Germaine Krull (1897-1985) Un destin de photographe

Après les expositions dédiées à Berenice Abbott, Laure Albin-Guillot, Eva Besnyö, Claude Cahun, Florence Henri, Kati Horna, Lisette Model et Lee Miller, le Jeu de Paume présente jusqu’au 27 septembre 2015 une rétrospective consacrée à l’une des plus célèbres des femmes photographes, Germaine Krull (Wilda-Poznań, Pologne, 1897-Wetzlar, Allemagne, 1985).

Elle est à la fois l’une des figures les plus connues de l’histoire de la photographie, pour sa participation aux avant-gardes des années 1920-1940, mais aussi une pionnière du reportage photographique moderne et la première adepte de la publication de livres photographiques.

L’exposition réunit plus de 130 tirages, comprenant de nombreux inédits dans une scénographie spécifique qui rend plus explicite la réalité du travail de Germaine Krull et met en valeur les facettes de son œuvre multiforme.

Germaine KrullGermaine Krull — Autoportrait à l’Icarette, vers 1925
Tirage gélatino-argentique
23,6 x 17,5 cm
Achat grâce au mécénat de Yves Rocher, 2011. Ancienne collection Christian Bouqueret
Centre Pompidou, Paris. Musée national d’art moderne/Centre de création industrielle.
© Estate Germaine Krull, Museum Folkwang, Essen
Photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / image Centre Pompidou, MNAM-CCI

« Vous êtes un miroir reformant. Vous et la chambre noire obtenez un monde neuf, un monde qui a traversé des mécanismes et une âme. »
Jean Cocteau, Lettre à Germaine Krull, 1930 publiée dans Le Courrier Littéraire.

Germaine KrullGermaine Krull — Rue Auber à Paris, vers 1928
Tirage gélatino-argentique
The Museum of Modern Art, New York. Thomas Walther Collection.
Gift of David H. McAlpin, by exchange
© Estate Germaine Krull, Museum Folkwang, Essen

« Photographier, c’est un métier. Un métier d’artisan. Un métier qu’on apprend, qu’on fait plus ou moins bien, comme tous les métiers. De l’art, il y en a dans tous les métiers bien faits, puisque l’art est un choix. La première science du photographe, c’est de savoir regarder. »
Germaine Krull, préface à études de nu, A. Calavas, 1930.

Germaine KrullGermaine Krull — Architecture ancienne : imprimerie de l’Horloge, 1928
Tirage gélatino-argentique. 21,9 x 15,2 cm
Amsab-Institut d’Histoire Sociale, Gand
© Estate Germaine Krull, Museum Folkwang, Essen

« Le photographe est un témoin. Le témoin de son époque. Le vrai photographe, c’est le témoin de tous les jours, c’est le reporter. »
Germaine Krull, préface à études de nu, A. Calavas, 1930.

Germaine KrullGermaine Krull — Au bon coin, Paris, 1929
Tirage gélatino-argentique. 14,2 x 10,5 cm
Collection Bouqueret-Rémy
© Estate Germaine Krull, Museum Folkwang, Essen

L’exposition propose une nouvelle lecture de l’œuvre d’artiste en rééquilibrant une vision artistique intégrée à l’avant-garde et une fonction médiatique et illustrative.

Le parcours proposé concerne principalement la période de pleine activité photographique 1926-1933, les années les plus fertiles où s’inventent les pratiques modernes de la photographie. L’exposition évoque également son travail au service de la France Libre, jusqu’en 1945 et la période ultérieure, lorsqu’elle vit en Asie.

L’engagement photographique de Germaine Krull politiquement ancrée à gauche, énergique, adepte des voyages, est à l’opposé d’une revendication esthétique, artistique ou interprétative, comme celles du Bauhaus ou du surréalisme. La photographe est inventive et impulsive, elle ne recherche pas la belle image bien construite, et préfère s’engager instinctivement dans la proximité avec son sujet, par la pratique du « petit format » 6 x 9 cm Icarette, très maniable, mais qui ne permet pas de cadrage affiné.

Le parcours

– Les débuts à Berlin et à Paris
– 1928 : « Mes fers » et VU
– Reportages et magazines
– Paris, Paris
– L’auto, la route
– Femmes
– Ma collection de mains
– Esprit fantasque
– La guerre
– L’Asie

Les œuvres présentées proviennent de collections publiques et privées dont le Folkwang Museum, Essen ; l’Amsab,
Institut d’Histoire Sociale, Gand ; la Fondation Ann et Jürgen Wilde, Pinakothek der Moderne, Munich; The Museum of Modern Art (MoMA), New York ; le Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, Paris ; la Bibliothèque nationale de France, Paris ; la Collection Bouqueret-Rémy ; la Collection Dietmar Siegert.

Informations pratiques

Germaine Krull (1897-1985)
Un destin de photographe

Commissaire de l’exposition :
Michel Frizot, historien de la photographie

Exposition du 2 juin au 27 septembre 2015

Jeu de Paume
1, place de la Concorde – 75008 Paris

Mardi de 11h à 21h / Du mercredi au dimanche de 11h à 19h, fermeture le lundi
Tarif : 10 euros – Tarif réduit : 7,50 euros

Lien : www.jeudepaume.org

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