A l’occasion de la 27éme édition du festival PHOTOFolies de Rodez (Aveyron), Gaëlle Feat présente l’exposition Visions.

Comment est née cette série ?

Gaëlle Feat : Cette série est née de la simple observation des rayons de lumière à travers mon verre sur la table un jour ensoleillé. Je jouais avec les reflets et me suis demandé comment je pourrais les capturer pour en faire une image. J’ai d’abord essayé de les photographier avec un appareil mais les images ne restituaient pas la magie de ces jeux de lumières alors, j’ai pensé à la technique du photogramme.

Gaëlle Feat

Pourquoi avoir choisi cette technique ?

Gaëlle Feat : Cette technique me permet de figer ces reflets fugitifs, de prendre leurs empreintes sur le papier sensible ou plutôt l’empreinte de leur ombre puisqu’ici c’est un négatif qui est donner à voir. C’est aussi parce qu’elle contient l’essentiel du procédé photographique dans son plus simple appareil et qu’elle est une métaphore du système de la vision que j’étais intéressé par ce système. Et puis, il se trouve que ce dispositif alliant verre et lumière, crée une forme qui rappelle la forme de l’oeil et souligne que la photographie est un jeu de reflet dans lequel opère un double regard comme l’évoque, si justement, ce titre d’un livre de Georges Didi-Huberman, philosophe contemporain, Ce que nous voyons, ce qui nous regarde. C’est une forme qui revient souvent dans mon travail, je la considère un peu comme un troisième oeil. Il y a mes propres yeux, qui me permettent de voir et l’outil, le procédé photographique, ce troisième oeil, qui implique une distance avec ce que je regarde et me donne accès à une autre façon de voir les choses.

Pouvez-vous nous décrire votre parcours photographique, vos sources d’inspiration, les photographes que vous admirez ?

Gaëlle Feat : J’ai commencé à photographier plus ou moins quand je suis rentré à l’école des beaux-arts. J’ai d’abord été prise par la frénésie photographique que permet le numérique. Il me fallait tout capter, capturer puis, submergée par cette profusion d’images j’ai ressenti le besoin de revenir aux sources, de ralentir. Aujourd’hui je ne photographie presque plus, j’utilise la photographie comme un matériau que je modèle dans des installations, des objets, des images. A l’heure de la dématerialisation de la photographie je ressens la nécessité de travailler sa matière même. C’est pour cela que les artistes qui m’inspire ne sont pas des photographes mais plutôt des plasticiens comme Julio Le Parc, Olafur Eliasson ou encore Mark Geffriaud.

Quel est votre actualité photographique dans les prochains mois ?

Gaëlle Feat : J’expose une grande partie de mes oeuvres à l’occasion de Photofolies durant tout le mois d’octobre puis je me concentrerais sur la création de nouvelles pièces pour 2016 !

Gaëlle Feat est une artiste française qui vit et travaille à Paris. Son champ d’investigation artistique mêle images fixes et images en mouvement dans le champ de la photographie expérimentale et de la vidéo. Elle développe des installations optiques où se croisent image et sculpture.

Site personnel : http://www.gaellefeat.com/

Retrouvez Visions de Gaëlle Feat à la galerie Jean Ségalat de Decazeville jusqu’au 31 octobre 2015 à l’occasion du Festival Photofolies de Rodez.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Merci d'entrer votre commentaire
Merci d'indiquer votre nom