La chapelle de l’École des Beaux-arts de Paris accueille jusqu’au 9 décembre 2012 le reportage du lauréat de la 3ème édition du Prix Carmignac Gestion pour le photojournalisme. Robin Hammond a choisi d’illustrer la crise humanitaire qui touche le Zimbabwe, pays d’Afrique australe, aux prises depuis 32 ans avec le système implacable de son dictateur, Robert Mugabe. Le pays est aujourd’hui plongé dans le chaos et la misère.

Robin Hammond a séjourné au Zimbabwe de décembre 2011 à mai 2012, dans des conditions d’une extrême difficulté et au péril de sa propre vie.

« La barbarie ne fait pas de bruit. En trente ans Robert Mugabe a réinventé l’enfer sur terre. Sous sa férule, l’indépendance a rapidement vu s’instaurer le règne de l’assassinat, de la torture et de la famine. La descente aux enfers du Zimbabwe remonte aux années 1990.
Édouard CARMIGNAC »

© Robin Hammond, agence Panos pour le Prix Carmignac Gestion du photojournalisme

Patrick, 5 ans, vit dans une décharge. C’est sa grand-mère qui s’occupe de lui depuis que son frère jumeau Petrous et lui ont été abandonnés par leurs parents. Leur grandmère recycle les déchets de la décharge et gagne en moyenne 10 $ par mois. Ce maigre revenu ne lui permettant pas d’envoyer les jumeaux à l’école, ils passent leur journée à ramasser les déchets avec elle. Même avant qu’elle ne soit contrainte de s’occuper de ses petits-enfants, la vie de cette vieille femme était tout sauf facile. La maison de fortune qu’elle avait construite près de la décharge a été détruite en 2005 lors de l’Opération Murambatsvina. Elle a déménagé trois fois pour finalement revenir au même endroit. Elle n’a jamais eu d’emploi. Le Zimbabwe présente un taux de chômage astronomique de 95 %. L’Opération Murambatsvina, lancée par le régime de Mugabe, visait à raser les bidonvilles et les marchés populaires afin de chasser une grande partie des pauvres urbains et ruraux, principales poches d’opposition internes au gouvernement de Mugabe. Les Nations Unies estiment que l’Opération Murambatsvina (littéralement « nettoyer les ordures ») a affecté directement au moins 700 000 personnes, qui ont perdu leur maison ou leur gagne-pain, et indirectement 2,4 millions de personnes – soit près d’un Zimbabwéen sur quatre.

© Robin Hammond, agence Panos pour le Prix Carmignac Gestion du photojournalisme

C’est à 14 ans que Nyatwa, aujourd’hui âgé de 76 ans, arrive à pied du Mozambique pour chercher du travail au Zimbabwe. À l’époque, il est embauché pour pelleter du charbon dans une sucrerie. Aujourd’hui malade, il ne peut plus travailler. « J’ai vu le pays changer du tout au tout. On dormait dans les buissons. C’était la guerre. Vous autres (les Blancs) faisiez preuve de discrimination envers nous. On nous traitait comme des esclaves. Les temps étaient durs. Quand l’indépendance est arrivée, on a pensé que les choses iraient mieux. Mais on a fini par s’entretuer. »

Robin Hammond, âgé de 37 ans, est un photojournaliste free-lance originaire de Nouvelle-Zélande et membre de l’agence Panos depuis 2007. Lauréat de quatre Prix du reportage humanitaire d’Amnesty International, il a eu l’occasion de se rendre dans plus de 50 pays, principalement ceux de l’Afrique Sub-saharienne : Afrique du Sud, Zimbabwe, Mozambique, Malawi, Botswana, Namibie, Madagascar, Lesotho, Zambie, Tanzanie, Rwanda, Ouganda, Somalie, Somaliland, République démocratique du Congo, Kenya, Angola, Ethiopie, Gambie, Sénégal, Nigéria, Ghana.

Robin utilise son travail pour documenter, discuter, et militer en faveur des droits de l’homme et du respect de notre planète. Après avoir habité au Japon, au Royaume-Uni et en Afrique du Sud, Robin Hammond réside actuellement à Paris. Il collabore à de nombreux titres de presse à l’international: National Geographic, Time Magazine, Newsweek, The Sunday Times Magazine, The New York Times, The Observer Magazine, El Semenal, Corriere della Sera, Courrier International, Paris Match. Il se met aussi régulièrement au service de différentes organisations non gouvernementales.

Informations pratiques

Robin Hammond : « Le nom de vos plaies sera silence »
Du 9 novembre au 9 décembre 2012 de 11h-19h (sauf dimanche et lundi)

École Nationale des Beaux-arts
Chapelle des Petits-Augustins
14, Rue Bonaparte
75006 Paris
Entrée libre

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