27e édition des Journées photographiques de Bienne

27e édition des Journées photographiques de Bienne

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Alice Pallot, Algues Maudites, a sea of tears © Alice Pallot

Cette édition confirme la capacité du festival à créer des synergies, avec de nouvelles collaborations inédites. Cela permet d’aborder la thématique sous différentes perspectives et narrations, à travers 23 expositions (dont 9 premières mondiales et 5 premières suisses) réparties dans 11 lieux de la ville.

Le programme s’enrichit également d’événements interdisciplinaires, mêlant photographie, musique, cinéma et danse, notamment avec la Fête de la Danse pour ses 20 ans.

Cette édition témoigne de la capacité du festival à interroger l’actualité photographique de manière approfondie et à créer des synergies stimulantes entre différentes disciplines artistiques.

Commonplaces

Dans une ère où l’image est de plus en plus mobile, immersive, plurielle et éclatée, la 27e édition des journées photographiques de Bienne questionne le banal, l’ordinaire et le familier comme résistance face à la prolifération d’images sensationnelles qui s’imposent dans nos vies.

Le festival présente une génération de photographes émergents qui rendent visibles avec délicatesse des phénomènes ayant un impact sur notre environnement et notre quotidien, mais qui échappent souvent à nos regards aujourd’hui sollicités et parfois aveuglés. L’image du banal s’oppose ainsi au sensationnel, nous incitant à observer ce que l’on perçoit comme habituel.

Ancrée dans le quotidien, la photographie du banal s’oppose à toute certitude. Contrairement aux images « bruyantes » qui s’imposent par leur immédiateté et leur potentiel émotionnel, l’image du banal se construit dans un temps ralenti, habitée par une fragilité du sujet et du sens. Elle observe le monde contemporain en constante transition avec discrétion et poésie.

Dans une société où l’écran constitue le paradigme de la vision contemporaine, cette édition vise à amener nos regards à relire le monde qui nous entoure et à écouter ce qu’il murmure, en opposition à la prolifération d’images sensationnelles.

Coup de coeur des journées photographiques de Bienne : Alice Pallot

Dans son travail « Algues Maudites, a sea of tears », Alice Pallot s’intéresse à la prolifération incontrôlable des algues vertes sur les côtes bretonnes, un phénomène devenu une véritable problématique environnementale et sanitaire.

Ce phénomène est causé par les déchets de l’agriculture intensive et le réchauffement climatique, générant une pollution visuelle et olfactive toxique. Le travail de Pallot s’articule en chapitres narratifs mêlant témoignages, constats, expérimentations, documents scientifiques et imaginaires poétiques.

Son documentaire d’anticipation évoque un futur questionnant les conditions d’habitabilité de la Terre, sans vie oxique et donc sans oxygène. Son installation confronte le public à la fragilité du monde naturel et à l’effondrement de la biodiversité, tout en donnant à voir des organismes résilients devenant les survivants d’un monde futur.

À travers un processus plastique repoussant les frontières du médium photographique, l’artiste utilise des déchets trouvés sur le territoire comme filtres photographiques, questionnant ainsi une crise environnementale actuelle de manière poétique et engagée.

Journées photographiques de Bienne

Bienne, Suisse
QuandDu 3 au 26 Mai 2024
HorairesMe – Ve: 12.00-18.00
Je: 12.00-20.00
Sa – Di 11.00-18.00
Lundi et mardi fermé
EntréePass 1 jour: CHF 20.- / 15.-
Infobielerfototage.ch
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