Au début des années 70, Gil Rigoulet a 20 ans et pour lui l’Angleterre a le goût de l’aventure et de l’exotisme. A une époque où le tunnel sous la Manche n’existait pas, l’Angleterre pouvait apparaître comme une « terre lointaine », du fait de l’éloignement mais aussi de son mélange des cultures porté par une immigration importante en provenance de ses anciennes colonies.

Gil Rigoulet embarque sur un ferry bondé et va y documenter à plusieurs reprises le spectacle de la rue et l’émergence des nombreux mouvements sociaux et musicaux. Ses images resteront durant 30 ans dans les cartons avant d’être présentées aujourd’hui à la galerie Le 247 à Paris.

Le photographe fait montre de beaucoup de talent et d’humour dans cette série majoritairement en noir et blanc. On peut y découvrir le fameux carnaval de Notting Hill, les rues de Londres, les fêtes d’enterrement de vie de jeune fille dans la station balnéaire de Blackpool ou le festival musical de Reading. Cette expérience fondatrice de son travail de photo reporter, lui permettra de former son oeil et de « poser sa photographie » selon ses propres termes.

Gil Rigoulet© Gil Rigoulet

« Les rues de Londres ont leur carte ; mais nos passions ne sont pas répertoriées. Que se passe-t-il si on tourne à ce coin de rue ? »
Virginia Woolf, La chambre de Jacob

Gil Rigoulet© Gil Rigoulet

Gil Rigoulet

En 1975, Gil Rigoulet débute une carrière de photographe. Il devient au début des années 80, le premier photographe attitré du journal Le Monde. En 1985, il réalise avec Henri Cartier-Bresson un supplément du Monde, Portrait d’un quotidien, pour les premières « portes ouvertes » du journal.

En 1986, Robert Doisneau présente ses photographies dans un portfolio de la revue Photo-Magazine. La même année, Christian Caujolle l’invite à l’Exposition collective et au livre « Vivre en maillot de bain » à la piscine Deligny en compagnie de grands photographes tels que Joseph Koudelka, Marc Riboud, Claude Nori, William Klein, Helmut Newton, Jean Loup Sieff, Jacques-Henri Lartigue, Mary Ellen Marck et Franco Fontana.

Gil Rigoulet a collaboré avec la presse nationale et internationale pendant plus de 30 ans. Ses images ont été publiées dans Géo, Grands Reportages, Elle, Sunday Times, La Republica, la Stampa ou El Pais.

En parallèle, le photographe développe un travail d’auteur, notamment en photographie de rue. En sillonnant les routes du monde, il réalise Paysage en mouvement, photographies faites à partir d’une voiture en déplacement, sur une période de 25 ans et exposées sous le titre Carnet de voyage pour Louis Vuitton au Bon Marché de Paris en 2004.

En 2011, le magazine « Le Monde 2 » publie un portfolio des photographies « Paysages en mouvement » de la série TGV exposée sur les grilles du Jardin du Luxembourg à Paris lors de l’exposition « Les Français vus du train ».

Dans les années 90 et 2000, Gil Rigoulet développe un travail en Polaroïd 665, noir et blanc, il joue de la chimie, solarise les négatifs, fixe à peine les positifs, autour des légendes et croyances de certains arbres, rochers et paysages. Avec « Transparences », série sur le verre en Polaroïd non fixé, il laisse les positifs évoluer jusqu’à une disparition totale, l’oxydation dure depuis plus de 13 ans.

Les uniques photos noir & blanc de la piscine Molitor, que Gil a prises en 1985, sont exposées pour la première fois en mai 2014. Elles habillent également de façon permanente les coursives de l’hôtel piscine Molitor. Le M du Monde publie ces photos au cours du même mois de mai pour l’article « Bain de jouvence pour Molitor », cette série fait l’objet d’un livre « Molitor 85 » qui réunit ses photographies uniques.

Site personnel : http://gilrigoulet.com/

Informations pratiques

England 70′- 80′
Gil Rigoulet

Exposition du 18 mai au 2 juillet 2016
Du mercredi au samedi de 14h à 19h

Le 247
247 rue Marcadet
75018 Paris

Lien : http://www.le247.fr/

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