Arles 2016, la photographie de rue revisitée. La Street connait un nouvel essor.

La 47e édition des rencontres d’Arles vient de débuter, elle est dédiée à l’un de ses fondateurs disparu cette année, l’écrivain Michel Tournier. Cette nouvelle édition propose plus de 39 expositions regroupant 137 artistes et près de 3500 œuvres à découvrir sur 8 lieux différents.

Arles 2016 donne à voir une nouvelle narration de la photographie de rue avec les œuvres d’Eamonn Doyle, de Sid Grossman, de Garry Winogrand et Ethan Levitas ou de Christian Marclay.

L’evènement s’intéresse également aux nouvelles approches du documentaire grâce aux « Plateformes du visible ». La partie du programme intitulée « Après la guerre » présente une exploration des champs de bataille avec à la fois le travail de Yan Morvan sur les théâtres de guerre, celui d’Alexandre Guirkinger sur la ligne Maginot et les images du grand photographe de guerre, Don McCullin.

Garry Winogrand et Ethan Levitas, quand un grand photographe rencontre l’un de ses héritiers.

Salué par John Szarkowski comme le photographe majeur de sa génération, Garry Winogrand est reconnu comme le principal représentant du mouvement de la street photography ou photographie de rue. Ethan Levitas peut être considéré comme son digne héritier, il a développé et élargi au cours des dix dernières années la pratique de la photographie de rue en la définissant comme une relation entre différentes parties, dont la somme révèle une dissonance entre le visible et l’apparence.

Commissionné par Joshua Chuang, l’exposition interroge la photographie de rue dans ses propres termes et la resitue à l’intérieur du vaste champ de la pratique contemporaine.

Arles 2016© Ethan Levitas
Frame 21, Photographs in 3 Acts, 2012.
Avec l’aimable autorisation de l’artiste et de la galerie Jean-Kenta Gauthier, Paris

Sid Grossman, une figure influente de la Photo League, longtemps ignorée

Sid Grossman (1913-1955) a connu une courte mais fulgurante carrière au cours de laquelle il a créé une œuvre puissante et influente. Il débute sa carrière dans la photographie socio-documentaire et participe à la création de la New York Photo League en 1936.

Il photographie les quartiers populaires de Chelsea et Harlem avant que sa perspective, au milieu des années 1940, ne devienne plus personnelle et subjective. Radicale en son temps, cette œuvre illustre l’énergie expressionniste de la « New York School » des années 1950.

Cette exposition est à la première qui lui soit consacrée en Europe, elle offre un aperçu le plus complet de son oeuvre et de son influence.

Don McCullin, le grand photographe des guerres

Travaillant essentiellement en noir et blanc, Don McCullin est internationalement reconnu comme l’un des plus grands photographes de guerre. Il est l’auteur de photographies emblématiques des guerres au Vietnam, à Chypre, à Beyrouth et au Biafra.

L’exposition révèle toute l’étendue de son talent qui va bien au-delà des images de guerre. Même en dehors des conflits, le photographe a développé un langage photographique d’une grande subtilité et d’une infinie beauté.

Don McCullun a su appréhender tous les sujets avec le même regard. Un regard singulier qui confère à son travail un aspect universel.

Arles 2016Aciéries de West Hartleypool 1963
© Don McCullin / Contact Press Images

Yan Morvan, champs de bataille

A partir du printemps 2004, Yan Morvan sillonne le monde et pose son trépied à la recherche de ces lieux qui ont fait l’histoire depuis 3 500 ans. A sa manière, il continue à photographier la guerre à travers son absence et ainsi témoigner d’une autre réalité.

Composée de 80 photographies extraites d’un corpus de 430 images, l’exposition présente un condensé d’histoire qui invite à la réflexion.

Arles 2016Yan Morvan
Siège de Sarajevo, 5 avril 1992-25 février 1996. Station de ski du mont Jahorina, Sarajevo, Bosnie-Herzégovine, 2014.
Avec l’aimable autorisation de l’artiste.

Alexandre Guirkinger, ligne Maginot

Fasciné par la ligne Maginot, le photographe Alexandre Guirkinger l’a photographié pendant 10 ans. Un projet au long cours qui lui a permis de représenter la guerre là où elle n’a pas eu lieu.

« Le terrier est un objet de fantasme car on n’en connaît généralement que la silhouette ou le seuil ; le reste est laissé à l’imagination. Sur un plan symbolique, il en va de même pour la ligne Maginot : tout le monde en a entendu parler mais peu sont capables de la décrire.

Son nom résonne comme un réceptacle à fantasmes. Les formes de ses bunkers répondent à cette dimension symbolique. À travers mes images, j’ai voulu partager ma fascination pour cette extraordinaire relique d’une modernité déjà ancienne.

Les bunkers que j’ai choisis et photographiés sont ceux dont la forme, la situation ou la silhouette entraînent l’image vers autre chose que l’enregistrement matériel d’une frontière : une sorte de décor de science-fiction, une trace de land art, une architecture moderniste, un géoglyphe contemporain…

L’écart entre l’abondance des reliques de la ligne et le peu de représentations contemporaines dont elle fait l’objet offre un terrain de jeu excitant pour interroger notre rapport au paysage, à la frontière, à la limite. »
Alexandre Guirkinger

« Comme toutes les murailles, la ligne Maginot s’est révélée une entreprise absurde. Ce n’est que lorsque les murs tombent que l’on réussit à construire la paix. »
Alexandre Guirkinger

Informations pratiques

Arles 2016
Les rencontres de la photographie

Expositions du 4 juillet au 25 septembre inclus (certains lieux du centre-ville ferment le dimanche 28 août)

Tous les jours de 10h à 19h30

Tarifs

– Toutes expositions, une entrée par lieu, valable du 4 juillet au 25 septembre
Juillet/août : 37 euros TTC – Tarif réduit 29 euros TTC
Septembre (disponible à partir du lundi 29 août) : 31 euros TTC – Tarif réduit 26 euros TTC
– Journée, une entrée par lieu, valable sur une journée
Juillet/août : 30 euros TTC – Tarif réduit 25 euros TTC
Septembre (disponible à partir du lundi 29 août) : 28 euros TTC – Tarif réduit 23 euros TTC

– Semaine d’ouverture (du lundi 4 au lundi 11 juillet inclus)
49 euros TTC – Tarif unique, entrées illimitées dans les expositions

– À l’unité
De 4,5 € à 18 euros TTC

https://www.rencontres-arles.com/

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