. Et sa ligne d’horizon se heurte souvent au chaos des enseignes lumineuses posées comme autant de feux et d’artifices. Une Ville consumériste, hantée par des icônes, sous le diktat des marques et de la coolitude. Et si la Ville est un mensonge, c’est d’abord celui de notre manque de savoir vivre. Mais la Ville se mérite car il faut aussi savoir l’aimer, la deviner. Louer sa poésie. Aller à sa rencontre, et c’est une chasse aux trésor qui commence. Comme autant de pépites futiles comme essentielles, nichées ici et là, planquées par milliers, disponibles pour ceux et celles qui veulent ou peuvent encore s’émerveiller de peu; de l’essentiel aussi. La Ville, ma Ville, ce sont des hasards, des parcours et des rues. Aimer la Ville et c’est un com- bat gagné d’avance pour quiconque décide que la poésie de bouts de ficelles sera toujours plus forte que la promesse d’un quotidien ré enchanté à crédit. »
Jean-Fabien
Montreuil, avril 2015

Good Morning Montreuil© Jean-Fabien

Jean-Fabien Leclanche dit Jean-Fabien

Journaliste dans le secteur de la culture pendant de longues années et actuellement Digital Content Strategist au sein du studio Transmedia Small Bang, Jean-FaBien a découvert la photographie par un des hasards de la vie. Mais aussi parce qu’en tant que spécialiste des réseaux sociaux il s’est posé la question de l‘image en tant que véhicule viral et vocabulaire universel.

Jean-Fabien capte les histoires de l’instant dans un format direct et rock.

Good Morning Montreuil Jean-FabienAutoportrait
© Jean-Fabien

« J’ai commencé par photographier les murs et un jour j’ai mis des humains devant. »
Jean-Fabien

Le fait de photographier avec un iPhone dès 2007 lui a ouvert des voies de partages et permis de réaliser un travail, notamment de « street photographie » de plus en plus complexe à aboutir de nos jours. Son travail de photographie est de large spectre et rarement prémédité. Il aime capter l’instant, les expressions humaines sur le vif, l’environnement immédiat.

Toutefois, il ne s’interdit pas de travailler sur des séries telles que « Les Démons de Jesus », « Un Long Dimanche de Fiançailles », « La Vie quotidenne de Madame Lapin » ou « Song to the Siren ».

En 2011, il a co-fondé la galerie photographique « Le Sas » à Montreuil et a assumé la direction artistique du lieu.

Consulter son travail : https://jean-fabien.exposure.co/ / https://www.flickr.com/photos/jfl

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