Temple (Paris 3e) accueille jusqu’au 20 décembre 2014 le projet Fractal du photographe Antoine d’Agata.

Composé de milliers de portraits de femmes et d’hommes (prostituées, coupables de crimes ou de délits) photographiés par la police au moment de leur arrestation et diffusés sur internet, le projet fractral explore la notion de disparition.

En composant des grilles de milliers de portraits, les visages disparaissent au profit d’une abstraction de formes inidentifiables. Le pixel fait son œuvre, détruit l’identité pour anéantir toute possibilité de rendre visible un détail, une expression.

Antoine d'Agata Fractal© Antoine d’Agata

Le livre Fractal est issu de cette recherche d’images collectées en 2012 et 2013 par Antoine d’Agata. Enfermé dans un coffret plexiglass, le livre est anonyme, ne porte aucune typographie, pas de nom d’artiste ni de titre. Seules existent les images. Le coffret l’enferme, le retient, lui donne une identité.

Fractal, 250 x 340 mm
1176 pages
Édition de 200 exemplaires, publié à Armor Editions, 350 euros

Antoine d’Agata, dès l’âge de 17 ans, interrompt ses études pour vivre dans le monde de la nuit, à travers une dizaine de pays dans le monde. Cette période durera douze ans. Alors qu’il séjourne à New York en 1991, il s’inscrit à l’International Center of Photography où il suit notamment les cours de Larry Clark et de Nan Goldin.

En 1993, il s’installe en France et travaille comme maçon et barman jusqu’en 1997 quand il reprend la route et recommence à photographier. En 1998 paraissent ses premiers ouvrages , De Mala Muerte et De Mala Noche. L’année suivante, il rejoint la galerie Vu à peine créée par Christian Caujolle. En 2001, il reçoit le prix Niépce. En septembre 2003 est inaugurée à Paris l’exposition 1001 Nuits, qu’accompagne la sortie de deux ouvrages , Vortex et Insomnia. En 2004, il intègre l’agence Magnum, publie son cinquième livre, Stigma, et tourne son premier court – métrage, El Cielo del muerto. L’année suivante paraît Manifeste. En 2006, le photographe tourne son deuxième film, Aka Ana, à Tokyo.

Depuis 2005, sans port d’attaches, Antoine D’Agata photographie à travers le monde en vue de plusieurs expositions et ouvrages rétrospectifs : Musée Niépce, Paris, 2011 / Fotomuseum La Haye 2012 / Le Bal, Paris, 2013 / MuCEM, Marseille, 2013 / Forma, Milan, 2013.

Informations pratiques

Antoine d’Agata
Fractal

Exposition jusqu’au 20 décembre 2014 du jeudi au samedi de 15h à 19h et sur rendez-vous

TEMPLE
20, rue de la Corderie
75003 PARIS

Lien : http://www.templeparis.com/

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